À propos de la domiciliation des personnes SDF

Publié le par la Rédaction

Insultons l’insulteur !


La domiciliation des personnes SDF dans les communes devient de plus en plus complexe. En effet, les élus ne souhaitent pas voir une certaine population s’installer sur leur territoire. Villefranche-sur-Saône, commune de plus de 30'000 habitants située dans le Nord du département du Rhône, met toute son énergie pour ne pas vouloir de ce public.


Pour Pierre âgé de 28 ans quand il adresse une demande au CCAS de la commune (seule instance agrée sur le secteur par la Préfecture pour domicilier les personnes) première demande faite en novembre 2009 ; elle lui est refusée.

 

Le motif invoqué c’est qu’il n’a pas de lien avec la commune. Pourtant Pierre perçoit le R.S.A. versé par la CAF de Villefranche et était hébergé de septembre à novembre dans une structure sociale sur la commune.

 

Trois mois plus tard, il refait une demande de domiciliation, il essuie un nouveau refus. Le nouveau motif est encore plus éloquent : l’activité professionnelle de Pierre, c’est-à-dire palefrenier, nécessite qu’il doit se domicilier dans une commune rurale.

Les textes législatifs sur la domiciliation sont bafoués.

 

La CNT Santé Social met en avant que l’usage des voies légalistes ne sont plus les seuls outils à utiliser pour obtenir de véritables avancées sociales. Ce constat est également vérifié dans notre participation au collectif lyonnais «Pour un réel engagement en faveur des personnes SDF». En effet l’application de la loi Molle stipule que la remise à la rue pour toute personne ayant eu un hébergement d’urgence est illégale. Une nouvelle fois la loi est bafouée ; les décideurs politiques s’assoient dessus.

Il est indispensable d’interroger quelle posture prennent ces élus qui amendent ces lois et dans quels buts. Nous pensons qu’elles sont élaborées par des individus qui veulent maintenir un rapport de dominant par rapport à d’autres pour contribuer à maintenir l’ordre social actuel centré sur leurs intérêts personnels.

Il est nécessaire de passer le cap de sa situation individuelle pour tendre vers un déclic collectif plus soutenu. Poussons nos actions militantes sur des principes de désobéissance civile, d’occupation de nos lieux de travail (comme récemment à la DDTEP et dans l’entreprise People and Baby) et allons jusqu’à la séquestration de responsables d’institutions qui font vivre la misère sociale aux acteurs de terrain.

 

Notre secteur sanitaire et social rattaché au secteur tertiaire est réticent sur ce mode d’action plus généralement utilisé dans le secteur industriel. Pourtant nous vivons du similaire et sommes de plus en plus impuissants face aux perspectives à proposer aux publics les plus fragilisés (pas de boulot, pas de logement pas de quoi bouffer). Revendiquons des conditions humaines dignes pour tous.

 

Ne faisons pas qu’intellectualiser, agissons.
Organisons-nous pour des luttes collectives.

 

Le Chat Noir Tempête no 17, juin 2010
CNT Santé Social de Lyon et sa région.


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Publié dans Santé & Social

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