Rassemblement antinucléaire à Colmar : la répression qui vient

Publié le par la Rédaction

Violences urbaines : Policiers et pompiers
s’entraînent pour la manif de Colmar


45 policiers et 30 pompiers ont participé hier à un entraînement commun en vue du rassemblement européen antinucléaire le 3 octobre, à Colmar. Les autorités craignent les «casseurs» comme lors du sommet de l’Otan.

Nuage et odeur âcre du gaz lacrymogène, détonations de flash-ball, bruit de bottes de policiers casqués chargeant des «civils» cagoulés en tapant sur leur bouclier. La scène était hyperréaliste, mais il s’agissait d’un exercice dans un lieu discret : le camp d’entraînement de Hartheim, au Pays de Bade, où les soldats de la Brigade franco-allemande s’entraînent régulièrement à la guérilla urbaine. Cet ancien site des FFA comprenant une dizaine de «maisons» en béton recouvertes de tags et de graffitis sert également de lieu d’entraînement pour les policiers et les pompiers alsaciens. C’était le cas hier, où des sapeurs pompiers de Colmar et des policiers venus de Mulhouse et Strasbourg ont effectué une série d’exercices sur le thème des «violences urbaines».


Cet entraînement commun, dirigé par le capitaine Gilles Brutillot, du Sdis (Service départemental d’incendie et de secours) du Haut-Rhin, et le capitaine Didier Binet, commandant de l’unité de maintien de l’ordre public de Mulhouse, a permis de tester la coordination entre les forces de l’ordre, en simulant des interventions dans des quartiers dits difficiles et une manifestation qui dégénère.

C’était le scénario de l’exercice grandeur nature organisé l’après-midi. Une quinzaine de sapeurs-pompiers volontaires de Houssen, Sainte-Croix-en-Plaine et Horbourg-Wihr ont joué le rôle des méchants «casseurs». Sous le contrôle de trois formateurs spécialisés dans les «violences urbaines» veillant au respect des instructions et à la crédibilité des réactions.

«Est-ce qu’ils tapent vraiment ou pas», s’est inquiété l’un des «casseurs» chargés d’insulter les «flics» et de les «caillasser» avec des balles… de tennis. Les policiers répondaient, eux, avec de vraies grenades de gaz lacrymogènes. Des larmes ont coulé.

C’était un exercice, mais un exercice sérieux… Ouvert à la presse, sans doute pour faire savoir à l’opinion publique que les autorités font tout pour assurer notre sécurité. «C’est du cinéma, une manœuvre qui n’aura aucune influence sur la détermination pacifique des antinucléaires», a déclaré Stéphane Lhomme, porte-parole du réseau «Sortir du nucléaire». «Il n’y aura pas d’incident à Colmar, a-t-il assuré, les autorités françaises savent que nos manifestations sont pacifiques.»

Leur presse (Adrien Dentz, L’Alsace), 17 septembre 2009.

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