À Fontaine (Grrrenoble) des squatt(h)eureuses menacent... les bonnes mœurs et la sécurité d'enfants !

Publié le par la Rédaction

Monsieur I. est propriétaire d’une charmante maison au 39 rue Gabriel Péri à Fontaine. Le 2 novembre il constate que sa maison vide est occupée par des squatt(h)eureuses.

 

Ces dernières lui signifient qu’elles occupent les lieux depuis plus de trois semaines et lui proposent alors un arrangement à l’amiable qu’il s’empresse de refuser, préférant se rendre directement porter plainte à la police et contacter son avocat. Les squatt(h)eureuses se tiennent alors prête à accueillir l’huissier, comme il se doit. Mais les jours passent, sans qu’il ne leur fasse signe.

 

Si bien que se rendant par hasard au tribunal le mardi 16 novembre, elles sont surprises de constater que leur procès vient d’avoir lieu.

 

L’huissier engagé pour «l’affaire» (bien connu de certain-e-s) serait visiblement passé constater l’occupation dite «illicite» des lieux et dans le but de signifier une «sommation de déguerpir», cela sans faire usage de la sonnette se trouvant sur le portail, et donc sans chercher à se signaler aux occupantes de la maison.  De même, il n’a pas sonné lorsqu’il est venu, le 10 novembre, remettre l’assignation au tribunal, préférant déposer un «avis de passage» dans la boîte aux lettres la veille d’un jour férié et d’un week-end, stratégie déjà utilisée auparavant pour d’autres squats. L’assignation finit par arriver dans la boîte aux lettres à 12h le 16 novembre (soit 2 heures après la fin du procès).

 

Les raisons invoquées par l’huissier pour justifier la nécessité d’expulser les squatt(h)eureuses sont pour le moins douteuses et méritent d’être partagées :

«Bien que cinq noms figurent sur la boîte aux lettres, il est manifeste, eu égard à leur assonance, leur caractère fantasque ou encore même leur homonymie avec des personnes connues, il est fort probable qu’il ne s’agisse en aucun cas de l’identité réelle des occupants des lieux.»

Nous soupçonnons que relevant les noms sur la boîte aux lettres, l’huissier a décrété que le seul prénom mixte s’y trouvant était celui d’un «mâle» afin de pouvoir établir son constat au masculin.


«En outre au vu de l’organisation de “fiestas entre copines” — expression entre guillemets sortie de l’imagination de ce cher huissier réactionnaire et ne figurant sur aucunes des affiches se trouvant sur le portail — qui partagent le même mode de vie de bohême, il est fort probable que ces lieux soient occupés par davantage de personnes et que le squat s’agrandisse.
Au surplus (…) ce campement sauvage dans la propriété de Monsieur I. s’organise à côté d’une école maternelle et séparée par un simple mur de 1,50 mètre de hauteur et en face d’un groupe scolaire. La seule sécurité des enfants scolarisés dans cette rue ou dans la cour d’école impose une action rapide. Le maintien de ces occupants dans les lieux est de nature à devenir une porte ouverte sur des problèmes plus importants. 
Les occupants des lieux, dont le mode de vie est pour le moins étrange, eu égard aux agissements de ces derniers tant envers le propriétaire que tels qu’ils sont révélées par l’organisation de fêtes ouvertes À CARACTERE HOMOSEXUEL dans ce lieu qui est d’ores et déjà rebaptisé “Drac Houlala” pourrait porter atteinte aux BONNES MŒURS et à la sécurité publique qui doit plus que tout être assurée dans une école. 
(…) 
Compte tenu de cette situation de fait (…) qui pourrait se relever dangereuse compte tenu de la proximité d’une école maternelle avoisinant cette maison “convertie” en haut lieu de fêtes en tout genre organisées par les occupants des lieux sans autorisation ni mesure de prévention, Monsieur I. sollicite de Monsieur le Juge d’instance que soit ordonnée l’expulsion immédiate et sans délais (…).»

 

Enfin, parmi les pièces à charge jointes au dossier, se trouve, toujours selon les mots de Monsieur l’huissier une «affiche de soirée “non mixité” “meufs” “gouines” “trans” placardée en face du groupe scolaire avec dessin suggestif». Jugez vous même de la dite affiche :

 

 

Bravo à «L’énorme» d’avoir réussi, avec une affiche A3 en noir et blanc, à choquer là où les publicités grands formats qui envahissent nos rues semblent sans effets.

 

Tremblez braves gens-tes : après avoir été le foyer de la «menace terroriste», les squats sont maintenant le repère de dangereux-ses homosexuel-les prêt-e-s à dépraver les enfants d’honnêtes citoyen-ne-s.

 

Signé : Drac Houla, ou la menace queer, féministe et bohême !  
Indymedia Grenoble, 17 novembre 2010.

 


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