Émeute made in Jura à Dole

Publié le par la Rédaction


Dans son édition du 22 septembre, le Progrès affichait en Une : «De gros dégâts après la soirée d’émeute», avant de détailler les faits en pages intérieures, sous le titre : «Des jeunes cagoulés attaquent la police et incendient un commerce».

Selon ce journal, «pendant quelques heures, dimanche soir, le quartier des Mesnils-Pasteur a renoué avec ses heures les plus sombres».

Le Progrès relate ainsi l’origine des faits : «Tout a commencé en tout début d’après-midi lorsque les policiers sont alertés par des habitants qu’un individu circule à tombeau ouvert en moto dans les rues du quartier. Les gardiens de la paix interviennent pour mettre fin à ce type de rodéo, malheureusement fréquent sur le quartier. Avenue de Verdun, le motard percute la fourgonnette d’un habitant. Lorsque les policiers arrivent sur place, le blessé a disparu et les forces de l’ordre sont accueillies par un groupe d’individus hostiles. Le blessé, un homme de 18 ans bien connu des services de police, sera interpellé à l’hôpital de… Besançon et placé en garde à vue au commissariat de Dole.»

Dans son édition du lendemain, 23 septembre, le Progrès rendra compte de la comparution immédiate du «motard des Mesnils-Pasteur» devant le tribunal correctionnel de Dole. Jugé pour «refus d’obtempérer aggravé par la mise en danger de la vie d’autrui, recel de vol en récidive légale, délit de fuite et outrages», le «jeune homme (…) majeur depuis juin», déjà «condamné de nombreuses fois par le tribunal pour enfants de Lons pour vol aggravé, violence en réunion, outrage, etc.», se voit infliger la peine de «2 ans de prison dont 16 mois assortis du sursis avec mise à l’épreuve pendant trois ans et obligation de travailler». «Un mandat de dépôt lui est signifié pour les huit mois qu’il lui reste à faire.»

Des émeutiers encagoulés

Quid de l’émeute elle-même ? Elle est décrite en ces termes : «Sur le quartier, tout va dégénérer (…) des poubelles sont incendiées et, vers 21 heures, un fourgon essuie un premier jet de pierres qui fait voler en éclats une vitre du véhicule. Vers 22 heures, ce sont cette fois des cocktails Molotov qui sont lancés en direction d’une patrouille. Deux voitures stationnées le long du salon de coiffure du centre commercial sont incendiées. Le feu se propage rapidement au bâtiment, qui sera entièrement détruit. Une partie des habitants de la tour toute proche est évacuée, les autres restant confinés dans leurs appartements. Deux autres véhicules seront incendiés au pied de l’autre tour, sur le parking de la rue du Maréchal-Leclerc, où plusieurs voitures seront dégradées. Les émeutiers, tous encagoulés et gantés, se dispersent ensuite rapidement.»

Le Progrès donne la parole au commandant de police Patrick Péchard, appelant à la délation : «Trois mille six cents personnes habitent dans ce quartier. Et nous avons à faire à une vingtaine d’individus au maximum, mais très déterminés (…) Un palier a été franchi, la sécurité des habitants directement menacée et il faut que tout le monde se réveille…»

Quant à la municipalité et à l’État, par la voix du maire Jean-Claude Wambst, de son adjointe Sylvie Laroche, et du sous-préfet Pierre Azzopardi, ils promettent la poursuite et l’accélération de «l’opération urbaine engagée», ainsi que le renforcement de «la présence de médiateurs et d’intermédiaires».

On note encore l’interpellation d’un mineur «qui avait outragé les policiers lors de l’accident de moto».

Appel à la délation

C’est enfin dans l’édition du 26 septembre que le Progrès réitère l’appel lancé par les forces de police : «Les incendiaires de dimanche seraient quasiment tous identifiés : des mineurs de 14 à 17 ans, tous en ruptures familiale et scolaire. Mais pour que la justice puisse faire son travail, il faut des témoignages. La police insiste sur le fait que l’anonymat des témoins sera préservé à 100%.»

L’occasion lui en est donnée par le rassemblement tenu la veille au centre commercial des Mesnils-Pasteur, à l’appel des élus et des responsables associatifs. «Les habitants des Mesnils-Pasteur» du titre, deviennent dans l’article «une partie de la population (…) mobilisée, avec l’appui des associations» ; en fait, nous dit-on, «seuls quelques dizaines d’habitants du quartier — qui en compte trois mille six cents — se sont déplacés (…) décidés à reprendre possession du quartier» à «une poignée de casseurs».

28 septembre 2009.

Cet article a été réécrit,
et les illustrations qu’il comportait censurées,
 suite à une intervention du
Progrès.

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