Interview du "Jura libertaire" dans le "Zombie libéré"

Publié le par la Rédaction

Sous les projos du Zomb

Depuis 2006 le web s’est vu entaché d’un site bien Noir, libertaire même, et par-dessus tout, jurassien !

Au quotidien «Le Jura Libertaire» entre en matière sur tous les points chauds et les actions de différents mouvements et courants anars-libertaires.

On trouve de nombreux sujets sur la France puisque Le JL est francophone et subit le joug du Coq, et où aussi, la situation politico-socialo-bordélique ne peut que donner envie de réagir et dénoncer les méfaits s’y déroulant. Mais Le JL c’est aussi : la présence d’importants sujets de fond commentés, imagés (photos et vidéos) et truffés de références, de liens et de sous-dossiers très fournis eux aussi. Zombie voulait dans cette page mieux connaître et faire connaître à ses lecteurs/lecteuses le journal-web Le Jura Libertaire.

Voici quelques questions posées indiscrètement par courriels interposés au Le JL. Encore merci à lui pour avoir apporté ses réponses.


Le Zombie : «Le Jura Libertaire» tient autant à informer de manière autonome et régulière que soutenir les actions et engagement de nombreuses entités libertaires. L’autonomie obligée d’un médiA semble donc viable au jour le jour, année après année, il y a une recette ?

Le Jura Libertaire : D’abord il faut du temps, et à partir de là il n’y a qu’à fournir le travail ! C’est en animant le blog chaque jour, en le maintenant toujours vivant, que s’ouvrent ses possibilités d’évolution : les liens se nouent, les contributions se présentent, les informations arrivent d’elles-mêmes.

Le Z : La tenue d’un journal comme Le JL entraîne des contre-réactions et/ou des pressions, non ? Si oui, y a-t-il des exemples à présenter pour mieux situer ?

Le JL : La majorité des retours que nous avons sont constructifs. Pour le reste, cela va des courriels réacs (nous reprochant les «millions de morts du communisme») à des requêtes de journalistes revendiquant leur propriété intellectuelle (ce qui n’est autre que de la censure, comme ce fut le cas lors du camp No Border à Calais, quand le JL s’était fait l’écho de la campagne de presse de la Voix du Nord & Co, sous le titre «La répression qui vient») en passant, récemment, par une «attaque» de stals (maoïstes) assimilant les anarchistes au fascisme… Enfin, sur le terrain, il arrive qu’on remarque l’ombre de la surveillance policière, et de sa répression.

Le Z : Pour Le JL que peut-on espérer dans la crise actuelle de l’Empire $, va-t-elle apporter juste un lot d’injustices supplémentaires, ou peut-elle réunir «les gauches» vers une action «commune», rapide et… valable ? Dans ce cas, quelle place peuvent avoir les anars et les libertaires ?

Le JL : La «crise» du système révèle aussi celle de son «opposition» officielle : dans la guerre sociale présente, il n’y a rien à attendre que de nous-mêmes, de nos actions propres, ainsi que de celles de toutes les forces autonomes qui combattent pour les libertés de tou-te-s, avec ou sans l’étiquette «anarchiste».

Le Z : Le titre du journal : Le Jura Libertaire n’a pas seulement des raisons géographiques… cette image historique de l’Anarchi(sm)e en terres jurassiennes est-elle encore bien ancrée dans la région en ce début de XXIe siècle ?

Le JL : Le territoire jurassien est vaste, puisqu’il s’agit à la fois d’un arc montagneux et de circonscriptions administratives en France et en Suisse. Outre le clin d’œil à l’anarchisme organisé vers le dernier tiers du XIXe siècle au sein de la Fédération jurassienne, qui traduit la nécessité de connaître notre histoire, le titre revendique évidemment une ouverture à quiconque agit en libertaire dans le Jura… et dans le Jura comme ailleurs : nous sommes internationalistes !

Le Z : Quel(s) exemple(s) récent(s) de mise en pratique des préceptes anars (action, mouvement, collectivisme), sur le plan mondial et/ou local, a le plus marqué Le JL ?

Le JL : Pour notre part, nous parlerions plus volontiers d’«esprit libertaire» que de «préceptes anars». Le feu de l’émeute, que la France a connu en novembre 2005, a l’hiver dernier gagné la Grèce, et ce pour les mêmes raisons : on se lève et on s’encagoule pour affronter la police qui assassine, et l’ensemble de la société aliénée qu’elle défend. En France, le spectacle de la répression des «neuf de Tarnac», et son fiasco, signent le retour de la théorie critique, et des communautés qui la portent. Mais le plus marquant pour nous est sans doute autre : ce sont les visages rencontrés et retrouvés, les paroles échangées et les gestes de fraternité partagés.

Le Z : Il n’y a pas de problèmes, que des solutions, dit le beau mot. — Utopie ! Comme l’est l’Anarchie pour le citoyen lambda ?! … Ou bien ? (comme disent les Chuisses) ?

Le JL : C’est une des fonctions du blog que de «démocratiser» l’Anarchie. Mais c’est à chacun, par ses propres pratiques individuelles et collectives, qu’il revient de concrétiser et de faire vivre ces idées à son niveau, ici et maintenant.

Le Z : Qu’est-ce qui pourrait faire arrêter Le Jura Libertaire ?

Le JL : Toutes les raisons peuvent être bonnes, à condition qu’elles viennent du Jura Libertaire lui-même, et pas de l’extérieur.

Le Z : Sans aucun doute Le Jura Libertaire est un média indépendant, autonome et très actif, longue vie à lui !

Le Zombie libéré no 78, septembre 2009.

Publié dans Presse

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