AG de Censier - 2 novembre

Publié le par la Rédaction

Assemblée générale à Paris III – Sorbonne nouvelle : L’UNEF a torpillé le mouvement contre la réforme des retraites mais l’orchestre joue toujours !

 

L’AG des étudiant-e-s de Censier qui s’est tenue mardi 2 novembre a été nettement moins fréquenté que les précédentes. De façon symptomatique de l’état du mouvement, la tribune commence par demander qu’il n’y ait pas trop d’interventions pour ne pas gêner le cours suivant… Lors de la dernière AG, l’occupation permanente de l’amphi pendant les vacances avait été votée, avant que tous-tes les participant-e-s ne partent en manif et annulent de fait ce vote.

 

Le CA a accepté de ne pas compter les absences pendant la durée du mouvement, jusqu’au 19 novembre (excepté pour les contrôles continus). Lors du blocage de l’an dernier aucun étudiant étranger n’a été pénalisé pour son renouvellement de visa grâce à un boulot énorme des mobilisés, de RESF et de deux profs. Ces problèmes ne sont pas de la faute des bloqueurs, mais des lois racistes du gouvernement !

 

«Cette AG a le goût du reflux»

 

Le premier point de l’ordre du jour est consacré aux réflexions et donne lieu à de nombreuses incantations. «De nombreux secteurs ont suspendu le mouvement, mais il y a au moins de la combattivité dans les esprits. Ceux qui ne perdent pas de salaire lorsqu’il font grève, étudiants et lycéens, doivent se mobilisent pour faire repartir le mouvement et, peut-être, déclencher une nouvelle grève.»

 

«La tactique du gouvernement était de faire passer la loi pendant les vacances. La défaite n’est que partielle car la volonté de se battre est toujours là. L’exemple du CPE prouve que l’on peut faire abroger une loi qui est votée. Ce mouvement a subi la pression du gouvernement, des médias, de la police et des directions syndicales, mais a montré une constante volonté de déborder. Malgré une forte répression, c’est le préliminaire d’autres luttes plus dures sur la sécu ou l’assurance chômage.»

 

«Il faut faire d’autres choses que le militantisme»

 

Mais on ne sait pas vraiment quoi, ni comment ce sera organisé. Un débat sur la peine de mort et un cours de théâtre pour amateurs sont néanmoins prévus.

 

Un constat semble faire consensus : tout le monde est révolté et les AG ainsi que les manifestations régulières ne servent à rien. Il faut se mobiliser en dehors des directions syndicales comme dans les AG unitaires qui se mettent en place à Paris. Les syndicats tentent de contenir et, de fait, de trahir la mobilisation. Ce n’est pas avec les syndicats que l’on pourra faire des actions.

 

«L’attitude de l’UNEF est scandaleuse !»

 

«À la dernière manif, on s’est battu contre l’UNEF et on s’est tous fait embarquer cinq minutes après leur départ. Ils se permettent de nous donner des ordres comme de vrais staliniens. Il faut bloquer l’économie et les lieux symboliques. On répresse les manifestations (sic).»

 

La coordination nationale des facs qui a eu lieu au Mans la semaine dernière a réuni 42 universités et 139 délégués. Selon l’un des présents, elle a été pourrie par l’UNEF avec ses délégations douteuses qui ne respectent par leurs mandats. L’exigence du retrait du projet de loi sans négociation a été voté, mais l’UNEF a refusé de le mettre dans l’appel. Donc celui-ci ne contenait que des revendications de l’UNEF. L’orateur insiste sur le fait que la seule solution pour battre l’UNEF dans les AG est de massifier le mouvement. Il ne dit pas comment. Lors des précédentes coordinations, le dernier jour était consacré à l’élection des porte-parole. L’UNEF a décidé qu’on n’en avait pas besoin ; du coup les médias vont voir … l’UNEF, qui ne représente pas la réalité du mouvement. De la même façon, l’opposition aux lois racistes du gouvernement a été gommée par l’UNEF et il est resté l’histoire du salaire étudiant de l’UNEF qui n’avait été voté dans aucune AG.

 

Des procédures de vote d’autant plus complexes que l’amphi se désertifie

 

Corinne [Prénom modifié] (enseignante en retraite et en colère) : «Le problème de fond, c’est vos conditions de vie ! Vous ne pouvez pas être à la remorque du mouvement sur les retraites. Vous servez de variable d’ajustement dans les entreprises, vous n’avez pas à servir de variable d’ajustement pour un mouvement social qui n’est pas le vôtre ! Quelles sont les demandes fortes des étudiants ? Construisez votre propre mouvement !»

 

Quelques actions sont proposées : une manif de droite (mercredi 3 novembre, 16h, parvis de Censier), envoyer des lettres à Sarkozy (c’est gratuit !), une manif nationale de plus samedi, des flashmobs, parler à son voisin dans le métro, se mobiliser jeudi 4 avec les lycéens…

 

L’AG se termine sur des votes aussi longs et symboliques que fastidieux, avec un débat sur une demande de présence d’observateurs lors des coordinations pour vérifier que les mandatés respectent bien leur mandat. Il n’y a pas eu de volontaire pour observer, mais quelques-uns pour débattre. Une discussion que l’on n’avait pas vue depuis les années 1930 à Moscou… L’histoire ne dit pas s’il faudra surveiller aussi les observateurs pour vérifier qu’ils remplissent bien leur office… Le gouvernement, expert en surveillance, notamment des jeunes, a peut être une réponse à base de BAC, puces RFID, drones…

 

Gachet - HNS-info, 3 novembre 2010. 

 

Publié dans Colère ouvrière

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