Tanneries : mise à jour sur la situation et compte-rendu de l’occupation du conseil municipal du lundi 26 mars

Publié le par la Rédaction

Tout d’abord merci à tous les gens qui nous ont envoyé en deux jours des messages de soutien, des demandes d’être tenus informés des actions à venir, qui ont déjà passé des coup de fils, mails ou écrit des lettres à la Mairie de Dijon, big up aux gens de Toul qui avaient fait 400 km pour le rassemblement de soutien et aux autres. Cela fait chaud au cœur et laisse bien augurer des batailles qui vont suivre. C’est vraiment important de commencer en confiance car on va devoir de toute évidence mettre une pression folle pour rester dans les années à venir. On a donc commencé aujourd’hui par une occupation du Conseil Municipal et un rassemblement devant la Mairie dont nous faisons le récit ci-dessous.
    Cela nous semble vraiment pertinent en tout cas qu’ils continuent à recevoir des coups de fil, mails et courriers de protestation dans les jours prochains puisque nous avons rendez-vous avec le Maire M. Rebsamen (pour rappel, numéro deux du PS et chef de campagne de Ségolène Royal) dans la semaine, ou d’être présent lors de leurs meetings électoraux (Mme Popard sera par exemple à 20h mercredi à la Mairie des Grésilles pour présenter le programme de Ségolène Royal).

M. le Maire François Rebsamen
Mairie de Dijon
21000 Dijon
(+33|0) 3 80 74 51 51

Pour les gens de la région, nous allons aussi rapidement annoncer publiquement une assemblée de lutte pour que toutes les personnes qui le souhaitent puissent s’impliquer, au-delà de la présence aux actions, dans la réflexion stratégique et la défense du lieu.

En attendant de prochains rendez-vous de mobilisation, voici un petit récit de l’action du jour et de ce que nous y avons appris :
    Nous avons comme vous le savez, monté une première mobilisation en urgence dimanche après avoir appris les accords secrets passés entre la Mairie de Dijon et la Générale de Santé sur notre terrain.
    Au final il y avait au moins 300 personnes sur la place de la Mairie à 18h en soutien à l’Espace autogéré des Tanneries, au Toboggan et au cinéma indépendant Eldorado. Ces structures sont également menacés et nous construisons ensemble depuis quelques mois un mouvement solidaire. Il y avait des expos, tables de presse, goûters, et des banderoles accrochées aux grilles de la Mairie, l’une «Soutenons les Espaces autogérés» et l’autre «Le toboggan restera !»
    Vers 18h30, une quarantaine de personnes sont entrées petit à petit dans le conseil municipal. Nous n’avions pas fait d’annonce publique en ce sens afin qu’ils ne nous en bloquent pas l’accès. Les policiers municipaux ont quand même essayé d’interdire l’entrée de la Mairie à diverses personnes. Craignaient-ils un nouveau Richard Durn, cinq ans jour pour jour après son intrusion sanglante dans le conseil municipal de Nanterre ? Les RG dijonnais avaient en tout cas prévenus nos amis du cinéma Eldorado que d’incontrôlables anarchistes risquaient de perturber le rassemblement. Néanmoins, petit à petit et par diverses feintes, un groupe suffisament conséquent a finit par se retrouver dans l’enceinte de l’aristocratique salle du conseil.
    Lors du démarrage du conseil muncipal, nous sommes allés déployer une banderole «Menace sur les Tanneries ?» entre la tribune du Maire et le reste de la salle, où se trouvent les conseiller-e-s municipaux et le public. Nous avons annoncé que nous voulions maintenant une réponse claire de la municipalité quant aux tractations avec la Générale de Santé concernant le terrain que nous occupons.
    M. Rebsamen, a répondu qu’il y avait bien des négociations en cours avec la Générale de santé pour un pôle de clinique privé, mais a nié que des décisions aient déjà été prises sur le boulevard de Chicago.
    Il a aussi affirmé une nouvelle fois que nous avions une convention certes, mais une convention à laquelle il serait mis fin lorsque la Mairie aurait un projet sur le terrain. Ils nous a, courtoisement, offert de nous informer lorsque ce serait le cas. Après quelques échanges visant à lui faire lâcher le morceau et à lui rappeler que nous n’allions pas nous laisser faire, nous avons décidé de quitter l’arène démocratique avec la promesse d’un rendez vous avec lui pour cette semaine.
    Il était clair que l’ensemble des initiatives du jour, affiches placardées sur la mairie au petit matin, coups de téléphones et mails de soutien toute la journée, rassemblement et intervention dans le conseil… avait l’air de commencer à sérieusement les préoccuper. M. Rebsamen est d’ailleurs revenu sur notre intervention et sur la question des squats à plusieurs reprises pendant le conseil après notre départ.
    Pour notre part, ses propos nous convainquent peu. Nous savons que des tractations qui nous mettent en danger sont en cours. Nous refusons d’être informés de leur résultat au moment où elles seront gentillement et démocratiquement avalidés en deux temps/trois mouvements par le Conseil Municipal et ce sans qu’il soit alors possible de revenir en arrière.
    Nous avons suffisament étudié et constaté les hypocrisies de leur fonctionnement pour ne plus nous faire avoir. C’est pourquoi nous continuerons à agir et mobiliser dans les semaines à venir pour faire revenir la Mairie sur sa décision ou la pousser à ne pas la prendre, dans l’hypothèse optimiste où les accords ne seraient pas complètement bouclés.
    Nous nous battrons dans tous les cas pour obtenir une assurance qu’après dix ans d’activités, notre maintien puisse être compris dans tout plan à venir d’aménagement du quartier.

En attendant, nous réaffirmons notre solidarité avec le squat du Toboggan menacé d’expulsion d’ici la fin du mois.

On restera… parce qu’on a la rage !



Le Jura Libertaire
et le Syndicat intercorporatif des travailleurEs & précaires du Jura (CNT) ont chacun pour leur part adressé
le 26 mars les messages suivants à M. François Rebsamen, maire de Dijon :


Bas les pattes sur les Tanneries !

Monsieur le maire,
    Ainsi, vos menaces de longue date quant à l’éradication de l’Espace autogéré des Tanneries à Dijon se concrétisent maintenant.
    En favorisant un «projet» privé (la Générale de Santé), vous affichez de façon emblématique votre mépris des services et de l’intérêt public, en même temps que votre volonté militante de nuire salement à la vie culturelle, sociale et politique de votre ville, et au-delà.
    Monsieur le maire, prenez garde : les ruines dont vous rêvez sont bien vivantes. Et vous n’ignorez pas que vous avez tout à craindre de la colère qui répondra à l’offensive que vous semblez vouloir mener.
    Monsieur le maire, nous vous demandons de donner au plus vite publiquement toutes les garanties que l’Espace autogéré des Tanneries sera préservé et pérennisé dans son autonomie.
    Dans l’attente de votre réponse, recevez, Monsieur le maire, nos salutations combatives,




Non à la fermeture des Tanneries !

Monsieur le maire,
    Notre syndicat a appris que le lieu qu’il utilise parfois pour ses activités, ses travaux, ou que chacun de ses membres est amené parfois à fréquenter pour ses loisirs ou ses formations est menacé sérieusement. Il y a longtemps que les dirigeants de Dijon souhaitent en finir avec l’Espace autogéré des Tanneries, mais vous êtes semble-t-il en train de vouloir concrétiser le fantasme de ces spéculteurs.
    Qui pis est, en favorisant un «projet» privé (la Générale de Santé), vous affichez salement votre mépris des services publics, en même temps que votre volonté militante de nuire à la vie culturelle, sociale et politique de votre ville, et au-delà. Car nous ne doutons pas que vous recevrez du monde entier des protestations des nombreux/ses visiteurs de l’Espace autogéré des Tanneries sans lequel votre ville ne serait qu’une crottouille sans plus d’envergure humaine, de notoriété culturelle et d’aura émancipatrice que Mâcon-Loché entre Paris, Lyon et Strasbourg.
    Certains de ces utilisateurs vous ont déjà écrit : «Monsieur le maire, prenez garde : les ruines dont vous rêvez sont bien vivantes. Et vous n’ignorez pas que vous avez tout à craindre de la colère qui répondra à l’offensive que vous semblez vouloir mener.» Ils ont raison.
    Monsieur le maire, nous vous demandons de donner au plus vite publiquement toutes les garanties que l’Espace autogéré des Tanneries sera préservé et pérennisé dans son autonomie.
    Dans l’attente de votre réponse, recevez, Monsieur le maire, nos salutations syndicalistes,

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