Alès : Un militant CGT condamné pour destruction - 14 janvier

Publié le par la Rédaction

Un syndicaliste et un militant de la CGT se retrouvaient hier devant le tribunal correctionnel d'Alès, soutenus par quelque 80 sympathisants. Il s'agit là de la suite attendue des manifestations de l'automne qui entraîneront la comparution d'une quinzaine de prévenus, jusqu'en mars, devant la juridiction alésienne, pour des dégradations, rébellions, violences… Au total ce sont une trentaine de manifestants et syndicalistes qui ont été auditionnés par la police depuis les manifestations.

 

Alain Rivron était poursuivi hier pour destruction de biens, le 23 octobre, au cours du blocage d'un rond-point lors d'une manifestation contre la réforme des retraites. Le militant CGT était accusé d'avoir détruit les manches à carburant sur un camion-citerne qui avait été bloqué par les manifestants.

 

Un geste reconnu et assumé par cet ancien cadre de La Poste, désormais en préretraite. Le militant CGT a affirmé au tribunal que rien ne se serait passé sans «l'attitude provocatrice» du chauffeur, accusé d'avoir tenté de forcer le passage. Ni sans les échauffourées qui ont suivi «l'intervention d'une dizaine de gros bras de l'entreprise», se soldant par deux blessés parmi les manifestants.

 

Pour le ministère public, le fait que les prévenus étaient des syndicalistes ou des militants n'entrait pas en ligne de compte dans les poursuites et ne pouvait encore moins justifier une destruction de biens. Ni déboucher sur une quelconque immunité, rejetant les arguments d'atteinte à la liberté d'expression et à la liberté syndicale. Pour Pierre Cramier, substitut du procureur de la République, le droit de grève n'incluait pas le droit de casser, le magistrat réclamant un à deux mois de prison avec sursis pour le prévenu.

 

Des arguments que la défense voulait bien entendre à condition qu'ils soient valables pour tous. Me Ève Soulier s'est ainsi étonnée que les nombreuses plaintes déposées par les manifestants et syndicalistes n'aient toujours pas de suite, rappelant notamment les deux blessés parmi les manifestants après l'intervention des «gros bras de l'entreprise du camion-citerne». «Je m'interroge sur la volonté de poursuivre systématiquement les dirigeants CGT sur Alès», a relevé la défense. Demandant au parquet de ne pas «enterrer les dossiers de plainte». «Cela pose justement la question de la liberté syndicale», a affirmé Me Ève Soulier, voyant dans la multiplication des procès «la volonté de museler la CGT».

 

Après en avoir délibéré, le tribunal a condamné Alain Rivron à 1000 € d'amende dont 400 avec sursis. Le magistrat a accordé 570 € à la partie civile pour la destruction d'une manche à carburant, rejetant les autres demandes d'indemnisation. 

 

Leur presse (Midi Libre), 15 janvier 2011.

 


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