Haut les masques !

Publié le par la Rédaction


Nous sommes sans visage car nous refusons le spectacle médiatique, car nous sommes tout le monde, car le carnaval nous attend, car le monde est à l’envers, car nous sommes partout. En portant des masques nous montrons que ce que nous sommes est moins important que ce que nous voulons, et nous voulons tout pour tout le monde.

Nous masquer est un refus de la représentation individuelle : nos luttes n’ont ni leader ni représentantE, elles sont par essence anti-hiérarchiques, anti-autoritaires et anti-patriarcales, chacunE peut y tenir un rôle égal, sans distinction de sexe, de provenance… ; ainsi nos masques nous rendent solidaires des gens qui ne peuvent pas venir en manif. Si tu veux savoir pourquoi l’on est ici, les manifestantEs, des tracts ou des banderoles te l’expliquent.

La contestation ne peut pas se contenter de s’exprimer uniquement dans les limites et les modalités imposées par les autorités. Dès lors, aller contre l’État c’est rencontrer sa violence : chage, inculpations, amendes, prison, assassinats (Gênes, Göteborg, Zurich). Dans cette manifestation, des policiers/ères en civil se «promènent», des caméras nous lment, des journalistes nous photographient. Nous n’avons pas envie que la police nous reconnaisse an qu’elle remplisse ses ches et étaye ses enquêtes. Nous refusons le chage policier et nous nous en protégeons.

Les missionnaires hystériques du non-masquage le sont par naïveté mais aussi par ignorance du vrai visage de l’État. Ils oublient la violence des mesures de sécurité et les conséquences du chage. Ils pleurent plus une vitre cassée que des millions de vies brisées. Tout cela parce qu’ils/elles cherchent à être reconnuEs comme «interlocuteurs/trices» des tyrans plutôt que de les chasser.

Nous assumons totalement nos différentes façons de manifester : que l’on tague, que l’on déle ou que l’on porte atteinte à des objets spéciques (publicités, malbouffe, prisons, banques…).

Lorsque des manifestantEs masquéEs marquent la rue, les «pacistes» et les médias crient à la violence et à l’anti-démocratie. Mais lorsque les publicitaires le font quotidiennement, de façon massive et sexiste… les voilà bien silencieux/euses ?!

Non, comme aiment à le répéter les ics ou hommes et femmes au pouvoir, nous ne sommes ni des terroristes ni des perturbateurs professionnelLEs de manifestations. Ceux/Celles-ci, grâce aux médias, détournent l’attention de la vraie violence et de la destruction systématique : le capitalisme et ses conséquences. Ainsi, aucune identité n’est demandée à ceux/celles qui blanchissent leur argent dans les banques suisses. D’autres, commes le G8, vont jusqu’à se cacher dans une vallée encastrée entre lac et montagnes, protégés par l’armée, la police (eux/elles aussi sont cagouléEs!) et des barbelés.

Les manifs molles des indignéEs, nous, on en a assez vues ! Les libertés sont maigres et il n’est pas question que l’on s’en prive pendant ce court instant de bonheur qu’est la révolte en action ! Rejoins-nous ! La pacication de notre société répond au très grand besoin de contrôle social et d’exploitation des capitalistes. La société cherche à nous imposer son image : beau/belle, bronzéE, maigre, propre, coincéE, branchéE, dynamique. Nous on est tellement moches que l’on préfère se cacher. :-)

Publié dans Fichages et flicages

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