La police attaquée au mortier de feu d'artifice dans le 93

Publié le par la Rédaction


Des policiers ont essuyé des tirs de mortiers de feux d’artifice ce week-end à Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis), un mois et demi après des tirs de Kalachnikov contre leurs collègues à La Courneuve, suscitant linquiétude des syndicats de police face à de telles attaques.

Une patrouille de police a été prise à partie dans la nuit de samedi à dimanche, dans la cité des «Grands Ensembles» à Tremblay-en-France, par des jeunes qui ont envoyé contre elle des projectiles et fumigènes tirés avec des mortiers de feux d’artifice, sans faire de blessé, selon une source policière.

Un jeune a été arrêté, selon la préfecture de Bobigny, tandis que la source policière évoquait la participation d
une centaine de jeunes «organisés».

Selon la préfecture, la police était arrivée sur les lieux où des jeunes utilisaient ces mortiers, interdits dans le département, pour tirer des feux d
artifice. La situation sest aussitôt tendue et les jeunes ont dirigé les mortiers vers la police, selon la source policière.

Ces engins servent à lancer des feux d
artifice mais «lancés à tir tendu en visant des personnes», peuvent «savérer très dangereux», selon la police.

Leur usage n
est pas une «première» dans les quartiers sensibles, a noté la source policière, ajoutant que les jeunes étaient «approvisionnés en munitions» par des camarades à scooter et «très bien organisés», leur but étant «de sen prendre délibérément à des fonctionnaires de police».

Les policiers «en ont ras la casquette de subir cela au quotidien», a réagi Nicolas Comte, secrétaire général de l
union syndicale CGP-FO et Unité Police (syndicat majoritaire). Pour Thierry Mazet, dAlliance (second syndicat de gardiens de la paix), il y a un vrai «ras-le-bol des policiers» face à la «multiplication des incidents et violences» à leur encontre.

Le dimanche 17 mai, à la cité des «4000» de La Courneuve, des tirs à l
arme de guerre — une Kalachnikov de calibre 7,62 mm — avaient été essuyés par un fourgon de police convoyant deux gardés à vue, lors dun guet-apens tendu par plusieurs personnes.

Durant l
attaque, un des deux gardés à vue, arrêté un peu plus tôt dans la soirée pour des jets de projectiles sur un véhicule de police, avait tenté de prendre la fuite avant dêtre rattrapé.

Ce dimanche, trois personnes, deux hommes de 24 ans et une femme de 21 ans, ont été mises en examen à Bobigny pour ces tirs à la Kalachnikov, l
un deux étant poursuivi pour «tentative de meurtre en bande organisée sur officiers de police», ce qui est passible de la réclusion à perpétuité.

Ce type de violence, très rare en banlieue parisienne, avait suscité une vive émotion, notamment parmi les forces de l
ordre.

Après les incidents de Tremblay-en-France, M. Comte s
est inquiété du risque que des «phénomènes de guérilla urbaine» se multiplient «à lapproche de lété».

Samedi soir, des échauffourées ont opposé des policiers à une centaine de jeunes au Val Fourré, à Mantes-la-Jolie (Yvelines), sans faire de blessé, selon une source policière. Des policiers effectuant un contrôle d
identité ont été pris à partie et ont dû appeler des renforts pour se dégager, dispersant les jeunes par des tirs de gaz lacrymogène et de flashball (arme tirant des balles en caoutchouc).

Leur presse (AFP), 28 juin 2009.

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