Le nucléaire ? Laisse béton !

Publié le par la Rédaction

Alors que la centrale nucléaire de Fessenheim (68) sera mise à l’arrêt en octobre en vue de sa troisième inspection générale et décennale, l’ensemble des organisations anti-nucléaires appelle à une manifestation nationale le samedi 3 octobre à Colmar (20 km des réacteurs) pour réclamer sa fermeture. Mais le lobby nucléaire et l’État s’opposent à la fermeture de la plus vieille centrale du pays (inaugurée en mars 77). Par crainte d’inaugurer un processus de fermeture des vieux réacteurs ? Au contraire, les nucléocrates veulent prolonger la durée de vie de l’ensemble du parc nucléaire tout en se lançant dans la construction de nouveaux réacteurs — EPR, ou encore ITER qui servira à apprivoiser le soleil grâce à la fusion entre deux formes d’hydrogène. «Fessenheim» produit aujourd’hui moins de 2,5% d’électricité de l’Hexagone.

En imposant au peuple le tout nucléaire, l’État français et EDF entendent garder le leadership de la production d’électricité sur le marché international, puisque le producteur est le principal fournisseur européen d’électricité, pendant qu’Areva poursuit sa quête : construire et construire encore des réacteurs de par le monde.

TOUS ET TOUTES À COLMAR CONTRE LA NUCLÉOCRATIE
ET POUR LA FERMETURE DÉFINITIVE DE FESSENHEIM !

Le nucléaire, civil et militaire : ça va de pair

Rappelons que l’utilisation à un mode industriel des matières radioactives est inéluctablement criminelle. De l’extraction de l’uranium à son retraitement, la chaîne de transformation et d’utilisation du minerai engage de graves conséquences… Des travailleurs des mines d’extraction supportant des conditions de travail dignes des colonies (comme au Niger), aux salariés sous-traitants qui assurent la maintenance des centrales, à ceux s’occupant des déchets et du retraitement et sans omettre la production d’armement, tous et toutes amplifient considérablement les risques pour leur santé et leur environnement. Quant à la pollution radioactive, elle fait bien plus de méfaits que l’histoire nous l’indique officiellement (Hiroshima, Tchernobyl) : les très nombreux accidents «limités» dans presque toutes les centrales ; les marines militaires des pays possédant des engins à propulsion nucléaire (combustion et fuites) ; les essais militaires (discrets) ; l’environnement des mines d’extraction, les déchets jetés discrètement au hasard… Etc. En quelques décennies à peine, le nucléaire a montré de quoi il était capable…

Par essence les politiques nucléaires sont incompatibles avec une société fédéraliste comme avec la lutte pour arriver à celle-ci

Par sa dangerosité et la centralisation qu’il nécessite, par la culture de sûreté qu’il crée, commercialise et généralise, par les modes de subordination qu’il implique, le nucléaire, loin d’être un simple choix technologique, est partie intégrante des dispositifs de contrôle global de la planète. Le nucléaire civil a toujours le vent en poupe chez les gestionnaires du capitalisme, le développement des énergies renouvelables reste après tout largement en dessous des potentialités. Dans le domaine militaire, on assiste au développement d’armes miniaturisées, utilisées contre des populations aux quatre coins du monde, dans le cadre de «guerres préventives» et d’«opérations de police mondiale», mais la possession de bombes classiques reste d’actualité.

Aux causes de désastres propres à toutes les formes d’industrialisation, l’industrie nucléaire ajoute la radioactivité artificielle qui s’étend dans le temps. Aussi, loin de nier comme autrefois les dangers, les nucléocrates comptent désormais préparer les populations à apprendre à survivre en milieu contaminé. Le risque nucléaire étant la chose la plus partagée, il doit maintenant être le mieux accepté : «Tout irradié potentiel doit donc devenir le complice de sa propre irradiation et de celle des autres, encadré par les uniformes kakis et les blouses blanches avec, pour seul horizon, les rangées de cercueils de plomb, pour que le monde tel qu’il est continue à fonctionner, dans lequel le citoyen culpabilisé devient acteur de sa soumission.»

À ceux qui prétendent inscrire l’uranium comme énergie renouvelable, nous affirmons que le nucléaire est une énergie sale !

L'électricité, quelle que soit son origine, ne peut pas remplacer le pétrole…

En restant sur le terrain des alternatives sans remettre en cause la boulimie énergétique actuelle, les écologistes d’État jouent le rôle de tartuffes et d’administrateurs de nos vies irradiées, toujours à la place que l’État leur assigne. Tout regroupement antinucléaire conséquent devrait avoir en mémoire la défaite du mouvement à la fin des années 70 et au début des années 80 due à la stratégie électorale prédominante, à une critique insuffisante et marginale de la société de consommation.

L’exigence d’arrêt immédiat du nucléaire ne relève pas pour la CNT de la surenchère. Elle implique la rupture avec les logiques capitalistes et étatiques. Cette perspective autonome est difficile et incertaine et sa réalisation ne dépend pas que de nous. Mais nous avons la volonté d’y contribuer, pour vivre libres, debout, et non à genoux avec des épées de Damoclès au-dessus de nos têtes.

Retrouvons-nous toutes et tous les 3 et 4 octobre 2009 à Colmar
pour exiger que la centrale de Fessenheim ne redémarre jamais.
Rendez-vous à 14 heures place Rapp.

Prévoyant 25.000 manifestant-es, les autorités dévoilent une nouvelle mise en scène alarmiste et liberticide
Préfecture du Haut-Rhin, mairie de Colmar et commissariat central, s’inquiètent de ce que «… 25.000 manifestants pacifiques bloqueront tout le centre ville (touristique), alors que des casseurs non anti-nucléaires, venant notamment d’outre Rhin, voudront en profiter…» Aussi le rendez-vous place Rapp est interdit, les anti-nucléaires sont sommés de se regrouper sur un stade SNCF, un «trou à rat» qui rappelle étrangement le Strasbourg anti-Otan et d’emprunter un nouveau parcours, imposé ! Une grande mise en scène est organisée ces derniers jours sur les précautions contre ceux qui se rassembleront le 3 octobre comme s’ils étaient incontrôlables, et sur l’entraînement des policiers sur le thème des imaginaires violences urbaines qui accompagneraient la manifestation.
Rappelons aux écologistes que la violence n’intéresse pas qu’EDF et les nucléocrates, mais également l’ensemble des pourfendeurs du mouvement social dans son ensemble et donc quel que soient les raisons de contester publiquement. À quand l’interdiction de manifester ?
Le rendez-vous reste maintenu place Rapp,
14 heures, au sein du cortège libertaire.

CNT 68, 22 septembre 2009.

Publié dans Terre et environnement

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