Soutien aux occupant-e-s de la Bourse expulsé-e-s

Publié le par la Rédaction

La CGT expulse violemment les sans-papiers

Le 24 juin dernier un commando d’une cinquantaine de gros bras de la CGT armés de matraques évacuait violemment les sans-papiers qui occupaient depuis quatorze mois la Bourse du travail 85, rue Charlot pour obtenir leur régularisation. La direction de la CGT, comme l’État à chaque fois qu’il expulse, invoque son «humanisme» et l’intérêt des victimes de ses exactions. La réalité des faits leur importe peu : 23 blessés, gazés, matraqués, parmi lesquels cinq femmes et un enfant, et des centaines de sans-papiers à la rue, condamnés à camper sur le trottoir pour continuer à lutter.

Pourquoi un tel déchaînement de violence à l’encontre de ceux qui sont les plus exploités, les plus précaires, les plus harcelés par la police, qui risquent à tout moment de se faire rafler et expulser ? Les directions syndicales, qui ont toujours eu pour habitude de considérer leurs affiliés comme des moutons devant suivre aveuglément les décisions prises autoritairement en haut lieu, ne pouvaient que voir d’un mauvais œil la présence au sein même de la Bourse des centaines de travailleurs essayant de développer un fonctionnement horizontal où la base a le dernier mot. Elles savent parfaitement combien ce «mauvais» exemple représente une menace contre leur petit pouvoir de bureaucrates englués dans la cogestion de l’exploitation avec le patronat et l’État. Elles tentent encore de justifier leurs exactions par le fait qu’il aurait fallu récupérer la Bourse pour la rendre aux syndicats. Mais les Bourses du travail n’ont-elles pas dès leur origine été créées pour accueillir tous les travailleurs sans distinction, et en premier lieu les plus exploités ? Et ce n’est pas parce que les directions syndicales promptes à institutionnaliser les luttes ont fini par s’accaparer ces lieux, héritages des combats ouvriers, qu'elles doivent se considérer comme en étant les propriétaires.

À titre de rappel, la CSP 75 a occupé la Bourse pour s’y réfugier et demander l’aide de l’intersyndicale afin d’appuyer auprès de la Préfecture les dossiers des travailleurs sans-papiers isolés qui constituent cette coordination.

Cette expulsion musclée de sans-papiers fait suite à celles effectué par la CGT en 2007 3, rue Château d’eau. Par l’absence de condamnation claire, nette et franche de la part des directions syndicales et des politiques, elle a au moins le mérite de nous montrer que nous ne devons compter que sur nous-mêmes, c’est-à-dire sur la solidarité entre tous ceux qui ont à subir l’exploitation, qu’ils soient travailleurs ou chômeurs, sans-papiers ou avec papiers, Français ou immigrés, jeunes ou moins jeunes, hommes ou femmes. Pour avancer dans la lutte, il nous faudra en finir avec toute forme de division, de séparation qui nous empêche de créer un rapport de force permettant d’inverser l’ordre des choses.

Arrêt des rafles, fermeture des centres de rétention, régularisation de tous les expulsés de la Bourse du travail et de tous les sans-papiers
Venez nous soutenir au 33 bld du Temple - Métro République

CSP75, Comité de soutien de la Bourse occupée…, 6 juillet 2009


Communiqué du SIM-rp

Le Syndicat de l’industrie des métaux de la région parisienne de la CNT déplore l’expulsion des sans-papiers de la Bourse du travail de Paris  par la centrale syndicale CGT le mercredi 24 juin 2009. Il s’agit d’un déni de solidarité et de fraternité et un geste d’exclusion fort proche d’un acte d’extrême droite.

Nous remarquons que cette action de la CGT n’aurait pas eu lieu sans la collaboration de la mairie de Paris (et l’appui des CRS). C’est une attitude de propriétaire hautain vis-à-vis de personnes dans le dénuement et en attente de protection de représentants municipaux et à la fois d’un parti supposé soucieux des droits des exclus.

De plus, dans ce cas précis, si la CGT — et d’autres syndicats appartenant à SUD et à la CNT — ont éveillé un immense espoir à partir d’avril 2008 chez les sans-papiers, maintenant et de façon totalement arbitraire, sans consultation des intéressés et des autres syndicats, c’est la CGT qui décide seule de mettre un terme à cette lutte.

L’espoir des citoyens bafoués sera difficilement brisé. Nous continuerons à les soutenir et à lutter pour la régularisation de tous les sans-papiers.

SIM-rp, 1er juillet 2009.

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