Deux communiqués CNT sur les événements de Montreuil

Publié le par la Rédaction


Ce qui est arrivé à Montreuil le 8 juillet n’est malheureusement que la suite logique du système que nous dénonçons et combattons depuis longtemps.

«La police a fauté» nous dit-on… NON, c
est le rôle que l’État dans lequel nous vivons leur donne !

«Les policiers seront punis pour cela» nous dit-on… NON, encore une fois nous n
attendons rien de cette justice bourgeoisie qui est là uniquement pour conforter le pouvoir en place !

«Il ne faut quand même pas tout mélanger ; la police n
est que le bras armé des gouvernements» nous bassinent certains… CERTES, mais chacun est responsable de ses choix et de ses actes ! Et la lutte contre l’État capitaliste passera forcément en premier lieu par la lutte contre la police.

L
arsenal policier que nous connaissons à Montreuil existe depuis des années et nest évidemment pas limité à cette ville. Très souvent lorsque des actions de solidarité sont menées la BAC et le commissariat de Montreuil se lâchent sur ceux qui luttent : lévacuation de squats, lexpulsion du Gazomètre puis de la maison Lounès-Matoub place de la République, lexpulsion par une milice privée escortée par la police du lieu autogérée DALAS, la répression subie par des manifestants devant le commissariat en juin 2008 suite à larrestation dun sans-papier, les rafles dans le métro, les rafles près des foyers de travailleurs immigrés ou près de leur lieu de travail, les violences contre les habitants des cités montreuilloises qui se sont encore une fois exprimées après la manifestation du lundi 13 juillet et qui resteront impunies…

À chaque fois la violence était là, à chaque fois elle a laissé des traces sur les personnes présentes.

Pourquoi veut-on nous faire taire et nous empêcher de mener notre solidarité au grand jour ? On le sait tous ! Car l
’État a peur de nous, ou plutôt peur de nos idées, de notre solidarité, peur quun jour un autre système remplace leur empire et leur morale…

Pourtant le projet que nous portons est bien plus humain que le leur. Celui de la Clinique est intéressant et riche et continuera à l
être même sils sont en exil : en proposant des projections, expos, concerts, discussions, un autre mode de logement, des réflexions sur la gestion de la ville et finalement la concrétisation dun mode de pensée, la Clinique faisait partie de ces lieux dorganisation politique mettant en avant une autre façon de vivre et consommer.

Nous continuerons à agir dans cette ville et ailleurs auprès des sans papierEs, des mal logéEes, des exploitéEs, etc. et continuerons à vivre selon nos idées.

Solidarité avec notre camarade blessé
lors de l’action de la Clinique en exil le 8 juillet !

À bas l’État capitaliste et tout ce qui l’entoure !
La rue est à nous et nous la garderons !



Après les violences policières de Montreuil

Le 8 juillet au matin, à Montreuil (93), de nombreuses forces de police dont des éléments du RAID évacuent le squat «La Clinique». Le 8 au soir, alors qu’aucune altercation n’oppose passants et policiers, des tirs de «flashball» blessent cinq personnes dont une très gravement, Joachim Gatti, touché au visage, l’œil éclaté. Le 13 juillet, toujours à Montreuil, réprimant une manifestation de protestation contre les agressions policières du 8, nouveaux tirs de «flashball», nouveaux blessés, douze interpellations.

La police travaille… l’AFP également qui, prenant semble-t-il ses informations directement auprès de la préfecture, parle d’un affrontement avec des policiers qui n’auraient fait que riposter et reprofile la victime en cible plus normale d’un tir tendu de «flashball» à 5 mètres.

La police travaille… Alors, missions de sécurité publique ou poursuite de l’entreprise d’intimidation généralisée qui accompagne la politique de régression sociale d’une ampleur inouïe que mènent l’État et le patronat ?

La situation est grave : manifestants agressés, syndicalistes poursuivis en justice, militants fichés, lycéens intimidés, gamins gardés à vue, banlieusards parqués et fliqués, étrangers emprisonnés et expulsés, salariés surexploités, chômage massif, casse de l’école, de l’université, de l’hôpital, organes de presse aux ordres, culture marchandisée… Les patrons (et le gouvernement qui légitime leur avidité) ont bien besoin d’une police à la gâchette facile pour faire primer leurs intérêts, de même qu’ils ont bien besoin de gros bétonneurs pour construire toujours plus de prisons et y cloîtrer tout ce qui relève la tête. Sans cette police les rues pourraient bien se remplir pour ne se vider qu’au départ de toute cette clique pseudo-démocrate. Sans cette police ou malgré cette police ?

Le syndicat interco CNT de Marseille assure Joachim Gatti et tous ses compagnons de lutte de sa totale solidarité ; il condamne l’extrême violence de la police qui tend à devenir l’ordinaire de ses interventions ; il dénonce cette militarisation de la société, cette chasse à l’ennemi intérieur, qui tue, mutile, au profit de quelques-uns et tente de museler l’ensemble de la population.

Commenter cet article