Travailleurs de l'archéo du public et du privé : Unité !

Publié le par la Rédaction


La situation de concurrence fait suite à l’ouverture du marché de l’archéologie préventive en 2003 et de la fin du monopole de l’Inrap, hérité de l’Afan. C’est la conséquence des politiques libérales des gouvernements qui s’inscrivent dans des accords internationaux (comme celui de l’AGCS : accords générales du commerce et des services) qui vise au privatiser, «marchandiser» tous les secteurs d’activités humaines. Ces politiques se traduisent aujourd’hui par la privatisation, à peine camouflée, de l’Éducation ou de la Santé (pour ne citer qu’eux).

La CNT dénonce cette concurrence en archéologie préventive, mais ailleurs également, pas par nostalgie de la grandeur d’un institut étatique unique monopolistique, mais par refus de la marchandisation de la culture et de la science. De plus, la concurrence ne génère qu’inégalité et précarité et les victimes en seront toujours les travailleurs.

Mais, aujourd’hui, la situation est la suivante. Nous ne pouvons que constater la multiplication des opérateurs d’archéologie qu’ils soient Inrap, privé ou des collectivités territoriales. La concurrence existe entre public et privé et aussi entre public d’État (l
Inrap) et public de collectivité (services territoriaux). Mais rien n’est réglé !!

La précarité se généralise. Le nombre de fouilles est toujours insuffisant par rapport à l’aménagement du territoire (des sites sont sacrifiés car il faut également compter sur la pression des bétonneurs sur la politique culturelle).

Il est donc urgent qu’archéologues du public et archéologues du privé luttent ensemble pour une meilleure préservation du patrimoine archéologique ainsi que l’amélioration des conditions de travail pour tous !!

Privatisation de l’Inrap ?

Après l’ouverture à la concurrence, cela n’étonnera personne que les gouvernements cherchent à privatiser l’Inrap. On a eu droit à une tentative de création d’une filiale pour les fouilles du canal Seine-Nord. La technique de la filiale a été prouvée pour la privatisation de la plus part des services publics (EDF, GDF, France Telecom, La Poste, SNCF etc.). Maintenant on introduit un nouveau contrat de travail, le contrat d’opération, plus flexible, en remplacement du CDD, déjà très précaire. Cela pour diviser davantage les salariés.

Et si ce n’est pas suffisant, la RGPP qui concerne toute la fonction publique, permet de dégrader la qualité des services publics, au cas par cas, pour mieux les privatiser.

Mauvaises conditions de travail !

Cette concurrence entre employeurs se fait au détriment des archéologues. Ce sont nos patrons (État, départements, villes, privés, etc.) qui sont en concurrence, pas les archéologues. Nous devons donc dénoncer et refuser notre cloisonnement au sein de nos structures et les interdictions, plus ou moins voilées, de nos patrons de collaborer avec d’autres collègues.

Tous les employeurs en archéologie préventive (public comme privé) utilisent la précarité, la flexibilité et obligent à une très grande et constante mobilité de la part de leurs salariés. Si aujourd’hui, les conditions de travail sont relativement semblables et correctes entre privé ou public, les exemples de l’archéologie préventive des différents pays européens nous font craindre le pire. Sauf à y opposer un rapport de force favorable aux salariés pour que les conditions de travail ne soient pas tirées vers le bas.

De plus la multiplication des structures d’embauches et de la nature de l’employeur favorise la méconnaissance de nos droits. En effet, les lois régissant les conditions de travail dans la fonction publique sont différentes de celles du code du travail s’appliquant au secteur privé. Il est à craindre que cela entraîne un non respect de conditions de travail décentes au vu du passage incessant des archéologues précaires du public au privé et inversement.

Les patrons d’archéo s’organisent, organisons la riposte !!

Nous apprenons la création d’un syndicat de patrons de l’archéologie préventive (SNPA) à l’initiative de quelques entreprises privées. Si le communiqué de cette nouvelle organisation patronale se donne pour but «l’organisation de toutes manifestations ouvertes aux professionnels ou au public», ce que personne ne peut remettre en cause, même des syndicalistes de la CNT, nous sommes plus critiques vis-à-vis de la volonté du SNPA «à étudier toutes questions professionnelles, économiques, législatives, scientifiques, techniques ou sociales intéressant la profession». Nous ne sommes pas dupes face à la véritable finalité de ce syndicat de patrons.

De la concurrence en général

La concurrence se fait toujours sur le dos des salariés pour tirer vers le bas les salaires et les conditions de travail et la recherche de plus de profit pour ces nouveaux patrons de l’archéologie ou plus d’économie pour les entreprises d’État.

La concurrence c’est l’entente des entreprises pour se partager le marché, découpage du territoire entre les différentes entreprises pour ne pas se faire concurrence, justement ! Ou encore entente pour baisser les salaires. La concurrence, c’est aussi fusion, rachat entre entreprises, fermeture, licenciements etc. Le tout sur le dos des travailleurs. Les exemples européens de l’archéologie préventive privée illustrent malheureusement trop bien nos craintes (Espagne, Grande-Bretagne… entres autres).

Il est donc temps que les salariés du privé et des collectivités locales s’organisent également, prennent contact avec des syndicats de travailleurs, pour que le rapport de force ne soit pas en leur défaveur.

Face à la concurrence : la SOLIDARITÉ !

Les archéologues ne sont pas en concurrence, nous faisons tous le même boulot. Et si nous devons tous faire le même travail, nous devons tous lutter ensemble.

C’est pourquoi la CNT, au travers de sa fédération Communication Culture Spectacle, syndique l’ensemble des acteurs de l’archéologie qu’ils soient salariés du public comme du privé. Pour combattre les effets négatifs de la concurrence, il est essentiel de s’organiser ensemble et par solidarité lutter contre la précarité, pour l’amélioration de nos conditions de travail et défendre une archéologie de qualité.

La CNT refuse autant les entreprises privées que l’entreprise d’État. Nous défendons un véritable service d’archéologie préventive géré directement par les archéologues et au profit du public.

Le monde est truelle, septembre-octobre 2009
Bulletin des travailleurs de l’archéologie et du patrimoine
Fédération CNT Communication Culture Spectacle.

Publié dans Colère ouvrière

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