"Nomade" - Le journal du camp No Border à Calais

Publié le par la Rédaction

Calais-sur-Flics

Cela fait longtemps que les centaines de flics qui rôdent à Calais usent avec les populations  migrantes de méthodes dignes d’un État fasciste. Rafles ou chasse à lhomme, tabassages et humiliations. Et dailleurs, comme nos voisins du Beaumarais nous le disent, les quartiers populaires de Calais aussi, comme ailleurs, sont habitués aux fouilles et arrestations arbitraires. Les grafitis «Nik la BAC» sur chaque façade en témoignent à leur façon.

Mais depuis quelques jours, c
est l’invasion, le raz de marée, létat de siège. Pour la venue du camp No Border, ce serait 2500 flics réquisitionnés. En ville, ça grouille : cargaisons de CRS et de gendarmes, les dizaines de voitures banalisées de la BAC, les policiers en civils aux coins des rues qui te filent genre «incognito», pareil pour les grosses berlines bleues foncées remplies de molosses qui te suivent dans toute la ville… pour rien. Et puis lexotique police «montée»… Du côté camp, ça rôde sévère : les patrouilles incessantes, les policiers en civils qui filment et photographient nos gueules dange avec des zoom de trois mètres pour alimenter leurs petits fichiers de collabo, lhélicoptère qui fait sa ronde toute la journée… Les partisans de lordre peuvent saliver : on a mis le paquet ! Les choses sont claires : les méchants qui veulent la liberté et niquer tous les présidents du monde ne gagneront pas la partie, les gentils chefs bien planqués dans leurs fortessses protégées par des hordes de matraques auront leur peau !


Nous, on a tranquillement diffusé ce journal et des tracts aux calaisiennes et calaisiens. L
accueil était plutôt favorable, très curieux, et les discussions nombreuses. «Pourquoi vous ne venez que maintenant ? / Labolition des frontières, mais cest pas possible ! / On na rien contre vous, mais du coup on va devoir fermer boutique samedi. / Je ne comprends pas bien quel est le but de ce camp ?»

Alors on s
explique : l’État français et les autres qui soutiennent les dictatures… Leurs guerres impérialistes, leurs ruines des économies traditionnelles… Les populations en exil voulant échapper à ces situations de crises qui se retrouvent tabassées par tous les flics européens, fichées, mises en prison, déportées, etc.

Retour à Calais : la police a été à la hauteur de sa mission ridicule. Au bout d
une heure de distribution, un contrôle d’identité, et puis… un deuxième… et puis un troisième, où cette fois lofficier de la PJ entouré d'une vingtaine de ses potes nous fouille et confisque les journaux. Distribution soit-disant interdite sans autorisation, ce qui nous fait quand même bien rire (jaune)… Démocratie vous dites, libre pensée vous dites ? Aux dernières nouvelles, le préfet aurait donné consigne de ne plus importuner celles et ceux qui tentent de «communiquer» avec la population. Quant aux contrôles, faut pas rêver : on est cerné.

Et les migrantes et les migrants dans tout ça ? Un beau nettoyage en perspective ?

Les casseurs, les voyous, la racaille, les terroristes… c’est les flics !

Nomade no 2, 24 juin 2009
Quotidien du camp No Border de Calais.


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