À Lyon, les fachos protègent Éric Besson et son débat sur l'identité nationale

Publié le par la Rédaction


Vendredi 22 janvier, le rassemblement contre le débat sur l’identité nationale a été attaqué par une trentaine de fachos. Alors que l’impressionnant dispositif policier laissait faire, les antifascistes ont mis les fachos en déroute.

La préfecture avait bloqué et interdit aux piétons les abords immédiat de la préfecture pour permettre la tenue du pseudo-débat sur l’identité nationale. Sur invitation (faut être membre de l’UMP ?) et derrière un impressionnant dispositif policier [
14 cars de CRS, 10 de gardes mobiles, toutes les rues autour de la préfecture bloquées par des barrières et des CRS, plus la BAC et la DCRI], Besson, Gérault [Tristement célèbre préfet du Rhône, expert en chasse aux sans-papiers] et leur clique ont donc brassé leur discours nationaliste aux relents passéistes pour légitimer leur politique xénophobe de chasse aux sans-papiers.

Pendant ce temps, suite à l’appel de plusieurs organisations politiques environ 500 personnes s’étaient rassemblées pour protester contre l’hypocrisie de ce débat et la xénophobie des mesures gouvernementales.

Un petit groupe de fachos avait été vu dès le début du rassemblement, derrière les CRS à proximité du cours Lafayette. Peu avant 18 heures ils se sont dirigés vers le rassemblement en remontant l’avenue de Saxe du côté opposé à la manifestation en brandissant un drapeau bleu blanc rouge. Quelques-uns étaient restés de l’autre côté de l’avenue et ont tenté d’attaquer des manifestants qui se sont défendus.

Ils ont ensuite traversé la rue pour attaquer le rassemblement, brandissant chaînes ou ceinturons à la main. Quelques antifascistes ont retenu la première attaque pendant qu’un policier lâchait sur les manifestants (et non pas sur les fachos) un jet de gaz lacrymogène.

Après quelques minutes d’insultes ils ont retraversé l’avenue pour attaquer à nouveau les manifestants qui, plus nombreux pour faire face, ont réagi en repoussant les fachos jusque dans une rue de l’autre côté de l’avenue où ces derniers, après quelques derniers coups, ont pris la fuite sans plus de cérémonie, abandonnant leur drapeau sur place.

Pendant ce temps des CRS se sont massés le long de l’avenue mais avaient laissé les fachos attaquer le rassemblement sans réagir, puis les ont laissé partir sans être inquiétés, avant de former un cordon autour des antifascistes.

Un manifestant a eu la jambe cassée dans l’attaque et a dû être emporté par les pompiers. Deux autres ont à déplorer des blessures légères.

Les manifestants ont plus tard quitté la préfecture en cortège en scandant «Français, immigrés, même patrons, même combat», et le nouveau slogan de la soirée «JI au lit la leçon est finie !», avant d’aller se disperser place Gabriel-Péri à la Guillotière.

Ce soir a été un double échec pour les fachos, ceux du gouvernement d’abord, qui ont, par l’organisation de ce débat et la connivence avec les militants d’extrême-droite, montré une fois de plus l’hypocrisie de leur politique ; ceux venus attaquer le rassemblement d’autre part qui n’ont pas fait le poids face à la réactivité antifasciste des manifestants.

Pas de fachos dans les quartiers,
Pas de quartiers pour les fachos !

Vos photos — visage des manifestants flouté, of course — sont les bienvenues pour compléter cet article.

Rebellyon, 22 janvier 2010.


Antifascistes repoussant les fachos


Attaque fasciste du rassemblement contre l’identité nationale

Vendredi 22 janvier a eu lieu à Lyon le — faux — débat sur l’identité nationale en présence du ministre de l’Immigration et du préfet du Rhône. Contre ce débat, pour lequel un dispositif policier digne d’un état de siège avait été mis en place, a eu lieu un rassemblement à l’appel de nombreuses organisations. Ce dernier a été, sur les coups de 18 heures, attaqué par une trentaine de militants d’extrême-droite, pour certains armés de chaînes, sous l’œil impassible des forces de l’ordre.


Conscients qu’il s’agit d’un faux débat, dans lequel le grand retour d’un mythe national passéiste digne du XIXe siècle sert de paravent pour dévier l’attention des vrais problèmes (chômage, licenciement, appauvrissement…) lié au capitalisme et pour justifier une politique xénophobe, nous avions rejoint ce rassemblement pour protester contre l’hypocrisie d’un gouvernement qui chasse les sans-papiers en serrant la main aux patrons qui les exploitent.

Nous accusons la police d’avoir sciemment laissé les militants d’extrême-droite attaquer le rassemblement. Malgré l’importante présence policière les fachos ont eu tout loisir de menacer, insulter puis attaquer le rassemblement qui n’a dû son salut qu’à la réactivité antifasciste des manifestants. Un manifestant, blessé, a dû être emporté à l’hôpital par les pompiers, plusieurs autres blessés légers sont à déplorer et pourtant les militants d’extrême-droite ont pu quitter les lieux en toute impunité.

La politique nauséabonde portée par l’actuel gouvernement dans son ensemble ne peut qu’attiser la gangrène fasciste.

CGA Lyon, 22 janvier.


Un groupe d’extrême droite attaque la manif anti-Besson

Un groupe d’une trentaine de personnes a agressé des manifestants rassemblés contre le débat sur l’identité nationale, organisé ce vendredi 22 janvier à Lyon.

Il est 17h45, à l’angle de la rue Dunoir et de l’avenue de Saxe (Lyon 3e). Rassemblés à l’appel de plusieurs organisations politiques [
Liste des premiers signataires de l’appel : Amoureux Au Ban Public, FIDL, HES, MJCF, Jeunes NPA, JRG, Jeunes Verts, LDH, MJS, MRAP, RESF, SOS Racisme, UNEF] depuis plus d’une heure contre la tenue d’un débat sur l’identité nationale, environ 400 manifestants crient et lancent des slogans hostiles à Éric Besson, à son ministère de l’Immigration et à son débat. C’est à ce moment-là qu’un groupe d’une trentaine d’individus foncent sur la queue du rassemblement. Les slogans fusent : «la France aux Français», des bras se tendent façon salut nazi. Rapidement, ils sautent sur les personnes à leur portée. Certains utilisent des bombes lacrymogènes, d’autres sont armés de chaînes de vélos.

Les militants anti-fascistes, présents sur les lieux, répondent. Bagarre. Après plusieurs assauts, ils parviennent à chasser le groupe d’extrême-droite de l’autre côté de l’avenue. Ceux-ci prennent la fuite dans les rues du quartier. Bilan de l’affrontement côté manifestants : une arcade sourcilière ouverte, un haut de crâne sanguinolent et, manifestement, une jambe cassée. Les pompiers, prudents sur le diagnostic, ont emporté la personne à l’hôpital, la jambe immobilisée.

La police protège Besson mais pas les manifestants

La poignée de membres de la police nationale n’ont pu qu’asperger de bombe lacrymogène les assaillants, arrosant au passage davantage les manifestants que les contre-manifestants d’extrême-droite. Les CRS, quant à eux, sont arrivés après l’affrontement. Et à l’heure où nous postons cet article, aucune personne n’a été arrêtée. Pourtant, le quartier a été placé sous haute sécurité. Bouclé. Depuis 16 heures, les rues proches de la préfecture sont interdites au stationnement et à la circulation automobile. La ligne T1 du tramway ne fonctionnait plus. Environ quatorze camionnettes de CRS et dix cars de gendarmes mobiles stationnaient sur les voies au niveau de l’arrêt Saxe-Préfecture. Sans compter les autres véhicules positionnées dans les rues adjacentes.

«Les individus d’extrême-droite ont passé un par un les barrages de police», justifie un policier en civil. Difficile à croire pour les premiers manifestants qui ont vu débouler sur l’avenue de Saxe les assaillants en groupe. En tout état de cause, le dispositif de sécurité n’était pas pensé pour protéger les manifestants d’une agression d’extrême-droite.

Les Identitaires et «Indépendants du stade» accusés

Pour les militants antifascistes, aucun doute, ils ont repéré des militants des Jeunes identitaires lyonnais, baptisés Rebeyne. Un groupe d’extrême-droite, affilié au Bloc identitaire, qui revendiquent une cinquantaine de membres à Lyon. Selon ces mêmes militants antifascistes, parmi les gros bras, il y avait des «supporters de l’Olympique Lyonnais Indépendants». Peu avant l’agression, le président de SOS Racisme Rhône, Bruno Sauvé, avait pris la parole au mégaphone pour expliquer ce rassemblement contre le débat sur l’identité nationale : «ce débat a libéré les paroles racistes». Le débat de Lyon sur l’identité nationale a démontré qu’il n’avait pas libéré que la parole.

Leur presse (Laurent Burlet, Lyon Capitale), 22 janvier.


La manifestation émaillée de quelques incidents

«Tous ces policiers sur le pied de guerre, tout un quartier interdit d’accès : cest démesuré !» Présent au cœur de la manifestation organisée aux abords de la préfecture du Rhône, Étienne Tête, lenfant terrible des Verts lyonnais, résumait bien le sentiment général en dénonçant limpressionnante dimension du dispositif mis en place par les forces de lordre ; mobilisation paraissant dautant plus disproportionnée que le rassemblement na réuni que 300 personnes environ. Pour autant, ce déploiement de forces na pas empêché lirruption dun groupe de contre-manifestants qui sen sont pris violemment aux contestataires «anti Besson» se trouvant à lextrémité de la rue Dunoir, à lintersection avec lavenue de Saxe. Reconnus comme appartenant à un groupuscule lyonnais se réclamant de la défense de lidentité nationale, les membres de ce commando, dont certains brandissaient le drapeau français, le visage dissimulé par des foulards, ont pris à revers les manifestants tournés vers lautre bout de la chaussée, criant leur colère face à lentrée de la préfecture située rue Corneille. Aussi brutale que soudaine, cette attaque en règle a fait deux blessés dans les rangs des opposants au débat dont lun sérieusement touché à une jambe a dû être transporté à lhôpital par les sapeurs-pompiers. Passé leffet de surprise, les agresseurs ont trouvé du «répondant» dans le camp den face et ont vite tourné les talons pour disparaître comme ils étaient venus… Léchauffourée, la première à se produire lors dune manifestation organisée contre la tenue du débat sur lidentité nationale, na duré que cinq minutes.

«Là, on n’a pas vu les policiers» remarquaient amers plusieurs jeunes gens parmi ceux qui avaient répondu à l
appel de SOS Racisme et dautres organisations dont la Ligue des Droits de lHomme. Tous venus exprimer leur désaccord avec «le débat de la honte» ainsi que le proclamaient les pancartes où fleurissaient quelques formules bien senties à lintention du ministre.

Leur presse (Le Progrès), 23 janvier.

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