À propos d'une action à la statue de Jeanne d'Arc à Lille

Publié le par la Rédaction


Nous avons appris par le journal La Voix du Nord qu’un groupe de personnes avait habillé de rose la statue de Jeanne d’Arc à Lille, et l’avait recouverte de divers messages évoquant l’homosexualité, la transidentité et raillant «l’identité nationale» ce lundi 22 février 2010. Un journaliste de la Voix du Nord nous a appelé à ce sujet mardi 23 février dans l’après-midi et nous avons lu son article publié le lendemain, intitulé «La statue de Jeanne d’Arc déguisée en rose avec des slogans provocateurs : les asssociations homosexuelles écœurées».

Nous sommes très surprisES par le titre et le contenu de cet article.

Nous voulons préciser ici que nous sommes aussi une association homosexuelle et que nous ne sommes pas écœuréEs. Nous ne connaissons pas les auteurEs de l’habillage de la statue de Jeanne d’Arc, mais nous lisons leur action comme une contribution intéressante au débat d’idées qui devrait entourer les questions de sexe, de genre, de classe et d’appartenance nationale. Nous notons que les auteurEs n’ont pas signé leur action, peut-être pour qu’on puisse se concentrer sur les idées, et qu’ils ou elles n’ont pas commis de dégradation, sans doute pour ne pas peiner inutilement les fondeurSEs de bronze. Ces auteurEs ont su joindre le politique au ludique et nous les invitons à prendre contact avec nous, car nous pensons que nous avons probablement des valeurs en commun et des luttes à partager.


Nous sommes très étonnéEs en revanche qu’une association homosexuelle envisage de porter plainte ; nous nous demandons bien contre qui et contre quoi, et davantage encore au nom de qui et au nom de quoi. Nous lisons tout de même dans la Voix du Nord la déclaration de cette association homosexuelle selon laquelle l’action à la statue de Jeanne d’Arc donnerait une mauvaise image de l’homosexualité.

Cela est évidemment absurde : qu’est-ce qu’une bonne image de l’homosexualité ? Une homosexualité hétérosexuelle peut-être ? Et qui décide de la bonne ou de la mauvaise image ? Nos parents, nos psychiatres, nos juges, nos policiers, nos législateurs, nos gouvernants ?

Soyons sérieuxSES alors : nous, les homos et les trans, avons de toute façon une mauvaise image dans cette société globalement homophobe et transphobe. Nous luttons pour changer cette société et nous n’avons que faire de donner une bonne image de nous-mêmes. Sans quoi, nous, Les Flamands Roses, ne militerions pas depuis 1991 pour que la France reconnaisse officiellement la déportation pour motif d’homosexualité durant la seconde guerre mondiale, nous n’aurions pas créé avec d’autres la Lesbian and Gay Pride de Lille en 1996, nous n’aurions pas ouvert avec d’autres le centre LGBT de Lille Nord Pas-de-Calais en 1998, nous n’aurions pas inventé la première journée contre l’homophobie du monde en 1999 à Lille, nous n’aurions pas créé le festival littéraire des genres et des sexualités en 2003, nous ne prendrions pas la défense des homos et des trans oppriméEs ici et ailleurs, des tafioles, des folles radicales ou tordues, des transpédégouines, des butches, des fems, des enculéEs, des empluméEs, des homos et des trans EtrangerEs ou sans-papierEs ou mineurEs ou prostituéEs ou séropos ou tout ça à la fois, et de bien d’autres encore.

Notre dignité et notre légitimité politique et militante se situent dans notre humanité ainsi que dans notre volonté de vivre heureuxSES et libres, capables de nous exprimer. Nous n’apporterons aucune aide à des homos ou à des trans dont le projet ne se résume pour nous qu’au pur et simple maintien de l’ordre hétérocrate.

Lille, le jeudi 25 février 2010
Les Flamands Roses

 

 

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À propos du journaliste qui signe «B. DU.» à La Voix du Nord :

 

Le nouveau «Grand prêtre» est …


Benjamin D. de La Voix du Nord — qui signe ses papiers B. DU. — est un de ces «journalistes» zélés qui font leur taf «proprement». Sans «bavure». Ils se font tellement rares de nos jours, que nous ne pouvions ne pas dédier un billet à notre cher confrère. Et, au passage, saluer «l’homme»… pour ses écrits policiers.


Faire son taf «proprement» quand on est journaliste de PQR, ça consiste à quoi ? C’est simple : téléphoner au commissariat tous les matins pour proposer — humblement — de l’aide … et servir la communication promotionnelle de la Police nationale. C’est un réflexe que B. DU. a parfaitement assimilé. Son carnet d’adresses doit bien renfermer autant de policiers que d’amis. Peut-être sont-ils les mêmes ?


Mercredi dernier (15/04/09), B. DU. finit son p’tit déj’, fait son rot et saisit naturellement son téléphone. Comme tous les jours :

«Allô m’sieur l’commissaire ?
— Ah ! Benji ! Comment qu’ça va aujourd’hui ?
— Bah un peu comme hier, m’sieur. J’ai plutôt la banane ce matin, et en fait j’me demandais si j’pouvais vous donner un coup de main…
— Ah ! C’est gentil fiston. Avec toute la délinquance et l’insécurité qui traînent dans les rues, tout l’taf qu’on s’goinfre pour qu’les gens vivent en sécurité, eh b’en j’peux t’dire qu’ça fait chaud au cœur qu’un journaliste s’intéresse à nous. Et p’is t’aimes bien venir avec nous en opération, non ?
— Oh oui m’sieur ! Au moins vous êtes sympas vous… pas comme ces manifestants de l’anarchisme-extrême-gauche qui veulent pas nous parler et qui nous jettent des fruits pourris à la binette. Et au moins quand j’suis avec vous, j’peux m’promener au BDM [Boulevard de Metz, ndlr] sans m’faire caillas…
— Bon écoute, Benji. On fait une groooooosse o-pé-ra-tion aujourd’hui. Tu vas voir ça va t’plai…
— Véridique ?! Où ? Quand ? Comment ?
— C’t’après-midi, on fait une virée dans l’métro avec nos copains contrôleurs de Transpole. Y’aura aussi nos poteaux d’la PAF et quelques’uns d’la municipale — s’ils font pas la sieste… En tout, on s’ra une bonne centaine, bien pesée. On va s’déployer sur plusieurs stations pour coincer un max’ de fraudeurs et d’fumeurs de cannabis. En plus, vu qu’les PAF s’ront là, on pourra chasser quelques sans pap’… Joli programme, non ?
— Caaarrément, m’sieur ! Faut juste qu’j’ailles voir mon chef pour lui proposer l’papier… Mais i’va aimer, c’est sûr.
— Parfait p’tit gars, on va s’poiler ! On passe te prendre à la Grand’Place vers 16 heures… Et oublie pas ton dictaphone… J’ai préparé des phrases sur un post it.
— Merci beaucoup m’sieur… et oui j’prends tout mon matos… comme d’hab’. À t’à l’heure, chef !
— Oui fiston, à tout’… Et passe le bonjour à Arnaud [A. D., ndlr] de ma part.»


Le résultat de cette journée passée auprès de ces gens «respectables» de la Police, est un parfait exemple de pur «journalisme». B. DU. rapporte exactement ce qu’il a vu. Et les phrases des policiers enregistrées sur son dictaphone. Appliquant le code déontologique des journalistes à la lettre, il parvient à faire fi des sentiments de joie qui l’ont envahi lors de l’opération policière. Un vrai professionnel :

«Près de 9000 passagers ont été contrôlés. Environ 400 PV, surtout pour fraude, ont été dressés. Et cinq individus interpellés : deux pour port d’arme prohibé (couteau, poing américain), un avec une dose d’héroïne, un mineur en fugue recherché et un étranger en situation irrégulière. Bilan : “un succès”.» (La Voix, 16/04/09.)


Le Jury Néogonzo du Culte Journalistique (JNCJ), qui décerne quand bon lui semble le titre honorifique de «Grand prêtre» ou «Grande prêtresse» à un journaliste de La Voix, s’est tout de suite réuni pour consacrer notre confrère. Il détrône ainsi sa — désormais célèbre — consœur I. E. qui avait gagné le titre en 2008 pour sa rencontre légendaire avec les Identitaires gallo-flamands de Lambersart. Chapeau l’artiste !


Jack de L’Error - Lille 43000, 19 avril 2009
Le journalisme néogonzo de Lille et ses environs.

 

 

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