Procès d'Arezki Kerfali victime deux fois : battu par la police et accusé d'outrage

Publié le par la Rédaction


Ali Ziri, 69 ans, est mort le 11 juin 2009 suite à une interpellation par la police nationale d’Argenteuil. Son ami, Arezki Kerfali, 61 ans et invalide à 60%, s’en est sorti avec une fracture au poignet et des hématomes sur tout le corps.

Dans un premier temps, après une enquête bâclée menée entre autres par le commissariat de police lui-même, l’affaire a été juridiquement classée. Il aura fallu toute la détermination de leurs familles respectives ainsi que de leur avocat et du collectif «Justice et vérité pour Ali Ziri» avec la manifestation du 24 juin, pour que la vérité commence à éclater. La contre-expertise médicale a montré qu’Ali Ziri, menotté, a reçu plusieurs coups de la police. Il a été constaté 27 hématomes s’étendant jusqu’à 17 centimètres sur son corps et sa mort par anoxie (absence d’oxygène) en lien avec une asphyxie pulmonaire de type mécanique.

Plus aucun doute : Ali Ziri a été tué, et les trois policiers au moins impliqués dans sa mort sont toujours en fonction au commissariat d’Argenteuil.

Mais le degré d’impunité est tel que c’est Monsieur Kerfali Arezki qui se retrouve sur le banc des accusés. Il doit comparaître au tribunal de Pontoise le 17 septembre, alors même que c’est lui qui a eu un arrêt de travail de 8 jours, une fracture du poignet, des bleus sur tout le corps dont les photos prises au sortir de sa garde à vue témoignent. Depuis ce jour Monsieur Kerfali consulte un psychologue deux fois par semaine.

Accusé d’outrage à agent alors même qu’il n’a fait que dire tout comme Monsieur Ziri avant qu’il ne décède : «Je vais porter plainte». L’outrage, c’est la dernière parade juridique des policiers pour justifier leurs méthodes.


Toutes ces violences ne sont pas de simples bavures qui s’accumulent, elles sont le résultat de tout un système de répression, pensé et structuré qui s’attaque aux plus pauvres quel que soit leur âge, et tout particulièrement lorsqu’ils sont arabes ou noirs.

Face à ces violences policières, mettons un coup d’arrêt. Face à l’impunité, exigeons la justice.

Le courage, ce n’est pas tant de contenir la colère que de faire exploser la vérité.

Notre colère elle ne pourra s’apaiser que dans la justice.

Nous exigeons la suspension ainsi que la mise en examen des policiers impliqués, et l’annulation des poursuites contre Monsieur Arezki Kerfali.

Nous vous appelons à nous retrouver
le jeudi 17 septembre à 8h45
au tribunal de Grande Instance de Pontoise
au 3 rue Victor-Hugo.

Les membres du collectif (premiers signataires) : ATMF, SDAE, AMABVO, CIVIC , MIR, AC lefeu, MQJS, MIB, GISTI, FSQP, Les Résidents du Foyer les Remparts, Europalestine, RESOCI, AL 95, NPA, PCF, PG, PCOF, LO, Les Verts, Être de Gauche, UL CGT, Les proches et amis du défunt Ali Ziri et d’Arezki Kerfali…

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