Manif à Montreuil contre les violences policières

Publié le par la Rédaction

Premières infos sur la manif

500 personnes étaient là, derrnière les banderoles, au bout d’une heure nous avons été chargés par l’arrière par la police de Montreuil au niveau de la Croix de Chavaux.

Onze personnes ont été arrêtées lors de la charge, nous avons ensuite contre-chargé, repoussé les flics et des acrochages ont eu lieu dans toute la ville.

L’intention de la police, de l’État est claire : nous briser, mater toute contestation par la répression.

Nous ne nous laisserons pas faire, nous occuperons la rue, nous organiserons pour nous protéger. Chaque coup sera rendu.


La Clinique, 14 juillet 2009.



À Montreuil de nouveau la police frappe,
la police mate


Ce 13 juillet, une manifestation a réuni 600 personnes dans les rues de Montreuil (93) contre l’action de la police qui a occasionné de graves blessures par des tirs tendus de flashball mercredi, dont la perte d’un œil pour l’un des blessés. Ces tirs avaient eu lieu lors d’une déambulation en soutien à la Clinique, lieu occupé depuis janvier 2009 et expulsée le matin même.

La manifestation, qui a débuté par un rassemblement et des prises de parole, regroupait une foule hétérogène : habitants de Montreuil, squatteurs, élus, chômeurs, parents d’élèves, résidents des foyers, enfants, intermittents, lycéens, étudiants, syndicalistes… Au vu de la violence extrême de la récente intervention policière, certains manifestants étaient casqués afin d’assurer la sécurité du cortège.



Alors que la manifestation, qui tentait d’éviter les confrontations avec les escadrons de policiers stationnés un peu partout dans le centre-ville de Montreuil, passait devant la place du marché — à proximité même de lendroit des tirs de mercredi dernier — des fonctionnaires des BAC (Brigade anti-criminalité), postés sous le marché couvert, ont chargé les manifestants en les matraquant à la tête. Rapidement rejoints par des CRS, ils ont scindé le cortège pour sen prendre violemment, et de manière clairement préméditée, aux porteurs de banderole. Plusieurs personnes ont alors été matraquées puis embarquées par la police, certaines ligotées, tandis que le reste des manifestants était repoussé par des jets de gaz lacrymogène. Le cortège sest disloqué, et les manifestants se sont retrouvés confrontés par petits groupes à la police, qui a, une fois de plus blessé à coup de flashball, puisquune jeune femme a été atteinte par un tir à la jambe.

Nous exigeons la mise en liberté immédiate des personnes interpellées et l
abandon de toutes les poursuites éventuelles.


Aujourdhui on nous rend la vie plus difficile, on nous expulse, on nous voudrait corvéables à merci, sans broncher, acceptant un couvre-feu permanent face à toute velléité de révolte, de refus de la précarité et de lordre répressif. On voudrait intimider par une violence extrême.

Le nouveau ministre de l
’Intérieur est Brice Hortefeux, il semble vouloir donner le ton de son arrivée aux affaires. On le savait, après la suppression totale de liberté des sans-papiers, il confirme sa volonté de supprimer toutes les libertés, libéré de toutes les contraintes limitant lusage de la force par l’État.

On voudrait nous dessaisir définitivement de la rue. On voudrait nous empêcher une bonne fois pour toutes de nous organiser collectivement pour répondre ensemble contre un ordre répressif et inégalitaire
.



L
es onze personnes gardées à vue ont été relâchées sans poursuites ni convocations.
9h26.





Montreuil : Nouveaux heurts entre manifestants et policiers

Après les incidents qui ont suivi l’évacuation du squat de Montreuil mercredi, 700 personnes ont manifesté ce lundi soir.

Ce lundi soir, environ 700 personnes se sont réunies à Montreuil pour protester contre les violences policières de la semaine dernière. Joachim Gatti, réalisateur, a perdu un œil après avoir été touché par un tir de flashball lors d’un rassemblement de soutien aux membres du collectif d
extrême-gauche La Clinique.


À 19 heures, une lettre de Joachim Gatti a été lue devant une assemblée hétérogène : jeunes cagoulés, membres de la Clinique, voisins solidaires, familles…

Dans ce texte, le réalisateur de 34 ans rappelle les raisons de son combat auprès du collectif :
«Nous essayons dêtre présents au monde, à la ville, au quartier où nous vivons, à ceux qui nous entourent, à nous-mêmes. Présence quand partout on voudrait notre absence. Absence à la politique, au social, aux soins, à la culture, bref, à la société.
Présence quand il devient toujours plus difficile de se loger, de se nourrir, de se soigner, de se déplacer. Présence quand une partie dentre nous est traquée au quotidien. Dans le métro, à la sortie du boulot, dans leur maison (…)
Ce soir-là, c'est bien nos gueules quils visaient, cest bien nos gueules quils voulaient casser. Cinq dentre nous ont été blessés et moi jai perdu mon œil. Mais il men reste un. Et avec lui, une haine sourde et méchante. Et avec lui, une détermination à continuer.»

Plusieurs manifestants étaient casqués et masqués pour l
occasion. Une façon pour eux de se «protéger» contre la police. Une façon aussi de rappeler que ce soir, la rue leur appartient et que pour y rester, ils nhésiteront pas à «résister» aux forces de lordre.

«Œil pour œil» avec la «milice du capital»

Car l
heure n'est pas à la manifestation festive. Le slogan peint sur la banderole à lavant du cortège est sans équivoque : «Les condés, hors de nos quartiers». Les clameurs dénoncent une police «milice du capital» et un État «assassin». Un des participants, cagoulé, est aperçu avec deux pieds-de-biche. Certains parlent dune soirée «œil pour œil».

Lorsque les manifestants arrivent aux abords de l
ex-squat, les rangs se sont déjà considérablement vidés ; le dispositif policier, important, en a dissuadé quelques-uns.

Aux pétards envoyés sur les forces de lordre répondent très rapidement des gaz lacrymogènes et une charge massive. Après un court affrontement (deux chaises de café volent) le cortège se disperse et quelques vingt personnes sont immobilisées.

Les riverains prennent la police à partie : «Vous n
avez pas honte ? Pourquoi vous frappez des gamines ? Pourquoi vous les arrêtez comme ça ? Je serais à votre place, je ne dormirais pas de la nuit.»

Pour disperser la foule qui les interpelle, la police a utilisé à plusieurs reprises des gaz lacrymogènes. Les cafetiers et voisins proches ont eux ouvert leurs portes pour permettre au plus grand nombre de se protéger.

À 22 heures, les stations de métro menant au centre-ville de Montreuil étaient bouclées et les rues vidées. La police, après une vingtaine d
interpellations, patrouillait encore et les derniers manifestants taguaient sur les murs des «Police = porcs et assassins».



 

NB : Plusieurs images ont été volontairement supprimées de la vidéo. De nombreux participants à la manifestation nous ont formellement demandé de ne pas diffuser leur image. Les organisateurs naiment pas les médias, cest de bonne guerre. En revanche, vouloir contrôler les médias («Restez à lavant», «Éteignez-votre caméra») est pour le moins curieux lors dune manifestation publique.

Leur presse (Zineb Dryef, Rue89), 14 juillet.


Heurts à Montreuil lors d’une manifestation
contre les «violences policières»


Plusieurs centaines de manifestants, qui sétaient regroupés lundi en fin daprès-midi à Montreuil-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) pour protester contre les «violences policières», se sont opposés aux forces de lordre pendant près dune heure. La manifestation a commencé vers 19 heures place Jacques-Duclos (près de la station de métro Croix-de-Chavaux). Les manifestants protestaient contre lexpulsion, mercredi 8 juillet, de plusieurs squatters qui occupaient une ancienne clinique, au cours de laquelle un jeune homme, Joachim Gatti, a été blessé à lœil à la suite dun tir de Flash-Ball par les policiers.

Un premier face-à-face tendu s
est produit entre forces de lordre et manifestants, non loin de la mairie, durant lequel ces derniers ont tiré à laide de mortiers de feu dartifice et de fusées en direction des forces de lordre, qui nont pas répliqué. Dans un souci dapaisement, les organisateurs de la manifestation ont cherché à modifier le parcours pour éviter que le face-à-face se prolonge, repartant vers la Croix-de-Chavaux.





Un nouveau face-à-face entre manifestants et policiers s
est produit peu avant 21 heures au niveau du marché de la Croix-de-Chavaux. Les forces de lordre ont alors chargé la queue de la manifestation, entraînant la réplique de nombreux manifestants par des jets de projectiles, de chaises et de peinture. Les forces de lordre ont par la suite chargé à plusieurs reprises, faisant également usage de gaz lacrymogène et procédant à plusieurs interpellations.

Selon une témoin présente sur les lieux au moment des interpellations et jointe par Le Monde.fr, «les manifestants étaient encerclés et ils ont été sévèrement malmenés. Certains se sont retrouvés plaqués au sol avec des CRS agenouillés sur leur visage, dautres ont reçu des coups de bouclier. Jai vu un homme avec des béquilles tomber et se faire presque piétiner.» Selon cette jeune femme, les manifestants navaient rien de menaçant : «Plusieurs personnes portaient des casques, notamment des filles, mais cétait un geste symbolique, un rappel de ce qui est arrivé à Joachim [Gatti, qui a perdu un œil à la suite des affrontements]. Je comprends que cela puisse paraître impressionnant, mais les manifestants étaient pacifiques.»

Peu avant la manifestation, Dominique Voynet, maire (Verts) de Montreuil, avait exprimé lors d
un point de presse son espoir quant à «la discrétion et la retenue des forces de lordre lors de cette manifestation». «La police doit avoir le comportement le plus exemplaire possible et le plus respectueux des droits et des libertés», a par ailleurs déclaré Mme Voynet, qui a tenu à préciser quil ny avait de sa part «aucune volonté dattaquer la police, simplement les comportements non acceptables et non acceptés par la hiérarchie».

Un journaliste stagiaire du «Monde» placé en garde à vue
Une manifestation était organisée en fin d'après-midi lundi 13 juillet à Montreuil (Seine-Saint-Denis) pour protester contre les «violences policières» après qu'un jeune réalisateur de 34 ans, Joachim Gatti a été sérieusement blessé à l'œil le 8 juillet. Après avoir essuyé des tirs de fusées de feu d'artifice dans leur direction, les forces de l'ordre ont dispersé cette manifestation sans ménagements. La maire (Verts) de Montreuil, Dominique Voynet a dénoncé une «démonstration de force totalement inutile» de la part de la police.
Adrien Morin, stagiaire à la rédaction du Monde, qui couvrait la manifestation, a été interpellé et placé en garde à vue, malgré le fait qu'il ait mentionné à plusieurs reprises sa qualité de journaliste. Voici son récit :
«J'ai été interpellé vers 21h15. La manifestation était en train de se disperser, j'ai soudain été plaqué au sol et j'ai entendu un policier dire : “Toi aussi, tu viens avec nous”. Ils m'ont attaché les mains dans le dos. J'ai répété à plusieurs reprises que j'étais journaliste, mais ils n'écoutaient pas. Dans le fourgon, il y avait trois policiers qui traitaient les deux manifestants interpellés avec moi de “sales gauchos”.
Nous sommes arrivés au commissariat de Montreuil et nous avons été regroupés à onze dans une petite pièce de quatre ou cinq mètres carrés. Ils nous ont envoyés dans une salle de fouille où il y avait deux policiers : nous avons été déshabillés, caleçon sur les genoux, et fouillés, ils nous ont enlevé nos lacets et celui qui tenait mon pantalon de jogging et ils nous ont pris nos montres. J'ai redit que j'étais journaliste mais ils n'ont rien répondu.
Nous avons été placés à cinq dans une salle de garde à vue avec deux caméras au plafond et des graffitis sur les murs peints avec du sang et des excréments. Il était sans doute 23 heures, nous n'avions rien mangé ni bu. Nous avons été transférés vers le dépôt de Bobigny, menottés dans le dos. J'ai redit que j'étais journaliste mais personne ne m'a répondu.
Au dépôt, les policiers m'ont proposé de voir un avocat : j'ai rencontré Dominique Tricaud, dans une pièce à part, sans caméras, sans policiers. C'était la première fois que quelqu'un m'écoutait. J'ai ensuite été convoqué par un policier qui m'a dit : “Si tu es le petit gentil du lot, ils ne vont pas te laisser partir comme ça.” Pendant l'interrogatoire, le policier disait que j'avais un casque lors de l'interpellation, ce qui était faux. J'ai vu une deuxième fois l'avocat, qui m'a dit qu'il avait fait son possible auprès du procureur et qui m'a un peu remonté le moral. Je suis sorti à 6 heures 30 du matin.»

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