Pourquoi t'aimes pas la publicité ?

Publié le par la Rédaction


«Les gens se promènent dans la rue où la publicité distille constamment son venin, faisant naître des rêves et des illusions, des envies de consommer impossibles à satisfaire.»
F. Castro.

Depuis quelques semaines voire plusieurs mois, la presse locale bourgeoise sert de relais de propagande afin de fustiger les «casseurs» de sucettes publicitaires du géant mondial, à savoir J.-C. Decaux, multinationale avec laquelle la mairie de Poitiers a un contrat pour plusieurs années.

De toute manière, il ne faut pas être dupe face à cette presse toujours plus à la solde des pontes dégraisseurs de la presse (en effet, elle ne va pas tarder à licencier prochainement dans la région). Elle n’est que la tribune des instances des pouvoirs au niveau local, à savoir le pouvoir «socialiste» et ses ramifications du «milieu associatif» et citoyennistes.

Bref, il n’y a pas encore eu de voix discordantes au sein de la presse, des organisations politiques, associations poitevines.

Et puis, ces actes de vandalisme ne peuvent être le fait que de nihilistes, révoltéEs, d’anarchistes voire de fantomatiques anarcho-autonomes (vous savez, la fameuse MAAP, Mouvance anarcho-autonome poitevine agissant dans l’ombre du NPA et de la CNT…) bien entendu…

Puis il y a l’argument terrible du paiement des pots cassés, qui toujours entre en ligne de compte dans une société de prélèvements et de relations marchandes : contribuable poitevin, sache que tu ne paieras point, que cela soit écrit et s’accomplisse… Combien fut pitoyable de voir le vice-président de la CAP pleurer faussement les dégâts commis devant les caméras de France 3 ; à vrai dire, c’est son rôle défini au sein du spectacle, de le faire !

La publicité est à détruire…

Elle est le premier pilier de la société de consommation (sans parler des rapports de classes, de domination, d’exploitation dans la société capitaliste). C’est un instrument de propagande au service des multinationales, des dominants, par conséquent du profit, du lucre. Chaque année, près de 500 milliards d’euros sont dépensés par les entreprises pour nous obliger à consommer.

La publicité use des dernières techniques en la matière, recourant en particulier à des «neuro-économistes» (psychologues, neurologues, radiologues, informaticiens et spécialistes du marketing… [cf. M. Bénilde, On achète bien les cerveaux – la publicité et les médias] pour artificialiser nos envies, nos désirs. Elle prétend être le reflet de ce à quoi l’on aspire, de ce que l’on veut réellement posséder ; or, nous pensons qu’elle n’est que le reflet de la société de classes, de domination de la bourgeoisie marchande et de la marchandise elle-même. Elle vient se cristalliser matériellement dans ces «sucettes» pour être ce faux réceptacle de nos «passions» consommatrices, le poison distillé dans nos subconscients (qui fait qu’on se souvient d’une pub débile quand on était gosse), en plus de défigurer nos rues, nos quartiers, nos immeubles ou maisons, et ce de manière systématique. Elle nous méprise, nous aliène, laisse des cicatrices dans nos cerveaux. Elle fait partie de ce spectacle autoritaire que nul ne souhaite réellement mais que tout le monde subit. Les Poitevins subissent la loi de J.-C. Decaux depuis les années 50 : oui, Poitiers est une des premières villes où J.-C. Decaux s’est installé.

L’astuce des marchands est de considérer les panneaux publicitaires, sucettes et autres, comme des «mobiliers urbains», et de les intégrer ainsi à l’espace de la ville, comme faisant partie de ses «meubles» au même titre qu’un arbre (encore que la mairie ait plus de considération pour un panneau que pour un arbre).

On n’est pas violent avec la matière [du mobilier urbain]

La casse, le bris, la destruction (appelez cela comme vous voulez) est un des moyens de résistance à cette oppression. Abribus, panneaux, sucettes (et bien sûr vos télévisions…) sont et seront les cibles privilégiées de passions destructrices et luddites. C’est un premier pas vers la désurbanisation des nouvelles configurations spatio-temporelles [de la lutte des classes] engendrée par la gentrification des quartiers populaires.

Des publiphobes pictons…
Front de libération de l’espace public
Collectif pour voir plus clair dans nos rues
Gais, lesbiennes, bis, trans, hétéros qui chient sur la pubs
La Mère peinarde no 1, juin 2009.


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