Action contre les taules : ça ne s'arrête pas !

Publié le par la Rédaction


Dans la nuit du 4 au 5 novembre, le lycée Théophile-Gauthier (49 rue de Charenton, Paris 12e) a été pris pour cible dans le cadre de la semaine anticarcérale contre les longues peines.
Ce lycée professionel s’est spécialisé dans la formation des futurs flics et matons. Les portes ont été bloquées avec des chaînes. La façade a été recouverte d’affiches (cf. plus bas et pièce jointe) et de nombreux tags : «Attention, ici on forme les futurs flics», «Le maton te guette», «Saccage ta cage», «Plutôt pauvre et insoumis que flic ou maton»…
À noter qu’on trouve ce type d’établissements dans toutes les académies, et que vue la rapidité avec laquelle les traces de notre passage ont été effacées, il est clair qu’ils ne souhaitent aucune publicité autour de leurs sinistres activités.

Alors que certains mineurs croupissent en prison,
D’autres apprennent à devenir flics ou matons


Chacun le sait, l’adolescence est propice au désœuvrement qui conduit bien vite à la délinquance si rien ne vient l’enrayer. Heureusement, l’État s’occupe de la jeunesse et multiplie les initiatives afin de protéger, d’accompagner et d’insérer les citoyens qui formeront la France de demain. Ainsi, les premiers EPM (établissements pour mineurs) ont-ils ouvert depuis deux ans pour enfermer et isoler ceux qui représentent un danger pour la société.

Dans le même temps, le pouvoir a décidé d’opérer une sélection précoce de ces futurs serviteurs en uniforme. C’est dans cette logique que le bac professionnel Sécurité et Prévention a été mis en place en 2006. En plus de préparer les futurs travailleurs à l’exploitation, l’Éducation nationale devient pourvoyeur de main d’œuvre pour le secteur florissant de la sécurité privée. La création de ce bac pro quelques mois après les émeutes de banlieue répond aussi à la nécessité d’y apporter une réponse selon la vieille méthode consistant à recruter parmi les populations potentiellement dangereuses les éléments dociles qui seront chargés du flicage et du contrôle de ceux qu’il n’est plus question d’intégrer. Et il s’agit toujours de présenter les parcours de chacun comme une succession de choix individuels, séparés de toute réalité sociale (bosse et paie ton crédit ou deale et paye ta dette). Ce qui est sûr en tout cas, c’est que ceux qui se sont habitués tranquillement à la grisaille pénitentiaire des couloirs de l’école n’auront pas de mal à s’adapter dans un commissariat ou dans une prison.


Le lycée Théophile-Gauthier s’est spécialisé dans l’offre sécuritaire : bac pro et CAP sécurité, formation des cadets de la République. Nous souhaitons le rendre visible afin de bousculer la petite fabrique quotidienne du contrôle et de l’humiliation, de l’autorité et de la domination. De la débrouille pour sortir des galères matérielles aux formes de révoltes collectives, la délinquance est avant tout une catégorie créée par l’État pour lui permettre de légitimer son pouvoir. Face aux illégalismes, la prison et la police sont autant une réponse immédiate qu’une menace qui pèse sur tous ceux qui n’ont comme seul horizon qu’un travail de merde payé des miettes.

Nous sommes contre la prison et la police parce qu’elles sont nées et se sont développées pour défendre les privilèges des riches et gérer la misère.
Nous sommes contre la prison et la police parce que nous voulons changer radicalement cette société pas nous intégrer pacifiquement dans ses villes, dans ses usines, dans ses casernes, dans ses supermarchés.
Nous sommes contre la prison et la police parce que ce monde n’en a que trop besoin.

Indymedia Nantes, 6 novembre 2009.

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