Ceux-ci crachent confortablement insultes et haine sur les participant·e·s à la manifestation anti-Sarkozy du 6 mai au soir. François-Xavier Dugourd, conseiller municipal, y affirme de surcroît «que la plupart des fauteurs de troubles viennent des Tanneries, cet endroit qui ne cesse de poser des problèmes». Alexis Billebault, rédacteur en chef de la Gazette, reprend par la suite à son compte cette affirmation sans la moindre distanciation, en parlant des «artistes» qui se seraient «défoulés» sur du mobilier urbain. Foin de déontologie, il ne s’est évidemment pas donné la peine de venir nous demander notre point de vue sur la question.
Depuis 1998, l’Espace autogéré des Tanneries développe des cultures de rupture avec les logiques de marché et le culte de l’autorité. C’est au quotidien que s’y expérimente l’anarchie ; non pas celle de la loi du plus fort, que nous laissons à l’UMP et à ses semblables, mais celle d’une recherche d’égalité dans les rapports, de solidarité dans les pratiques, d’autonomie dans les activités.
N’est-il pas indécent de se lamenter sur le bout de verre qu’un institut bancaire devra changer, quand c’est quotidiennement que le gouvernement (et les banques qui le soutiennent) cassent la vie de milliers de gens, que des sans-papiers sont déportés par la police, que des manifestant·e·s sont réprimés brutalement ?