Notices aux "Poésies de l'époque des Thang"

Publié le par Debordiana


[Traduites par le marquis Hervey-Saint-Denis (1862),
rééditées par les Éditions Champ Libre en février 1977.
]

La littérature chinoise est généralement considérée comme digne d’intérêt ; et la poésie lyrique de l’époque de la dynastie Thang (notre VIIIe siècle) est partout reconnue comme son plus grand moment.

Cependant Hervey-Saint-Denis qui en donna une première traduction française en 1862, n’avait jamais été réédité depuis ; et n’a eu aucun continuateur notable.

Le public qui croit aujourd’hui qu’il est de plus en plus cultivé et informé, ressemble beaucoup au public qui croit qu’il est de mieux en mieux nourri et logé. Quoique la Chine ait été à la mode ces derniers temps, on n’a guère traduit et commenté pour la consommation française qu’une sorte de Déroulède du Milieu, qui en tant que lettré valait à peu près Giscard d’Estaing. Mais il régnait récemment à Pékin, où sa dynastie lui a survécu trois semaines.

Divers sinologues contemporains ont parfois tenté aussi de traduire, ou de retraduire, quelques courts poèmes classiques, mais ils ne sont arrivés à rien. Non peut-être faute de com­prendre le chinois aussi bien qu’Hervey-Saint-Denys, mais assurément parce qu’ils ne maîtrisent pas assez le français : ce qui rend leurs entreprises sur le terrain du langage poétique plus désespérées encore que partout ailleurs.

Voici donc ce qui reste, à ce jour, la principale et la meilleure traduction de la poésie chinoise en français.

[Guy Debord]

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