Le RSA, une guerre de basse intensité contre les classes sociales les plus modestes

Publié le par la Rédaction

L’avocat d’affaires Sarkozy a pris le contrôle de l’appareil d’État au bénéfice des plus riches. Pour augmenter leurs profits et leurs revenus, le pouvoir va faire feu de tout bois et les différentes mesures annoncées vont toutes dans le même sens :
— Diminuer l’aide versée aux plus pauvres.
— Pourchasser les personnes réfugiées dans l’Hexagone qui, obligées à la clandestinité, sont une main d’œuvre corvéable à merci.
— Intensifier la rentabilité du travail salarié pour les patrons (notamment par les heures supplémentaires, exonérées de charges et de cotisations sociales : retraite, maladie…).
— Encadrer et compresser les services publics au maximum pour créer des créneaux d’activité privés, aux bénéfices juteux : secteur bancaire (Poste, Caisses d’Épargne), éducatif (soutien scolaire, contrats écoles-entreprises…).


Éducation, santé, social, surveillance des populations, enfermement des «déviant-e-s»… Le nouveau pouvoir promet notamment de mettre les sans emploi au travail pour un revenu dérisoire, ce qui mécaniquement mettra sous pression toutes les catégories de salariées qui voudraient revendiquer de meilleures payes ou conditions de travail.

    Ainsi le gouvernement Fillon s’apprête à instaurer un RSA, Revenu Solidarité Active. Celui-ci aboutira à diviser le monde du travail en trois catégories :
— Les salariéEs de droit commun qui ne vont pas tarder à goûter de la flex-sécurité.
— Les forçats du RSA qui se verront obliger d’accepter tous les petits boulots (CDI, CNEA : 1h / semaine dans le nettoyage par exemple ).
— Les jugéEs inemployables qui seront immédiatement placéEs sous tutelle.
Et aujourd’hui, personne n’est à l’abri d’un licenciement et/ou d’une dépendance des aides sociales.
    Le RSA est une mesure élaborée de longue date, par des groupes de réflexion, marqués à «droite» comme à «gauche». Martin Hirsch, proche du PS et du MEDEF, ex dirigeant d’Emmaüs France, y a largement contribué ! Il se retrouve aujourd’hui dans le gouvernement Fillon.
    Au-delà du quadrillage policier des rues et espaces publics que nous constatons ici même, les populations fragilisées économiquement vont être encadrées et mises littéralement sous tutelle au nom de la lutte contre le chômage. En parallèle du RSA, le gouvernement prévoit une interconnexion de tous les dispositifs sociaux-éducatifs, des fichiers d’informations sur les personnes et les familles, de la maternelle à l’hôpital.
    Les mobilisations spontanées qui se sont succédées à Nantes et ailleurs dans l’Hexagone depuis le 6 mai indiquent clairement le refus de la population de se laisser faire au nom d’un système de démocratie parlementaire taillé sur mesure pour défendre les intérêts des plus riches. Lors des agoras place Royale les 9, 16 et 23 mai, de nombreuses interventions visaient les prochaines mesures que Fillon s’apprête à imposer après les élections législatives. Pourtant au-delà des paroles aucune perspective de mobilisation et de résistance ne s’est dégagée jusqu’ici, et attendre les législatives et la sanction des urnes ne fait qu’éparpiller nos énergies.
    Nous pensons que le RSA est central dans cette panoplie de mesures anti sociales. Le REFUS du RSA peut être l’axe fédérateur de ces énergies dressées contre l’arbitraire. Nous proposons que l’agora soit notamment le lieu où s’élabore la résistance collective à cette prochaine offensive du gouvernement aux ordres de Sarkozy.

À Nantes, des réfractaires à ce monde de fric et de flics
Le 30 mai 2007

Publié dans Colère ouvrière

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