Appel pour un campement contre les frontières en Ukraine

Publié le par la Rédaction

Le camp aura lieu du 11 au 20 août 2007 en Ukraine, dans la principale région de transit et de migration de travail du pays : la Transcarpathie. L’expansion de l’Union européenne (UE) vers l’est a fait bouger les murs de la «forteresse Europe» jusqu’à la frontière ouest de l’Ukraine. La région ukrainienne de Transcarpathie, dont les plus grandes villes sont Uzhgorod et Mukachevo, est devenue une nouvelle zone frontière, qui se militarise de plus en plus, et où sont concentrés de nombreux camps de détentions, pour des refugié-e-s qui viennent des pays du «Sud» et de l’ex-URSS, qui essaient de fuir la guerre, le totalitarisme, ou la misère, en venant dans les pays de l’Union européenne. Il est difficile de trouver des informations à propos des conditions à l’intérieur de la majorité de ces camps.
    La condition des réfugié-e-s en Ukraine est très instable : leur liberté de mouvement est restreinte, il leur est difficile de trouver du travail, d’avoir accès aux soins médicaux, et ils et elles n’ont pas de sécurité sociale. Quand on obtient le statut de réfugié-e, le seul soutien que l’on obtienne du gouvernement est un unique et insiginifiant don de 3 euros. Au cours des dernières années, l’Ukraine a même extradé des demandeurs d’asile vers des pays comme l’Ouzbékistan, où ils ont été emprisonnés pour des années, dans les fameux goulags de ce régime autoritaire. L’augmentation des contrôles aux frontières a un gros impact sur la vie dans une région «de sous emploi» telle que la Transcarpathie. La région est située à l’intersection des frontières de cinq pays : l’Ukraine, la Slovaquie, la Pologne, la Hongrie et la Roumanie. Quatre de ces pays font maintenant partie de l’Union européenne, mais l’Ukraine n’en sera pas membre bientôt. Alors la «forteresse Europe» renforce ses frontières est à l’ouest de l’Ukraine, alors que plus de la moitié de la population de Transcarpathie travaille à l’étranger. L’Ukraine a annulé le système des visas pour les personnes venant de l’Union europénne, mais l’UE n’a pas rendu pour autant l’accès aux Ukrainien-ne-s au marché du travail (ou même aux territoires des pays européens) plus aisé. Pourtant il serait difficile d’imaginer par exemple que l’agriculture de l’UE se passe des travailleurs et travailleuses venus d’Ukraine.
   
Par ailleurs, la Transcarpathie est depuis longtemps une région très spéciale de par son mélange unique de cultures et traditions, et aujourd’hui elle devient une des principales voies de migration internationale. Les gardes frontières, les services de sécurité et les medias, en utilisant un langage xénophobe, aident à répandre les préjugés négatifs dans la population locale vis-à-vis des migrant-e-s. En découlent des tensions de plus en plus fortes dans la région.

Nous réclamons le droit à la liberté de mouvement pour tout le monde, l’asile pour toutes les personnes persécutées et le droit de migrer des régions touchées par le sous emploi vers d’autres pays, si cela peut améliorer leur vie. Nous réclamons l’abolition de tous les systèmes de visas. Nous voulons faire s’effondrer la «forteresse Europe», et avec elle le système des frontières, qui a mené au meurtre cautionné par l’État de milliers de personnes aux frontières ces dernières années. La politique d’«Apartheid global» doit cesser !

Nous nous inscrivons dans la tradition des camps No Border organisés sur les frontières est de la forteresse Europe, qui ont été organisés en 1998-2000 aux frontières d’Allemagne et Pologne, en 2000-2003 à la frontière est de la Pologne, en 2001 en Slovénie, en 2003 en Roumanie, en 2003 et 2005 à la frontière entre Grèce et Bulgarie, et en Finlande en 2004. Des camps ont aussi été organisés aux frontières sud de l’Europe (en Sicile en 2000 et à Tarifa en Espagne en 2001), à l’intérieur de l’Europe près des aéroports et des centres principaux du système de surveillance et de décisions (comme à Strasbourg en 2002), à la frontière entre le Mexique et les USA, ainsi qu’en Australie. Cette année notre mouvement international fait un nouveau pas en avant, puisque le camp en Ukraine sera le premier à être organisé sur le territoire de l’ex-Union soviétique.

Certains des objectifs de ce camp sont :
1) De créer un terrain de communication entre les activistes d’Europe de l’est et de l’ouest, et de partout ailleurs : se rencontrer, établir des contacts, échanger des compétences, des savoirs, des expériences, etc. (ateliers, discussions, entraînements pratiques, concerts, et plus encore…).
2) D’attirer l’attention des gens en Ukraine (mais aussi en Russie et dans le monde entier) sur la politique raciste d’immigration, de soulever la question des formes contemporaines de racisme et de xénophobie.
3) De créer des contacts avec les gens vivant en Transcarpathie : éducation anti-raciste, événements ouverts au public, projections de films, expositions, concerts et discussions, dans le but d’améliorer les attitudes des gens vivant dans la région envers les migrant-e-s, les réfugié-e-s, et les demandeurs/euses d’asile.
4) D’échanger des informations entre nous : Comment les autorités des différents pays criminalisent-elles les migrations ? Quelles sont les situations dans les prisons de déportation (centres de rétention…) ? Et de partager les expériences de résistance dans différents pays. Un des résultats concrets de ce camp sera la publication d’une brochure avec des informations de divers pays à propos de tous ces sujets afin de renforcer nos luttes (un appel avec des questions approximatives va venir !).
5) De faire en sorte que plus de personnes des collectifs et mouvements anti-autoritaires d’Ukraine, de Russie et d’autres pays «post-soviétiques» s’impliquent dans les questions liées à la migration, de mobiliser les gens pour lutter contre le racisme, la criminalisation de la migration, et le système des camps de déportation.

Nous discuterons des possibilités, et nous ferons peut-être des actions (mais pas dans la région directe du camp, toutes les personnes connaissant la région ayant suggéré que la moindre action confrontationnelle faite par des activistes d’«ailleurs» sur un sujet si sensible pourrait faire empirer la situation). Donc, ce ne sera pas un camp d’action mais un camp de communication, de mise en réseau, de programmation et d’éducation populaire.
    Un autre événement aura lieu au sein de ce camp : un rassemblement international de «Food Not Bombs» (ndt : collectifs de distribution de repas gratuits dans les rues, réseau présent dans plein de pays). Il y a une explosion des activités de Food Not Bombs en europe de l’est. Rien qu’en Russie, il y a cinquante groupes qui font régulièrement des actions. Nous avons déjà commencé à mettre en place un programme d’ateliers, discussions, entraînements pratiques, etc.
    Mais nous préférons que le programme se fasse avec les gens qui viendront. Alors si vous avez quelque chose à partager, ou une contribution à apporter, s’il vous plait faites-nous le savoir maintenant ! Cela peut concerner tous les sujets qui vous intéressent, pas uniquement le thème principal du camp.
    Sachez que l’Ukraine a supprimé le système des visas pour les citoyens de l’Union européenne, des USA et d’autres pays. Alors si vous avez un passeport d’un pays occidental, vous n’avez probablement pas besoin de visa pour nous rejoindre.

Pour participer, dès maintenant :
    Si vous avez des questions ou voulez rejoindre la préparation, nous aider à construire le camp la semaine précédant son commencement, et, le plus important, si vous voulez participer à la mise en place du programme en proposant des ateliers, discussions, entraînements pratiques ou quoi que ce soit, n’hésitez pas à nous écrire dès maintenant.
    Si vous voulez être régulièrement informé-e-s des préparations en cours et vous impliquer plus activement dans la préparation du camp, aider à mettre le programme en place en proposant des contributions, vous pouvez vous inscrire à la liste e-mail.
    S’il vous plaît, aidez-nous à diffuser cet appel le plus largement possible ! Traduisez-le dans diverses langues et distribuez-le dans votre
pays ou partout où vous le pouvez !

Publié dans Internationalisme

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