À propos du 1er Mai dernier en Turquie

Publié le par la Rédaction

Turquie, 1er Mai 2010 - Le compromis le plus révolutionnaire

 

L’opposition sociale qui avait transformé la place Taksim et ses environs en enfer les 1ers mai de 2007-2008-2009 a presque disparu lorsque l’État a réouvert la place après 32 ans.

 

Ces trois dernières années, nous — les anarchistes — qui avons réussi à faire des rues dIstanbul des zones de résistance, sommes loin dêtre surpris-e-s. Parce que nous savons que le fétichisme de la place Taksim nétait quune illusion créée par l’État. Ce jour-là, un jeu perfide sest joué sur la place Taksim, qui était en permanence entourée de barricades de la police, scannée par des caméras centimètre par centimètre, surveillée par des hélicoptères. Les maîtres-ses et les dits-esclaves ont collaboré et ont célébré ce jour férié avec tout leur manque desprit. De quel jour férié parlent-ielles ? Les travailleur-euse-s qui revendiquaient symboliquement une journée de travail de 8 heures ont été exécuté-e-s par l’État il y a 130 ans. Qui travaille 8 heures aujourdhui ? Un-e ouvrier-e de chantier naval, un-e ouvrier-e du textile ou un-e caissier-e dans un Burger King ? Mais nous mourrons. Nous mourrons toujours, nous sommes toujours des esclaves. Les anarchistes et les révolutionnaires qui ont été assassiné-e-s en 1886, 1977 et 1996, qui ont versé leur sang pour élever le feu de la rébellion, ne sont pas à mentionner un jour de réconciliation. Aujourdhui, le pouvoir lui-même ne voit pas de mal à adopter ce jour férié. Ce carnaval organisé par l’État lui-même est combiné avec la perception de «réalisation» de lopposition de gauche et cette scène ressemble de plus en plus à une parodie. Nous navons aucun rôle dans cette parodie !

 

Nous savons bien que la bénédiction de lÉtat ne peut pas supprimer la voix des opprimé-e-s.

 

Courriel, 25 mai 2010.

 


Publié dans Colère ouvrière

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