Alerte nucléaire, au Japon comme partout !

Publié le par la Rédaction

ALERTE NUCLÉAIRE, AU JAPON COMME PARTOUT !

 

À 15h30 ce samedi 12 mars, une explosion a retenti dans la centrale nucléaire de Fukushima consécutivement au séisme qui avait touché l’archipel nippon la veille.
Quelques minutes plus tard, le porte-parole du gouvernement, qui cherchait depuis plusieurs heures à minimiser les alertes en cours dans la centrale, annonce l’effondrement du toit d'un réacteur.
Dans un immense élan de responsabilité, le gouvernement invite les riverains à se «calfeutrer chez eux» et à se «protéger les voix respiratoires avec des serviettes mouillées» tout en continuant à minimiser les conséquences de cette explosion. Il devient clair que des fuites se sont produites, «l'accident» étant très vite comparé à celui de Three Miles Island [Accident nucléaire qui s’est produit le 28 mars 1979 dans la centrale nucléaire de cette île de Pennsylvanie, États-Unis].

 

Fukushima

 

Au Japon comme ici : l'antidémocratisme à l'œuvre

 

Comme à chaque incident les gouvernants et nucléocrates de tous genres nous ressortent leur vieille soupe : «le risque zéro n'existe pas, tout dépend de ci, de ça», les mêmes qui, quelques jours avant pouvaient nous expliquer que Tchernobyl [Accident dans une centrale nucléaire ukrainienne le 26 avil 1986] était la simple conséquence d’une mauvaise gestion, d'un État soviétique en déroute. Or ici, l'horreur nucléaire est dévoilée au cœur même de la société industrielle occidentale, dans l'un des pôles économiques les plus puissants de l'impérialisme économique mondial.

 

Il met à mal les schémas scientistes développés par l’industrie nucléaire et sur lesquels la population n'a aucune prise.

 

Comme à chaque accident nucléaire, les gouvernements, dictatoriaux ou «démocratiques», utilisent les mêmes méthodes : comme en 1986 en Ukraine, le Japon envoie sur place des «Super pompiers» chargés de résoudre le problème. Ces Super pompiers auront sans doute leurs heures de gloire durant toute cette semaine mais il est fort à parier que ce gouvernement, si prompt à réagir en temps de crise, sera beaucoup plus timoré quand il s'agira de payer l’enterrement de ces sacrifiés, comme celui des techniciens et des ingénieurs, morts du cancer de la thyroïde.

 

Mais on ne fait pas d'omelette sans casser les œufs ma pauvre dame ! Ces constats sont encore plus vrais pour le Japon où le nucléaire, historiquement synonyme de massacre, est rejeté par l’immense majorité de la population. En 1991 le gouvernement a même renoncé totalement à sonder les Japonais sur cette question tant la désapprobation envers cette industrie se faisait grande (environ 90% d'avis négatifs).

 

En 2007 encore, suite à un nouvel incident dans cette même centrale de Fukushima, un sondage montra que seul 27% des hommes et 9% des femmes considéraient l’énergie nucléaire comme «nécessaire».

 

Comment expliquer autrement que par le puissant lobbying de l’industrie nucléaire le fait qu’un pays aussi soumis aux risques sismiques que le Japon investisse dans le nucléaire ? Un risque qui avait motivé l’Italie à arrêter la production nucléaire dans les années 90 (programme réactivé par Berlusconi en 2008). Malgré tout cela, le Japon est resté le troisième producteur nucléaire au monde derrière les États-Unis et … la France. Et ceci en totale opposition aux principes «démocratiques» qui sont paraît-il les fondements des sociétés industrialisées.

 

 

Le nucléaire n'a pas de frontière : la lutte non plus !

 

La fin de l'année 2010 a été marquée par un regain d’activité dans la lutte anti-nucléaire, notamment outre-Rhin, une lutte qui a été fortement médiatisée par le fiasco de l’acheminement du train Castor vers l'Allemagne.

 

Ce regain est moins ancré en France, mais pourtant, il y a à faire ! La France et Areva sont l’un des promoteurs mondiaux les plus actifs de ces usines mortifères. Areva ne s’illustre pas seulement dans le domaine écologique, elle appuie également l’implantation de la filière électronucléaire française dans de nombreux pays, par des moyens plus ou moins dégueulasses (l’exemple du Niger vient en tête en premier lieu) mais avec des objectifs toujours sacrément juteux !


 

Le nucléaire est une industrie de mort !

 

Le nucléaire est un outil de pression et de domination économique et idéologique ! Le nucléaire est une plaie ! Combattons-la !

 

Une immense colère doit parcourir le monde

 

Cela fait des dizaines d’années que l’on sait parfaitement qu’un jour ou l’autre un tremblement de terre provoquera un «incident majeur». Des années que le lobby de l’industrie nucléaire travaille pour le plus grand bien des profits des capitalistes. Des années qu’on nous rabâche qu’on ne peut se passer du nucléaire sous peine de retour à la bougie. Le retour à la bougie c’est maintenant au Japon qu’il se dessine !

 

Des années que la gauche se couche devant le lobby nucléaire au nom des intérêts de l’économie française. L’explosion dans la centrale nucléaire de Fukushima a provoqué en nous une immense colère que nous devons laisser exploser partout.

 

L’ARRÊT IMMÉDIAT ET SANS CONDITION DU NUCLÉAIRE EST LA SEULE SOLUTION ACCEPTABLE, ET ELLE EST POSSIBLE.

 

Crions-le, organisons partout des manifestations/rassemblements. Dès ce samedi 12 mars, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté contre l’industrie nucléaire en Allemagne. Des rassemblements anti-nucléaires dans tout le pays sont prévus pour lundi soir. 
Qu’attendons-nous ?

 

Organisation communiste libertaire (OCL), 12 mars 2011.

 

 

 

 

60.000 personnes font une chaîne humaine en Allemagne contre le nucléaire

 

Environ 60.000 personnes ont formé samedi une chaîne humaine pour protester contre l'énergie nucléaire, dans le sud-ouest de l'Allemagne, selon un collectif écologiste alors que la menace d'un accident nucléaire planait au Japon.

 

Neckarwestheim

 

«Environ 60.000 personnes ont formé une chaîne sur 45 km, entre une centrale nucléaire à Neckarwestheim et la ville de Stuttgart», capitale du Bade-Wurtemberg, a dit Jochen Stay, de l'association Ausgestrahlt (Irradié).

 

Dans cette région est prévue dans deux semaines une élection régionale à risque pour la chancelière Angela Merkel. Son parti conservateur CDU risque d'y être détrôné, après un demi-siècle de règne, par les Verts et les sociaux-démocrates, en raison notamment d'un vigoureux mouvement de contestation d'un vaste chantier de rénovation autour de la gare de Stuttgart.

 

Plusieurs associations écologistes avaient appelé à l'organisation de cette chaîne humaine, dans le but de faire monter la pression à deux semaines de ce scrutin en Bade-Wurtemberg, région-clé pour «la politique énergétique à l'avenir».

 

Le collectif appelle à récidiver avec des «veillées anti-nucléaires» à travers l'Allemagne lundi à partir de 18H00 locales (17H00 GMT).

 

«Les événements au Japon montrent une nouvelle fois combien l'énergie nucléaire est incontrôlable et dangereuse», a dit Jochen Stay.

 

Les craintes d'un accident nucléaire majeur étaient vives après une explosion samedi dans une centrale nucléaire à 250 km de Tokyo, à la suite du très fort séisme et du tsunami qui ont fait la veille plus de 1.800 morts et disparus.

 

«Angela Merkel et Stefan Mappus (chef du gouvernement régional du Bade-Wurtemberg) vont comprendre que celui qui prolonge la durée de vie des centrales (nucléaires) raccourcit sa propre durée de vie gouvernementale», selon Jochen Stay.

 

Le parlement allemand a voté à l'automne 2009 l'allongement de l'exploitation des centrales nucléaires, reniant ainsi l'arrêt progressif qui avait été décidé sous le gouvernement social-démocrate/écologiste de Gerhard Schröder (1998-2005).

 

Leur presse (Agence Faut Payer), 12 mars.

 

 

Séisme et catastrophe nucléaire :

les réacteurs français sont vulnérables !

 

Au Japon : un accident majeur de gravité comparable à Three Mile Island

 

L'agence de sûreté nucléaire japonaise a annoncé samedi qu'il y a une forte probabilité pour que la présence de césium radioactif autour du réacteur no 1 de la centrale de Fukushiwa Daiichi provienne de la fusion de crayons de combustible [The agency said there was a strong possibility that the radioactive cesium monitors detected was from the melting of a fuel rod at the plant, adding that engineers were continuing to cool the fuel rods by pumping water around them.” ], c'est-à-dire d'une fusion partielle du cœur nucléaire. Les autorités japonaises s'apprêtent à distribuer de l'iode aux populations vivant à proximité des centrales nucléaires en détresse.

 

Une partie des barres de combustible du réacteur no 1 de la centrale Fukushima Daiichi est exposée à l'air libre selon l'agence japonaise de sûreté nucléaire [«L'Agence japonaise de sûreté nucléaire annonce que certaines des barres de combustible du réacteur numéro 1 de la centrale Fukushima No 1 ont émergé à la surface de la piscine du réacteur samedi midi, parce que le niveau de l'eau a baissé.»].

 

Selon Tepco, l'exploitant de la centrale de Fukushima-Daiichi, un nouveau tremblement de terre a précédé l'explosion du réacteur no 1 [ “a vertical earthquake hit the site and big explosion has happened near the Unit 1 and smoke breaks out around 3:36PM.” ].

 

Le versement de l'eau de mer destiné à refroidir le réacteur no 1 a dû être suspendu à cause d'un nouveau tremblement de terre et la peur d'un nouveau tsunami [NHK à 17h35 le 12.03.11]. C'est pourtant le seul moyen restant pour empêcher une fusion totale du cœur, puisque l'opérateur n'a plus aucun moyen de contrôle sur le réacteur. Les deux autres réacteurs arrêtés en urgence de la centrale de Fukushiwa Daiichi sont toujours confrontés à des problèmes de refroidissement du cœur nucléaire. Dans la centrale de Fukushima Daini (située à 11 km de la centrale de Fukushiwa Daiichi), Tepco doit relâcher de la vapeur radioactive pour tenter de diminuer la température de 3 des 4 réacteurs arrêtés en urgence [ “we have decided to prepare implementing measures to reduce  the pressure of the reactor containment vessel (partial discharge of air containing radioactive materials) in order to fully secure safety. These measures are considered to be implemented in Units 1, 2 and 3.” ].

 

 

En France : des réacteurs nucléaires exposés à un risque sismique grave, construits en dépit des normes sismiques

 

Les réacteurs nucléaires français ne respectent pas les normes sismiques de référence. EDF est allé jusqu'à falsifier les données sismologiques pour éviter d'avoir à le reconnaître et d'investir au moins 1,9 milliard d'euros afin de mettre les réacteurs aux normes [Consulter les documents confidentiels d'EDF et l'analyse effectuée par le Réseau «Sortir du nucléaire»]. La justice a rejeté mercredi dernier la demande de fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (Alsace), la plus vieille centrale française, pourtant située dans une zone à risque sismique élevé.

 

Mais ni les normes sismiques draconiennes du Japon ni ses technologies parasismiques avancées n'ont pu empêcher la catastrophe nucléaire majeure qui s'y produit actuellement. Le Japon est pourtant le pays le mieux équipé et le mieux préparé au monde pour faire face au risque sismique dans toutes ses dimensions. Le Japon est également une des premières économies de la planète et un pays leader en matière de technologies de pointe.

 

Pour le Réseau «Sortir du nucléaire», le dramatique exemple japonais démontre qu'il est totalement impossible de construire des réacteurs nucléaires résistant à un séisme. La seule solution véritable pour se prémunir de ce risque gravissime est d'engager le plus rapidement possible un plan de sortie du nucléaire.

 

La machine à étouffer l'information se met en marche

 

Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Écologie, et Éric Besson, ministre de l’Industrie, ont décidé de réunir cet après midi l’ensemble des acteurs français du secteur du nucléaire... dont les industriels EDF et Areva. Il apparaît d'ores et déjà évident que le secteur nucléaire français et ses soutiens au plus haut niveau de l'État se préparent à communiquer pour sauver la crédibilité de la filière nucléaire.

 

Mais il ne sera pas possible cette fois de recourir au cliché usé jusqu'à la corde de l' « accident survenu sur une centrale soviétique vétuste », que l'industrie nucléaire a utilisé abondamment pour laisser croire qu'un accident nucléaire grave ne pouvait pas se produire hors d'URSS.

 

Il faut aujourd'hui considérer avec prudence les informations provenant de Tepco, l'exploitant des réacteurs japonais en déroute. En effet, 15 réacteurs nucléaires ont été fermés au Japon pendant des mois en 2002 et 2003, par décision administrative, après que Tepco avait falsifié des documents concernant la sécurité.

 

Informations au fur et à mesure sur notre blog

 

Sortir du nucléaire, 12 mars.

 


Publié dans Terre et environnement

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