5000 personnes réclament la vérité sur la mort d'Anza

Publié le par la Rédaction

 

Samedi dernier à Saint-Jean-de-Luz 5000 personnes selon les organisateurs (4600 selon la police) ont manifesté à l’appel du collectif Jon Anza pour exiger des éclaircissements sur la mort de Jon Anza.


Il y avait du monde donc dans la cité luzienne samedi. En effet, aux nombreux vacanciers présents s
ajoutaient donc quelque 5000 manifestants mais aussi une très forte représentation de policiers et gendarmes.

La manifestation partie à 17h30 de la place Louis XIV a parcouru dans le calme les rues du centre-ville avent de revenir au point de départ. Là depuis le kiosque Anaiz Funosas et Gabi Mouesca ont pris la parole au nom du collectif Jon Anza. Cette manifestation ayant lieu un an après la «disparition» d
Anza, A. Funosas a affirmé quil sagissait d«une année de silences, de mensonges et dhumiliation» et quil restait «de nombreuses choses à éclaircir» dans cette affaire.

Les porte-parole ont mis en doute la version officielle de «dysfonctionnements» de l
appareil policiaro-judiciaire et réclamé des explications au ministre de lIntérieur espagnol en tant que responsable de la garde civile et à la ministre de la Justice française, ministre de lIntérieur au moment de la «disparition». Gabi Mouesca a également pointé du doigt les médias français qui après avoir maintenu «un silence assourdissant» ont commencé à reprendre la thèse officielle dune «clochardisation» du militant basque, faisant allusion à un article du Nouvel Observateur.

 

Mentionnant le déploiement dune banderole sur lArc de Triomphe à Paris les porte-parole ont déclenché une salve dapplaudissements.

La veille de la manifestation des militants basques avaient escaladé le célèbre monument parisien pour y déployer une banderole demandant «qu
avez-vous fait de Jon Anza ?» Lun des militants avait alors fait une chute et sétait blessé. Daprès les militants cette chute est due à lintervention des policiers qui auraient détaché une des personnes alors quelle était encordée avec les autres et ce malgré les avertissements des jeunes mais aussi des pompiers. Les pompiers de Paris indiquent nêtre pas «autorisés à communiquer» sur cette affaire et renvoient à la préfecture de police qui pour sa part indique que la chute nest pas due à lintervention policière mais «à la maladresse» des militants et «sans doute à une bourrasque de vent». Il se trouve que le vent soufflait en moyenne à 15 km/h ce jour-là avec des rafales allant jusquà 26 km/h sur Paris centre soit des vents loin dêtre violents…

Des journalistes «plus timorés»

«Le regard des journalistes français a changé», selon Ludivine Thouverez. L
enseignante-chercheuse de lUniversité de Franche-Comté est intervenue, lors de la soirée organisée vendredi dernier par le Cinéma Le Royal de Biarritz. «Dans les années 80 on constate une plus grande méfiance» des médias français vis-à-vis des attentats du GAL. Le thème de la thèse de Ludivine Thouverez est le traitement médiatique de ces événements tragiques pour le Pays Basque. Aujourdhui, elle suit de près la couverture de la disparition de Jon Anza et constate que les journalistes sont plus timorés quant à la formulation dhypothèses sur les causes de cette disparition ; «ce rôle est laissé aux abertzale». Souvent, dans les affaires basques, 60 à 70% des informations proviennent du ministère de lIntérieur espagnol. Larrivée des socialistes au gouvernement, dans les années quatre-vingts, est le moment où plusieurs quotidiens français ont changé dattitude. Dans l’État espagnol, le traitement médiatique des affaires basques a pris le virage lors de la mort de Miguel Angel Blanco en 1997 ; «à partir de là, les médias se sont impliqués dans la lutte contre ETA».

Giuliano Cavaterra - Le Journal
du Pays Basque, 20 avril 2010.

 


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