Poulet grillé à la chilienne

Publié le par la Rédaction

Santiago du Chili :
Affrontements aux abords de l’université


Aux alentours de 13h30, une cinquantaine d’encagoulés ont cerné les abords de la UAHC (Universidad Academia de Humanismo Cristiano) et ont barré la route en dressant des barricades.

Tout se déroulait comme il se doit, jusqu’à ce qu’un agent de la PDI (Policia de Investigaciones) veuille jouer au héros en tentant d’arrêter un camarade. Voyant cela les manifestants ont libéré le camarade et frappé l’agent. Alors que l’agent était frappé et notre camarade libéré, d’autres agents accoururent pour défendre leur collègue qui était alors au sol et tirait sur les manifestants qui heureusement ne furent pas blessés, sauf ceux qui furent touchés par des balles en caoutchouc. C’est à ce moment-là que débuta l’attaque de la garnison du PDI, à coups de dizaines de Molotovs, de pierres et de bombes de peinture. La garnison avait commencé à brûler avant que les agents ne viennent éteindre le feu.
















L’agent agressé fut transporté à l’hôpital de la police où furent constatées de nombreuses lésions et la perte de trois dents après qu’il ait reçu une pierre dans le visage (haha). D’autres agents ont également été touchés par des pierres et par de la peinture. Sur place, la police trouva des banderoles qui portaient des inscriptions liées au trente-sixième anniversaire du coup d’État et des messages de solidarité avec Jaime Mendoza Collio et avec le camarade Mauricio Morales. Les abords de la garnison furent cernés par la police qui, armée de mitraillettes, de gaz lacrymogènes et de camions équipés de lance-eau, essayait de contenir les encagoulés. Des agents du GOPE (Grupo de Operaciones de Policia Especiales), avec l’accord du recteur de l’UAHC, située en face de la garnison, sont ensuite entrés dans l’université pour tenter d’arrêter les auteurs de l’attaque et de trouver du matériel incendiaire : sans succès.

Plusieurs heures après l’attaque, alors que la police n’avait réussi à arrêter personne, les expertises continuaient dans la garnison.

Traduit de Liberación total, 9 septembre 2009.



Anniversaire du coup d’État au Chili :
Des affrontements font un mort


Des affrontements ont opposé vendredi à Santiago des manifestants à des policiers à l’occasion de l’anniversaire du coup d’État militaire qui avait renversé le président élu Salvador Allende en 1973. Selon la télévision publique chilienne, ces incidents ont fait un mort.


Plusieurs centaines de manifestants, se cachant le visage, ont bloqué des rues dans la banlieue de Santiago. Quelque 3000 policiers ont essayé de contrôler les jeunes émeutiers.


D’après la télévision publique, un jeune de 23 ans, Alexis Rojas Garcia, est mort après avoir été atteint d’une balle dans la tête. On ignorait dans l’immédiat qui était l’auteur de ces tirs. Quatre policiers auraient aussi été blessés.


L’anniversaire du coup d’État de 1973, qui avait vu l’arrivée au pouvoir d’Augusto Pinochet, est souvent accompagné de violences au Chili.

Parallèlement, la présidente de centre-gauche Michelle Bachelet a participé à une cérémonie au palais du gouvernement à Santiago, et elle a qualifié Allende et ses alliés morts dans le coup d’État de «martyrs de la démocratie».

Leur presse (La Presse Canadienne), ‎12 septembre.


Chili : Un récit des affrontements autour du 11 septembre

À l’approche d’un nouvel anniversaire du 11 septembre diverses actions ont été menées : des barricades nocturnes au milieu des routes, des affrontements opposant la police à des encagoulés dans des universités et des quartiers populaires, des engins explosifs (à retardement et à déclenchement contrôlé), des camions brûlés en territoire mapuche, des commissariats et des véhicules de police attaqués, de nombreuses alertes à la bombe dans plusieurs villes. La police avait annoncé le renforcement des mesures destinées à éviter les troubles, ce qui n’a pas empêché que le contrôle de la nuit du 11 septembre lui échappe. La police s’est vue dépassée sur l’ensemble du territoire : pillages, incendies, policiers blessés, barricades, tirs, et une longue nuit d’affrontements…

Les jours précédant le 11, pendant la nuit…

La préparation du 11 commença avec les «sorties universitaires», avec des affrontements entre encagoulés et forces de l’ordre à Santiago (USACH, UAHC, UMCE et Université du Chili), Valparaiso (UPLA et UV) et Concepción (UFRO et UDEC).

À l’UMCE une étudiante a été blessée à la tête par la police ; à l’UAHC les affrontements opposèrent la PDI à des encagoulés et débouchèrent sur un agent sérieusement blessé envoyé à l’hôpital et sur le placement en préventive de deux camarades accusés de tentative d’homicide.

À Concepción, aux abords de l’Université de la Frontière, à la suite d’affrontements entre forces spéciales de la police et encagoulés, un étudiant a été arrêté et accusé d’avoir lancé des cocktails Molotov — ce qu’il nie — et placé en préventive. Du fait de ces affrontements aux abords des universités, les facultés concernées ont décidé de suspendre les cours jusqu’à nouvel ordre.

La nuit du 4, aux alentours de 21 heures, commencèrent les affrontements entre forces spéciales et environ 200 personnes, dans le quartier Hermida de la Victoria, à Cerro Navia. Les manifestants installèrent des barricades pour bloquer la rue et lancèrent des Molotovs et des bombes assourdissantes sur la police.

Le même soir, dans le secteur de La Pincoya, à Huechuraba, une centaine de personnes bloquait la route avec des barricades, et un bus du réseau Transantiago qui passait à proximité fut détruit à coups de pierres.

Le mercredi 9, à 6 heures du matin, des encagoulés dressèrent des barricades enflammées à l’entrée de Valparaiso. Le même jour à 23h45, des encagoulés coupèrent la route 68 à Valparaiso avec des barricades.

Le jeudi 10, des encagoulés bloquèrent l’accès à Concepción avec des barricades sur l’autoroute General Bonilla.

Le jeudi 10, aux abords de l’école Valentin Letelier dans la commune de Recoleta, 40 encagoulés bloquèrent la route avec des barricades, et lancèrent des pierres et de la peinture sur des patrouilles de police, ainsi que des tracts à propos d’un nouveau 11 septembre et en mémoire des camarades Claudia López et Jhonny Cariqueo. Sept jeunes furent arrêtés à proximité des lieux.

La nuit du 10, près d’une centaine de personnes attaquèrent le 14e commissariat de San Bernardo, et furent dispersés par la police à coups de lacrymogènes et de balles en caoutchouc.

Le mercredi 9, aux environs de 21h30 une explosion secoua le réfectoire des sous-officiers de la police de Santiago. Le communiqué appelait à sortir dans les rues et à attaquer les flics par tous les moyens possibles.

Le vendredi 11, le groupe d’intervention spécial (GOPE) de la police désamorça deux engins explosifs à la station de train Villa Alemana. Les bombes avaient été déposées dans une poubelle à côté d’un distributeur automatique.

Le vendredi 11, deux engins explosifs vinrent troubler la tranquillité de Concepción. La première explosa sur la voie ferrée conduisant de Concepción à Talcahuano, au niveau de Lorenzo Arenas, au moment où passait un train chargé de soude caustique et de chlorhydrate de sodium. La police affirma que l’objectif était de faire dérailler le convoi, sans succès. L’explosion a causé des dommages matériels estimés à 2 millions de pesos en détruisant la boîte de vitesses de l’entreprise Transap. L’engin explosif était composé d’un extincteur rempli de poudre, activé par une mèche à combustion lente. Le deuxième engin explosif, similaire au premier, fut retrouvé à Coronel, sans que l’explosion n’ait réussi à se produire.

Le vendredi 11, à Valparaiso, des hommes des forces spéciales de la police désamorcèrent un engin explosif trouvé aux abords de l’université.

Le vendredi 11, une bombe assourdissante explosa devant le domicile de Iván Isla, procureur général du ministère public de la commune de Curacautín, dans la région de l’Araucanía. Le procureur et son domicile sont désormais sous protection policière.

À Valparaiso et à Santiago de nombreuses alertes à la bombe donnèrent du travail aux forces spéciales qui durent évacuer des écoles, des universités, des entreprises.

La nuit du 11…

La nuit tombée nombreux furent les endroits qui s’illuminèrent du feu des barricades : panneaux de signalisation, mobilier urbain et décombres… tout était bon pour alimenter le feu et empêcher qu’il ne s’éteigne. Les établissements à piller et/ou à détruire furent ceux de toujours : magasins, supermarchés, écoles, banques, etc. Tandis que les objectifs à attaquer à coups de pierres, bâtons et balles furent les commissariats et les policiers. Près de quinze communes de Santiago et de nombreuses autres dans tout le pays se retrouvèrent sans courant, grâce au sabotage des postes électriques.

À Santiago, les communes de Pedro Aguirre Cerda, Lo Espejo, La Cisterna, El Bosque, La Pintana, La Florida, La Granja, Puente Alto, Conchalí, Quilicura, Recoleta, Macul, Huechuraba, Ñuñoa, Lo Espejo, Cerrillos, Pudahuel, San Ramón, Peñalolen, San Miguel, San Bernardo, Renca, Quinta Normal, Cerro Navia, Lo Prado, Maipu et Estación Central, diverses actions furent menées, des barricades jusqu’à des attaques contre la police et des pillages.

À Macul des inconnus pillèrent et détruisirent une station service de l’entreprise Terpel. Dans la même commune des manifestants tentèrent de voler un distributeur automatique qu’ils finirent par abandonner dans la rue.

À Renca, un terminal de bus du réseau Transantiago fut attaqué, et plus d’une douzaine de bus endommagés.

À San Bernardo, des manifestants attaquèrent le 14e commissariat, avec des pierres et des bâtons, et affrontèrent longuement la police.

À La Pintana des manifestants attaquèrent un commissariat et s’affrontèrent à la police avec des pierres, des bâtons et des armes à feu. Les affrontements durèrent jusqu’au petit matin.

À La Florida le rez-de-chaussée de l’école Sempier Altius fut pillé et incendié. Dans la même commune, un lycée fut également pillé.

À La Granja, l’école Mahuidanche ainsi qu’une autre fut pillée et détruite.

À Conchali, des manifestants tentèrent de piller un supermarché Unimarc, placé sous la surveillance de quatre policiers qui furent attaqués.

À La Granja un supermarché de la chaîne A Cuenta fut pillé. Un supermarché Alvi à San Bernardo, une boulangerie à Cerro Navia et une pharmacie à Maipu furent mis à sac.

Dans le quartier La Victoria des affrontements eurent lieu entre police et manifestants. Des pierres, des Molotovs et des tirs furent dirigés contre la police. Au même endroit des voitures furent incendiées et des encagoulés tentèrent de mettre le feu au siège du parti communiste.

Dans le quartier Villa Francia, commune de Estación central, des encagoulés affrontèrent la police avec des Molotovs et des armes à feu. Les affrontements durèrent jusqu’au petit matin.

À Talcahuano, région du Bio-Bio, aux environs de 4 heures, alors que le sergent de police Luis Barrientos rentrait chez lui sa voiture fut interceptée par deux individus. Les inconnus le menacèrent et lui volèrent des objets et de l’argent. Ils s’emparèrent ensuite du véhicule qu’ils brûlèrent dans un terrain vague : la voiture fut complètement détruite.

Dans la région de l’Araucania, un groupe d’encagoulés pénétra dans le domaine agricole Brasil pour y mener une attaque incendiaire. La maison des propriétaires, un hangar, et deux tracteurs furent sérieusement endommagés. Le domaine appartient à l’agricultrice Elsa Fernandez et est réclamé depuis des années par des communautés indigènes.

Au terme des manifestations, on dénombre trois jeunes morts dans des circonstances confuses, dans diverses communes. Selon les familles des victimes et de la presse, ces morts n’ont qu’un rapport indirect aux manifestations, tandis que certains pensent que la police a une part de responsabilité.

On compte 206 personnes arrêtées sur tout le territoire, la plupart pour vol et pour troubles sur la voie publique.

19 agents de police ont été blessés, parmi lesquels :
Le commandant Carlos Abarza Chávez du 43e commissariat de Peñalolen, brûlé à l’acide sur le côté gauche du cou, sur son bras et sa cuisse gauches. Cela eut lieu au croisement de l’avenue El Valle et de la rue Américo Vespucio.
Le capitaine Luis Alvarado Barrientos du 36e commissariat de La Florida, blessé par un tir de plomb entre le cou et l’oreille dont les auteurs sont inconnus. Cela eut lieu au croisement de la rue Punta Arenas et de la rue Américo Vespucio.
Le sous-lieutenant Nicolas Sepúlveda González du 16e commissariat de La Reina, blessé par des plombs reçus sur l’avenue Carrascal, commune de Cerro Navia.
Le sergent Amedes Lorca Fuentes du 16e commissariat de La Reina, blessé par des plombs reçus sur l’avenue Carrascal, commune de Cerro Navia.
Le caporal Pedro Huili Huala du 41e commissariat de La Pintana a été touché au visage par une pierre et a perdu plusieurs dents (tout comme le flic de la PDI rue Condell), dans le quartier El Castillo.
L’agent de police Sebastian Pino Bustos du 25e commissariat de Maipu reçut une pierre sur la tête, au croisement de la rue Nicaragua et de la rue Mirador, commune de Cerrillos.
L’agent de police Juan Fuentes du 36e commissariat de La Florida, a subi une fracture de l’épaule suite à une attaque de manifestants.
L’agent de police Manuel Gomez Lopez du sous-commissariat Pablo Silva Pizarro, a reçu un projectile sur la tête.


Traduit de Liberación total, 12 septembre.

Publié dans Agitation

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