Le meilleur livre de l’année

Publié le par Debordiana

C’est en 1979 que Guy Debord décide, une première fois, de quitter un Paris qui à ses yeux avait, depuis longtemps déjà, tout perdu de son charme. Si le siège de l’état-major s'est déplacé, l’état de guerre, pour lui, reste permanent : depuis la situation en Italie, dont il donne une analyse lucide dans sa Préface à la quatrième édition italienne de «La Société du spectacle», à celle de l’Espagne de l’après-franquisme, qui le conduit à mener campagne en faveur des «autonomes» emprisonnés à Ségovie, le tout entrecoupé de «jours tranquilles» passés ici ou là, durant lesquels conseils, traductions et publications se succèdent. Le 5 mars 1984, le mystérieux assassinat de son ami éditeur le pousse dans un nouveau type de combat, cette fois contre une presse particulièrement déchaînée et hostile où, écrivait-il à son défenseur dès le 30 mars : «l’on me présente comme un hors-la-loi systématique qui ne peut évidemment, en aucune circonstance, et même pas provisoirement, placer une “confiance quelconque… dans les institutions judiciaire”. Ceci implique en effet que je devrais être exclu de toute protection des lois qui règnent actuellement, puisque la plupart existent contre mon opinion. […] À l’avenir, on ne sera plus “surpris” que je puisse attaquer des calomnies journalistiques ; et l’existence de cette nouvelle “arme de dissuasion” évitera sûrement bien des imprudences de plume». De ces années pleines de bruit et de fureur en tout genre, beaucoup de choses vont être retenues et analysées qui alimenteront les prochains Commentaires sur la société du spectacle. On devrait déjà entrevoir ici quelques-uns de ses pronostics, dans la mesure où le permettait alors une correspondance que tant d’événements lourds de conséquences obligeaient de toute évidence à une certaine circonspection.

Correspondance de Guy Debord
Volume VI (janvier 1979 - décembre 1987)

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