Alger : Affrontements violents lundi matin à Bachdjerrah

Publié le par la Rédaction

 

De violents affrontements ont éclaté lundi matin à partir de 9 heures à Bachdjerrah entre des jeunes vendeurs à la sauvette et les forces de sécurité. Selon des sources locales, un policier aurait été poignardé au cours de ces échauffourées qui ont replongé dans le désarroi cette commune populaire fortement touchée par les émeutes déclenchées mercredi dernier.

 

 

Tout a commencé, selon les dires des jeunes émeutiers, lorsque des policiers ont exigé, d'une manière irrespectueuse, le départ immédiat des jeunes vendeurs à la sauveur de la rue principale de Bachdjerrah qu'ils ont squattée une nouvelle fois pour y écouler leurs marchandises.

 

«Ils ont lynché un jeune vendeur dont le seul tort est de venir en aide à sa pauvre famille en vendant quelques articles dans la rue. Ils nous disent que le commerce informel est interdit. Mais y a-t-il du boulot pour qu'on puisse travailler sans crever de faim ?», tancent les jeunes de Bachdjerrah qui ont fini par revenir à l'émeute pour faire éclater leur colère.

 

Il s'en est suivi dès lors de violentes confrontations avec la police. Le projectiles et les pierres se sont abattus brutalement sur les policiers. La rue principale de Bachdjerrah a été ensuite coupée à la circulation à l'aide des pneus brûlés. Furieux, des centaines de jeunes ont promis, une nouvelle fois, de faire la guerre à ce qu'ils considèrent comme une «hogra».

 

En effet, remontés contre la mal-vie et le chômage qui créent la misère à Bachdjerrah, ces jeunes ne veulent plus subir les comportements indélicats et les provocations de la police. Et les policiers semblent de plus en plus dépassés par l'ampleur de cette colère de la jeunesse qui dégénère à chaque fois en violentes émeutes.

 

Abderrahmane Semmar
Radio Kalima, 10 janvier 2011.

 

 

Aïn Témouchent : Des édifices publics en proie à des flammes à Hammam Bou-Hadjar

 

La paisible cité des bains Hammam Bou-Hadjar qui a vécu un cauchemar a été secouée dans la nuit de dimanche à lundi par une série d’actes de vandalisme qui ont sérieusement ébranlé certaines institutions étatiques.

 

Les tirs de balles en caoutchouc par les policiers n’ont pas réussi à dissuader les dizaines de jeunes bien décidés à mettre leur plan en exécution. Après avoir réussi à saccager dans sa totalité l’inspection des domaines, les émeutiers se sont acharnés sur le tribunal qui a été incendié alors que les vitres en volé en éclats. Mais c’est l’agence d’Algérie Poste qui a subi le plus gros des dégâts. Il ne reste plus que la carcasse après l’incendie qui s’est propagé jusqu’au dernier coin de la poste alors qu’une importante somme d’argent a été emportée par les émeutiers qu’il est difficile d’évaluer. L’agence Cnep n’a pas aussi été épargnée par ces actes puisque sa devanture ainsi que son distributeur automatique ont été saccagés, et ce, au même titre que celui de la poste. Il aura fallu l’intervention du renfort des services de sécurité pour mettre fin à ces actes qui allaient toucher certainement d’autres institutions. Le chef-lieu de wilaya ainsi que d’autres villes importantes à l’image de Béni-Saf, Hassi El-Ghella, El-Amria, Terga et Sidi-Ben-Adda ont vécu une nuit agitée la veille. En effet, des centaines de jeunes pour la plupart des adolescents ont pris pour cibles plusieurs édifices publics.

 

Des groupuscules de jeunes se sont attaqués au centre commercial Acyl avant de s’en prendre au siège du centre payeur de la Cnas où deux véhicules ont été totalement calcinés. Cependant, les forces de l’ordre n’ont pas échappé à l’affrontement où l’on dénombre six blessés alors que l’on fait état de 20 arrestations parmi les manifestants. L’agence bancaire de Société Générale, qui n’a pas encore ouvert ses portes, a été saccagée, et ce, au même titre que le foyer de la wilaya dont le mobilier a été complètement pillé. À Béni-Saf, des jeunes de moins de 18 ans se sont attaqués à tout ce qui symbolise l’État, le siège de l’APC, celui de la daïra, l’agence de la SAA ainsi que l’Actel. Même constat dans la paisible commune de Hassi El-Ghella située sur la RN2 où le service de l’état civil du siège de l’APC a été endommagé. À Sidi-Ben-Adda 20 poteaux électriques et les panneaux de signalisation ont été arrachés.

 

Liberté, 11 janvier.

 

 

Algérie : La chasse aux jeunes est lancée. Un jour, bientôt, ils vous chasseront !

 

La chasse aux émeutiers est ouverte. Partout, dans tous les villages et toutes les villes d'Algérie, la police lance la chasse aux jeunes qui ont participé aux émeutes.

 

 

Par dizaines et centaines, ils sont arrêtés chez eux, au petit matin et conduits dans les commissariats de police. Ils y sont interrogés, malmenés, intimidés ainsi que leur famille et placés en détention.

 

Alors que le pays vit une très grave crise politique, la seule réponse des dirigeants est répressive. Arrêter et emprisonner les jeunes. Pendant des années, ces jeunes algériens se jetaient à la mer, pour espérer une vie plus digne, sous le regard indifférent des dirigeants. Pendant des années, chaque matin, on apprenait qu'ils avaient tenté de prendre le large et qu'ils s'étaient fait coincer, soit par les gardes côtes européens, soit par les algériens. À aucun moment ça n'a gêné le pouvoir algérien. Que nos enfants se suicident ne les concerne pas, mais qu'ils les défient, les rejettent, et surtout, les affrontent, leur devient subitement insupportables. Le ministre de l'Intérieur vient de les traiter de tous les noms : de voleurs, de fainéants, vivant de rapines etc… Parce qu'ils ont osé l'affronter et non pas se jeter à la mer. Lui et ses maîtres, sont beaucoup plus tranquilles lorsque nos jeunes se suicident en silence ou sont secourus par les gardes côtes espagnols et italiens. Mais dans leur pays ils doivent subir et la fermer. Aucun espoir, aucune perspective, aucune vie digne en vue et se la fermer. Et lorsqu'ils bougent, ils sont traités de tous les noms.

 

Ce régime, aveugle et sourd aux cris de ses propres enfants, qui verrouille toutes possibilités d'expression est voué à disparaître. Ce régime, constitué de prédateurs, qui pillent les richesses de l'Algérie et maltraite son peuple est voué à disparaître ! Il sera emporté, par une belle nuit claire, comme l'ont été ses semblables, en moins de 24 heures. Où est Pinochet, où est Ceaucescou, où est Salazar, où est Ferdinand Marcos, où est Kourmanbek Bakiev, le dictateur du Khirgizistan, chassé en quelques heures ? Le peuple qui les a rejeté, qui les défit, les chassera aussi sûrement que le cours de l'histoire.

 

Cette jeunesse que vous méprisez tant, en vous terrant dans des villas hyper-sécurisées, aura raison de vous.

 

Ces jeunes que vous pourchassez aujourd'hui de votre police, jusque dans leur misérable taudis, vous renverseront et vous chasseront comme des malpropres. Et eux, les gueux, les voyous, les «moins que rien», les sans grade, vous jetteront définitivement dans les poubelles de l'histoire.

 

Yahia Bounouar - Radio Kalima, 10 janvier.

 

 

Bouira : des émeutiers attaquent la brigade de gendarmerie de Chorfa

 

Les affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ont repris dimanche matin à Bouira, notamment à l’est de la wilaya.

 

 

À la ville de Bouira, ce sont les élèves du lycée Houari Boumediene qui ont mis le feu à l’un des magasins du l’établissement. Les forces de sécurité sont intervenues et aucun affrontement n’a été enregistré, a-t-on constaté sur place. Fort heureusement, les éléments de la protection civile sont intervenus à temps pour éteindre les flammes.

 

À Chorfa, commune située à 40km à l’est de Bouira, des centaines de manifestants ont attaqué dimanche matin, la brigade de gendarmerie de la ville. Selon notre correspondant sur place, de violents affrontements ont éclaté entre manifestants et les forces antiémeutes dépêchées en renfort. Les gendarmes se sont opposés aux émeutiers en faisant usage de canons à eau et de gaz lacrymogènes.

 

Dans la nuit de samedi à dimanche, les jeunes manifestants de Chorfa ont attaqué ladite brigade à l’aide des pierres et autres cocktails Molotov, selon toujours notre correspondant. Nos sources affirment que trois personnes ont été arrêtées durant cette nuit à Chorfa.

 

À la ville de Bouira, de violents incidents ont éclaté notamment dans le quartier populaire dit «Ecotec». Les incidents ont débuté vers 20 heures quand des dizaine de jeunes, chauffés à blanc, se sont mis à lancer une pluie de pierres contre des policiers déployés aux alentours du siège de la direction de l’OPGI.

 

Les manifestants ont lancé des cocktails Molotov en direction de cette structure avant que les services de sécurité interviennent n'utilise les gros moyens dont le fameux «Moustache» appelé par les manifestants «Azrayen». Les échauffourées se sont ensuite étendues à la Cité Harkat. Les ruelles ont été complètement barricadées à l’aide des pneus brûlés et des blocs de pierres.

 

Depuis le jeudi dernier, plusieurs édifices publics avaient été saccagés par les émeutiers dans le chef lieu de wilaya et dans d’autres régions.

 

Amar Fedjkhi - El Watan, 9 janvier.

 


Publié dans Internationalisme

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