Plutôt CAFards que CAFteurs, Lettre ouverte des CAFards aux agents de la CAF

Publié le par la Rédaction

Nous ne voulons ni être contrôlés ni gérés
Nous voulons plus d’argent


Lettre ouverte des CAFards aux agents de la CAF

Il y a plusieurs semaines, nous sommes allés collectivement à la CAF de Rosny pour tenter de régler certains dossiers bloqués depuis des semaines, voire des mois, et pour lesquels les allocataires concernés n’arrivaient à obtenir aucune réponse. Trois vigiles étaient sur place pour contenir la colère des allocataires face à des files d’attente toujours plus longues, face aux dysfonctionnements de la CAF, face aux trop-perçus… Signe des temps, on préfère investir dans le maintien de l’ordre plutôt que de payer trois agents de la CAF supplémentaires. On préfère réprimer. Mais combien de temps cela tiendra-t-il ? Combien de vigiles faudra-t-il pour contenir une colère qui ne peut que s’accroître avec la crise actuelle ? C’est vrai qu’il y a toujours moyen d’appeler la police. Ce que la directrice de la CAF n’a pas hésité à faire — appeler la police tout de suite sans prendre le temps de discuter avec nous. Symptôme d’une peur panique que l’institution soit débordée par les allocataires.

Pour certains d’entre-nous, les allocations de la CAF sont nos seuls revenus. Les supprimer, c’est nous priver de l’argent nécessaire pour manger et pour payer nos loyers. Pour d’autres, il constitue un complément de revenu indispensable pour finir le mois. Ce constat fait, il nous est impossible de rester les bras ballants en attendant que l’argent tombe ou pas. Nous voulons avoir prise sur les décisions qui nous concernent — contester une décision, exiger des explications, rétablir des droits, etc. Nous voulons agir contre cette politique qui nous suspecte systématiquement de fraude pour mieux nous radier. Mais c’est quoi un fraudeur ? Quelqu’un qui se débrouille avec le RMI pour pouvoir vivre ? Comment pensez-vous que l’on vit avec 400 euros par mois ? On file des milliards aux banques, des millions aux patrons et on supprime les miettes aux pauvres. C’est quoi un fraudeur ?

Comme les salariés s’organisent au sein de leurs entreprises pour défendre leurs revenus, nous nous organisons au sein de la CAF pour défendre les nôtres. Défendre nos revenus, c’est s’organiser collectivement. À plusieurs, on a moins peur. À plusieurs, on comprend mieux. Si l’un n’a pas compris, a quelques soucis avec le langage administratif, un autre peut traduire. À plusieurs, on partage nos expériences, nos situations. On fait en sorte que le savoir ne soit pas d’un seul côté du guichet. Si vous omettez — par oubli, par fatigue, par énervement, par zèle, par consignes venues d’en haut, d’évoquer telle ou telle possibilité de régler le dossier d’un allocataire le plus en sa faveur, nous sommes là pour vous le rappeler. À plusieurs, on rétablit un peu d’égalité entre les deux côtés du guichet.

Pourquoi vous écrire ? Nous ne voulons ni être gérés ni contrôlés et nous voulons plus d’argent. Nous sommes venus vous le dire, arracher ce que nous pourrons, mais aussi discuter avec vous de votre travail et de nos situations. Vous nous dites que ce n’est pas de votre faute. Mais, c’est à vous que nous sommes confrontés chaque jour. C’est vous qui nous traquez, nous radiez, et parfois même nous balancez à la police si nous sommes sans-papiers. Vous dites que vous n’avez pas de moyens, qu’il vous faut plus de temps et plus d’effectifs. Si ce temps et ces effectifs servent à faire tourner la machine pour qu’elle nous écrase plus efficacement, alors nous n’en voulons pas. Pour autant, certains agents ne nous considèrent pas comme des parasites, tentent de se battre contre l’uniforme du flic en civil qu’on veut leur mettre sur le dos, nous reçoivent au mieux, tentent de régler nos dossiers le plus favorablement, nous donnent les explications et les informations qui nous concernent, et voudraient bien qu’aucun de nous ne reparte sans un sou. C’est à eux que nous voulons nous adresser, voir si nous pouvons avoir des intérêts communs, pour discuter de ce que c’est qu’être agent de la CAF, ce que c’est qu’être un allocataire en sursis, et peut-être agir ensemble pour enrayer cette machine. Si possible en l’absence de la police… Promis, nous on les appellera pas.

Plutôt chômeurs que contrôleurs
Plutôt CAFards que CAFteurs

27 juin 2009 - Extrait du journal des CAFards,
collectif de précaires de la Clinique occupée à Montreuil.

Rendez-vous les premiers et troisièmes mardi du mois à la Clinique, bâtiment occupé au 42 boulevard de Chanzy à Montreuil, face au marché (Métro Croix-de-Chavaux).

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Caf Ouille ! 24/11/2009 22:22


À Rennes, la marches des chômeurs et précaires a commencé à la CAF, voici le tract qui y a été diffusé :

Salariés de la caisse d’allocations familiales, chômeurs, précaires résistons à l’entreprise CAF !
Une autre intervention à la CAF : 

CAF ?... Arrrrgh !!!! Intervention à la CAF de Rosny : allocation débloquée
 
 


noname 03/07/2009 17:58

C'est la guerre!