Appel pour un camp No Border à Lesbos en Grèce du 25 au 31 août

Publié le par la Rédaction

La répression n’a pas sa place sur notre bateau…

Pour des milliers de réfugiés et d’immigrés, Lesbos représente une des principales portes d’accès à l’Europe. Entassés dans des bateaux pneumatiques, ils essayent de franchir la frontière maritime turco-grecque. Certains n’y parviendront jamais. Au moins 1100 réfugiés et immigrés ont, ces vingt dernières années, perdu la vie dans la mer Égée.

Les moyens employés par la police portuaire grecque pour empêcher l’arrivée des réfugiés vont à l’encontre de leurs droits et mettent leurs vies en danger. Leurs opérations sont soutenues par FRONTEX. C’est à Lesbos, en juillet 2008, qu’est intervenu le premier bateau envoyé dans le cadre de FRONTEX. Récemment, des officiers de FRONTEX ont procédé à des interrogatoires/auditions de réfugiés et immigrés retenus dans la prison de Pagani à Lesbos.


À Pagani, située à 2 km de Mitilini capitale de l’île, se trouve le camp «d’accueil» où sont amenés tous les réfugiés et migrants, sitôt arrivés à Lesbos. Là, ils sont enfermés durant des semaines, voire des mois entiers. Dans cette prison, les droits de la personne sont foulés aux pieds. Le bâtiment, qui n’a pas été conçu pour le séjour des personnes, manque du plus strict nécessaire. Ils n’y sont pas autorisés à communiquer avec le monde extérieur, ni à s’informer sur leurs droits. Ils n’ont même pas le droit à la promenade.

Une fois enregistrés dans le système EURODAC, ils sont libérés, munis d’un avis d’expulsion avec l’ordre de quitter le pays dans un délai d’un mois. Certains d’entre eux déposent une demande d’asile, se perdent dans le dédale des procédures bureaucratiques, livrés à la violence d’État (deux morts dans les locaux du service des étrangers d’Athènes, ces derniers mois), pour qu’au final seulement 0,6% des demandes soient acceptées.


Ceux qui essayent de poursuiv
re leur voyage vers le reste de l’Europe, la plupart via l’Italie, s’entassent dans les ports de l’ouest de la Grèce, comme celui de Patras. Ici, la répression exercée par la police portuaire est aussi fréquente que la mort, au cours du voyage, de réfugiés cachés dans les camions semi-remorques. Ceux qui parviendront à progresser dans leur périple, seront plus tard, grâce à la Convention Dublin II, reconduits en Grèce.

Des accords de Schengen à ceux de Dublin, du «Pacte sur l’immigration» de l’UE à la «directive de la honte», de FRONTEX à l’OIM, depuis les camps d’enfermement, expulsions et méthodes de refoulement aux frontières jusqu’aux pressions exercées dans les métropoles, l’Europe montre qu’elle considère le phénomène de migration comme un problème qu’il faut régler par le contrôle des frontières et la répression.


Nous vous invitons à venir à Lesbos du 25 au 31 août 2009, là où le système de contrôle des frontières européennes est flagrant, pour que nous échangions nos expériences dans le domaine des lignes de frontières, pour discuter, se coordonner et lutter ensemble :

Contre la politique néo-libérale et l’immigration forcée,
Contre le régime des frontières, la répression et les expulsions,
Contre les contrôles et la criminalisation de l’immigration,
Contre les centres de rétention et les mauvais traitements infligés aux réfugiés et immigrés,
Contre l’exploitation des migrants,
À bas les frontières !
Personne n’est illégal !
Pour des centres et des lieux d’accueil ouverts !
Les mêmes droits pour tous !

Contact
Nomade no 3, 26 juin 2009
Quotidien du camp No Border de Calais.

Commenter cet article