Les loisirs de la police

Publié le par la Rédaction

Des CRS poursuivis pour l’agression de quatre jeunes
à la discothèque de Wormhout


Dans la nuit de samedi à dimanche, six CRS en civil auraient agressé quatre jeunes à la sortie de la discothèque de Wormhout, dans les Flandres. Un témoin raconte comment, à lintérieur de létablissement, la soirée avait dégénéré.

«Une épave» : c
est ainsi quun témoin décrit ce quil restait sur le parking de la discothèque de la voiture des victimes qui auraient été agressées par des CRS. «Le véhicule est hors dusage», confirme, pudique, le parquet.

Le témoin, qui souhaite rester anonyme, est un ami des quatre jeunes âgés d
une vingtaine dannées. Il affirme avoir assisté à la scène : «Les CRS ont tendu une embuscade à mes potes.» Tout aurait commencé à lintérieur du Kreul Hoek, établissement plutôt tranquille dans la campagne dunkerquoise. «Les CRS foutaient le bordel dans la boîte», affirme le témoin. Les recrues des Compagnies républicaines de sécurité (CRS) étaient ce soir-là en civil, mais les jeunes des environs les connaissent de vue : appelées en renfort lété sur la côte pour la surveillance des plages et des autoroutes, elles sont hébergées dans un motel, à Socx, à 10 km de Wormhout.

«Passés à tabac»

«Je n
ai pas bien compris ce quil se passait, mais jai vu que mes potes avaient des embrouilles avec les CRS», explique le témoin. Le parquet de Dunkerque confirme : «Huit CRS et quatre jeunes se sont invectivés à lintérieur de la discothèque dans des circonstances qui demeurent confuses.» Six des huit CRS auraient ensuite quitté la boîte pour aller chercher matraques et bombes lacrymogènes sur le lieu de leur cantonnement. De retour au Kreul Hoek, ils auraient guetté la sortie de leurs victimes. Selon notre témoin, vers 4 heures, les CRS auraient brisé la vitre de leur voiture, avant de les asperger de gaz lacrymogène et de les «passer à tabac» : «Mon pote était défiguré !» Le parquet atteste : «Trois jeunes ont été blessés. Lun deux a également reçu un coup de tonfa.» Les quatre victimes ont porté plainte. Interpellés lundi matin par les gendarmes, les six CRS ont reconnu les faits, commis selon eux sous lemprise de lalcool. Originaires de Dijon, ils comparaîtront le 4 septembre devant le tribunal correctionnel de Dunkerque, pour violences en réunion, avec armes et préméditation, et dégradations en réunion. Des délits passibles au maximum de sept ans de prison.

Leur presse (Claire Lefebvre, La Voix du Nord), 16 juillet 2009.

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