Algérie : Les émeutes ont déjà fait trois morts

Publié le par la Rédaction

 

Trois morts. Tel est le bilan encore provisoire des émeutes qui se sont éclatées depuis quatres jours à travers plusieurs régions du pays.

 

Un deuxième manifestant blessé par balle vendredi après midi à Ain El Hedjal, dans la region de M’sila, vient de succomber à ses blessures aujourd’hui 7 janvier au niveau de l’hôpital de Mustapha à Alger.

 

Rappelons que le vendredi, lors d’affrontements avec les policiers, il a été enregistré un mort et 3 blessés.

 

Par ailleurs, un manifestant de 32 ans est mort vendredi lors d'une manifestation à Bousmaïl, dans la wilaya de Tipaza, dans des affrontements avec la police, a appris l'agence AFP samedi 8 janvier de source médicale.

 

El Watan, 8 janvier 2011.

 

 

Reprise des heurts à Bouira

 

Samedi 8 janvier 2011, la RN5 et le tronçon autoroutier traversant la localité de Bechloul sont fermés par les émeutiers qui ont également barricadé les principales voies d’accès au moyen de pneus brûlés et autres troncs d’arbres.

 

 

Par ailleurs, dans le chef lieu de wilaya, des affrontements ont opposé les manifestants et les forces de l’ordre vendredi dernier et ont fait au moins 26 blessés du côté des éléments de la police.

 

C’est en tout cas ce que révèlent les sources émanant des services hospitaliers de Bouira. Côté civils, aucun chiffre ne nous a été donné. Les émeutes qui ont débuté vers 18 heures dans plusieurs quartiers de la ville à l’instar de la cité des 140 logements, de l’Ecotec, de Château d’eau, de Draa El-Bordj et du centre-ville se sont poursuivies jusqu’à une heure tardive de la nuit. Sur place, notamment à l’Ecotec où nous nous sommes rendus, le face à face n’a pas cessé.

 

Aux bombes lacrymogènes des éléments anti-émeutes, les manifestants ont répliqué par des jets de pierre et les pneus brûlés. Le même constat au niveau des 140 logements, cité située non loin de l’Ecotec. Les jeunes manifestants ont obstrué les voies d’accès avec des pièrres et des poteaux électriques.

 

La brigade anti-émeutes bien qu’elle se soit introduite à l’intérieur même de cette cité et malgré l’usage de gaz lacrymogène, n’arrivait pas à maîtriser la situation. C’est uniquement à la faveur de la nuit que les affrontements ont cessé. Notons que le siège de l’OPGI (à l’Ecotec), les agences postales (de l’Ecotec et de la cité 140 logements) ont été plus ou moins endommagés.

 

Amar Fedjkhi - El Watan, 8 janvier.

 

 

Ouargla : Nouveaux heurts dans le centre-ville

 

Après un week-end plutôt calme, la nuit de vendredi à samedi a connu des heurts au niveau de la ville de Ouargla où des groupes de jeunes encagoulés s’en sont pris à des édifices et propriétés publics et privés.

 

Ces troubles ont été enregistrés aux entrées et sorties de la ville vers Ghardaïa et Hassi Messoaud où les jeunes ont bloqué la route à la circulation et mis le feu à des pneus.

 

De violents jets de pierre ont ciblé tout ce qui bougeait à commencer par les passants et les véhicules en circulation dans les artères principales.

 

À Mekhadma, le siège de la direction territoriale des télécom (DTT) a été attaquée avec des cailloux et des projectiles incandescents qui ont mis le feu aux véhicules garés dans le parking de la direction.

 

Une nuit d’horreur pour les familles des cadres des télécom habitant les logements de fonction attenant à ce site stratégique qui ont déjà été les victimes toutes facilement accessibles des émeutiers depuis 2004.

 

Ils sont logés au cœur d’un centre qui dessert toute la région sud du pays et qui se trouve dans l’axe principal d’un quartier chaud qui a connu et participé à toutes les manifestations violentes de Ouargla des trois dernières  décennies.

 

L’autre quartier bouillonnant est El Hdeb, la petite localité reculée de la commune de Rouissat qui s’est dernièrement révoltée contre sa marginalisation pour se joindre de facto au mouvement de soulèvement nationale contre la hausse des prix.

 

Pour l’heure, la ville est quadrillée par les forces de l’ordre après l’ouverture des axes principaux mais les gens sont prudents et limitent leur circulation en ville.

 

Houria Alioua - El Watan, 8 janvier.

 


Publié dans Internationalisme

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