Grenoble : C'est la rentrée... des squats expulsés !

Publié le par la Rédaction


Mardi 8 septembre, la maison située au 17, rue Monge, belle maison avec un grand jardin, qui abritait depuis plusieurs mois neuf personnes, s'est faite expulser, et aussitôt démolir.

Malheureusement, cette situation n'a rien d'exceptionnel. Cette maison a fait l'objet d'un processus bien connu : une SCI [Société Civile Immobilière, société civile constituée par un promoteur (ici, la Foncière de Logement, spécialisée dans la construction de logement pour les salarié-es du secteur privé), pour porter la construction d'un immeuble], dans ce cas la SCI Villa Toscana a racheté le lieu aux ancien-nes propriétaires trop vieux/vieilles pour y habiter, elle a laissé la maison vide plusieurs années, en attendant que suffisamment de (jeunes) cadres dynamiques aient signé et acheté, puis l'a détruite et reconstruit à la place un immeuble de 15 logements. Cette opération, très lucrative, que l'on nomme spéculation, contribue à créer un monde aseptisé, pour des personnes avec de forts revenus, dans un urbanisme pacifié et voué au progrès et à la croissance économique. Ce phénomène ne touche pas que cette maison, mais aussi tous les quartiers de Grenoble : Caserne de Bonne, Île Verte, Esplanade... Autant de lieux qui sont vidés de leurs habitant-es, leur vitalité et leur vie de quartier (bref, tout ce qui fait qu'on avait envie d'y vivre), pour construire une ville qui répond uniquement aux impératifs économiques et à la volonté des élites locales.

Nous qui, comme beaucoup d'autres, ne pouvons ou refusons de prendre part à cette logique, nous voulons des bons logements adaptés à nos besoins et envies, dans des quartiers que nous choisissons. Nous avions donc décidé d'habiter cette maison vacante avant sa destruction, sachant que souvent les maisons restent vides durant des années lorsqu'il y a un projet immobilier dessus. Nous nous sommes réapproprié-es ce lieu, et cela nous a permis de vivre bien, sans devoir payer de loyer, pendant plusieurs mois.

Alors que notre lieu de vie est désormais réduit en un tas de gravats, nous réaffirmons notre colère et notre volonté de ne pas lâcher :
Des logements agréables pour tous et toutes,
grève des loyers et réappropriation de nos vies !

Caddie-Yack, 20 septembre 2009.

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