Chroniques du flicage ordinaire, histoires de journées comme les autres !…

Publié le par la Rédaction

Lundi 26 mars, 7h50, arrivée à la gare RER de Sartrouville. Deux voitures de Police stationnent devant le hall d’entrée. Des policiers sortent de la gare en emmenant un jeune homme noir menotté, une «agent» de la RATP assiste à la scène. Le jeune homme arrêté est mis rapidement dans une des deux voitures de police et emmené. Je stationne donc pour voir la suite des évènements. 5 à 6 militants (socialistes il me semble) distribuent des tracts à proximité, ils n’ont pas bougé. Une personne a observé la scène aussi, on discute ! Elle me dit de regarder à 10m, derrière un arbre deux policiers contrôlent un jeune homme de couleur. On s’approche un peu ! Ils le fouillent, palpent ses vêtements. Quelques minutes après ils le laissent partir. On continue à discuter, surtout sur la répression et les rafles. Ensuite je pars prendre mon train pour aller travailler.


Retour le soir ! À la Défense ! 18h. J’arrive sur le quai. Un groupe de policiers et d’Agents de Sécurité de la RATP (la police de la RATP) contrôlent tout ce qui est jeune et typé ! Je laisse passer des RER afin d’observer et voir si les policiers sont violents. D’autres personnes observent franchement les flics, certains des policiers «couvrent» leurs collègues qui contrôlent. Regards fermés ! Attitude hautaine. On commence à discuter, nous sommes trois personnes donc à regarder les flics et à échanger nos avis. D’autres personnes sont choquées aussi par les contrôles fréquents mais se taisent. Les flics nous regardent et bien évidemment comprennent de qui nous parlons. Des policiers en civil les rejoignent. Les flics se calment, nous partons.

    Voilà une journée ordinaire. Les contrôles se multiplient donc et font aujourd’hui partie de notre quotidien. Ils visent à créer une ambiance de peur. Certaines personnes par crainte pour elles vont hésiter à agir, à s’opposer. D’autres, persuadées que si il y a des policiers c’est qu’il y a de l’insécurité vont avoir peur et demander plus de contrôles, plus de policiers de toutes sortes (Police de la RATP, vigiles, police nationale et municipale). Mais le pire est pour ceux et celles qui sont directement visés par la police : les personnes qui voyagent sans payer (par manque d’argent) et celles qui sont sans papiers et généralement les gens de couleur. Les gares, les stations de métro sont des lieux de passage obligés et permettent à la police de contrôler un nombre important de personnes et d’arrêter ainsi surtout des sans papiers. L’actualité ne nous montre qu’une partie de la répression ! Chômeurs radiés, salariés licenciés, sans papiers traqués… nous avons chaque jour des exemples. C’est une véritable guerre contre une partie de la population qui est menée par le pouvoir.
    Résister, voilà ce qu’il faut faire ! Rester et observer ou intervenir lorsqu’il y a des contrôles, discuter avec d’autres personnes afin de créer un petit groupe qui gène les policiers et les empêche d’agir comme ils veulent. Il est possible de demander aux policiers ce qu’a fait la personne interpellée et si quelqu’un est emmené, chercher à savoir où et s’y rendre ou bien téléphoner pour demander des nouvelles. Il est aussi important de parler avec la personne interpellée pour savoir ce qui se passe, sans s’adresser aux flics. Si ceux-ci vous demandent de «dégager» vous pouvez rester, rien ne l’interdit. Échanger des infos avec les personnes témoins, des coordonnées permet de créer des liens pour la suite… ! Et si certains veulent agir… alors… !

NB : En 2006, 26.000 personnes sans papiers ont été expulsées du territoire français et 24.000 en 2005, soit l’équivalent de la totalité de la population d’une ville moyenne française.


Cet après-midi, en allant chercher le pain, j’ai croisé un contrôle d’identité sur un vieillard dans un véhicule utilitaire tout délabré, bien entendu, l’homme est arabe. J’ai commencé à m’approcher doucement pour comprendre ce qu’il se passait et deux personnes ont fait de même. Les policiers nous ont demandés de circuler mais nous sommes restés. Enervé, l’un d’entre eux s’est avancé vers moi et m’a demandé de mettre mes bras contre le mur afin de procéder à une fouille (en mettant mes baguettes de pain par terre, dans la crasse) et un relevé d’identité plutôt musclé mais les gens autour se sont rapprochés, notamment un autre vieillard qui demanda au flic «Pourquoi faites vous ça ? Pourquoi vous nous laissez pas tranquille un peu ?» avec un air de résignation et de tristesse. On pouvait lire sur le visage des 4/5 personnes autour une sorte de dégoût pour le métier de policier, un dégoût que la police d’État nous rend bien, tous les jours dans tous les quartiers.

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