Manifestation du 21 juin (2)

Publié le par la Rédaction

«Tarnac, l’arbre qui cache la forêt» :
Retour (en images) sur une manif vite dispersée


Ce devait être le grand rassemblement contre les lois anti-terroristes, une réponse logique au barnum sécuritaire de Tarnac. Ça a été un peu décevant : une affluence réduite (en comparaison de la mobilisation de janvier) au rendez-vous de la fontaine des Innocents, hier, 1000 personnes à vue de nez, et une manif qui s’égaille rapidement dès les premières lacrymos tirées. Photos.

On se disait que ça avait un petit air de «tout est possible». Les Halles, rendez-vous des lascars, et Beaubourg, celui des touristes : les lascars pour alliés et les touristes pour bouclier. La géographie du quartier, avec ses rues piétonnes et ses petites places blindées de monde. Un 21 juin aussi, l’atmosphère plus avinée et joyeuse qu’à l’ordinaire, Fête de la musique susceptible de constituer le plus joli des terreaux pour une manif résolument revendicatrice. Comme un condensé des promesses du rassemblement, il y avait cette fin de «Deux ou trois choses que j’avais à vous dire», texte d’Yildulne Lévy paru dans Le Monde : «Certains se retrouveront à la fontaine des Innocents à Paris, ce dimanche 21 juin, à 15 heures. Toutes les occasions sont bonnes pour reprendre la rue, même la Fête de la musique.»


Soit. Mais le truc, c’est qu’on ne l’a pas reprise longtemps la rue… Quelques dizaines de minutes, à tout casser, et puis s’en va. Pourtant… les cagoules étaient de sortie, les présents à l’évidence résolus, l’ambiance façon y-a-l’Insurrection-qui-vient-je-me-demande-même-si-ce-n’est-pas-elle-qui-tourne-au-coin-de-la-rue. Mais l’ensemble n’aura pas duré au-delà des premiers affrontements avec les CRS [On ne s’étendra pas sur l’origine des affrontements et sur la question de savoir à qui en incombe la responsabilité. Disons que les CRS paraissaient décidés à en découdre, ainsi qu’un certain nombre de manifestants. Les premiers nous horripilent, les second ont tout notre sympathie, mais on n’ira pas jusqu’à écrire que les policiers sont seuls responsables des échauffourées.], quelques minutes après que le cortège se soit ébroué de la place des Innocents : la troisième ou quatrième charge des uniformes aura suffi à séparer les manifestants en plusieurs groupes, lesquels se sont rapidement égaillés. Dès lors, le quartier était aux mains des policiers, en uniforme et en civil, ces derniers — surtout — présents partout, les yeux fureteurs et l’allure louche, décidés à sauter sur le premier qui songerait à bouger le petit doigt. Fin des festivités.


Conclusion ? Pas grand chose. La manifestation aura au moins permis de se compter et de se parler. Mais on ne peut s’empêcher de faire la comparaison avec les camarades allemands, si bien organisés en ce type de circonstances : en cette situation très favorable, nul doute qu’ils auraient tenus le pavé pendant plusieurs heures, restant groupés, unis et offensifs. La prochaine fois ?


Sur la place des Innocents à Paris. Une foule bigarrée qui se rassemble autour d’un concert de percussions (tonneaux, bidons). Beaucoup de cagoules et de couvre-visages divers, réponse évidente au décret de samedi.

Après un petit moment, le cortège s’ébroue.
Lui, on le suivrait au bout du monde…





Ça a le mérite d’être clair…

Premières échauffourées. Une banderole du Tour de France pénitentier (si, si, ça existe…), apposée sur une façade, cristallise les premiers jets de bouteilles, de pierres et de boules de pétanques.



Rapide reflux face aux lacrymos.

Autour de Beaubourg (qui a d’ailleurs fermé à cause des affrontements),
on tente de tenir un petit moment.


Force reste à la police. Ceux qui ont de (très) bons yeux ne manqueront pas de noter la peinture rouge maculant les braves pandores. Joli attentat coloriste.

Séparée en plusieurs groupes, la manif se disperse dans les rues adjacentes. Quelques barricades un tantinet dérisoire. Et puis, plus rien…

Arrestation délicate d’un terroriste en puissance. Une fois la manifestation éparpillée, les civils étaient partout. Et pas spécialement bien disposés (mais alors : pas du tout…) à l’égard de ceux gardant des signes contestataires.

Article XI, 22 juin 2009.





Contre la répression - Manifestation du 21 juin à Paris

Ce dimanche à 15 heures avait lieu à Paris une manifestation contre la répression.

Les militantEs qui s’étaient rassembléEs, cagouléEs ou non, à la fontaine des Innocents sont
partiEs en manifestation vers le centre Beaubourg pour continuer vers la rue du Renard. À cet endroit, le cortège s’est dirigé vers le centre de l’Administration pénitentiaire devant lequel les pandores attendaient.


Malgré cette présence policière, un des symboles de la répression de l’État a pu recevoir la marque de la présence de manifestantEs.


Les gendarmes ont rapidement utilisé les gaz lacrymogènes, mais ils ont dû faire face à des manifestantEs déterminéEs.

En ce premier jour de l’été, il faut noter les notes colorées sur les boucliers des gendarmes…


Libérons Georges, 21 juin 2009.



Incidents à la manif anti-répression


C'est à 15 heures, place des Innocents, que la manif démarre avec une bonne heure de retard : un millier de manifestants, presque tous masqués, entourés de nombreux CRS, gendarmes mobiles et BAC évoluant dans les rues voisines, des flics en civil étaient présents sur la place.

À 16h15, le cortège se forme en direction de Beaubourg, puis s’arrête une dizaine de minutes, pour écrire sur la banderole «Tarnac – L’arbre qui cache la forêt». Lorsque la manif arrive rue du Renard, cela commence à chauffer. Le cortège est bloqué par les CRS alors qu’il passe devant le siège de l’Administration Pénitentiaire qui est attaqué (vitrines brisées, pétards, fumigènes, etc). Un hélicoptère survole le cortège… Certains reviennent sur leur pas… D’autres sont restés au niveau de Beaubourg où des vitres sont brisées. Les CRS chargent, gazent et refoulent les manifestants qui se séparent et reviennent au niveau de Beaubourg. Selon la préfecture de police six personnes sont interpellées : quatre pour dégradations, deux pour jets de projectile.

Secours rouge, 22 juin.
















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