Pendant ce temps-là, au Bangladesh...

Publié le par la Rédaction



D’ordinaire, le Bangladesh est plutôt un bon client des médias. Le «pays le plus pauvre du monde», ça se bichonne ! Ses crues diluviennes, ses cyclones, ses pauvres par millions (voir «Faux Ami» de CQFD no 68 en kiosque), son travail des enfants, sa condition des femmes, son islamisme, sa corruption politique aiguë en font un parfait marronnier exotique du «voyez-comme-y-en-aqui-en-chient-pire-ailleurs», qui nous conforte finalement dans l’idée qu’on n’est pas si mal chez nous avec la clim’ et les points S’miles.

Pourtant un événement n’a pas eu l’heur de retenir l’attention des rédactions parisiennes [
Le site juralibertaire.over-blog.com est l’un des seuls à avoir relayé l’info
] : le 10 mai dernier, à Narayanganj, centre portuaire de l’industrie textile — laquelle fournit 3,5 millions d’emplois ouvriers dans environ 4800 usines —, plus de 15.000 travailleurs du textile ont manifesté et bloqué les autoroutes pour réclamer le paiement des impayés et une hausse des salaires. Des heurts eurent lieu avec la police, et cinquante personnes, dont des policiers, furent blessées. Jusque-là rien que du très banal dans le contexte actuel. Pourtant, ce qui aurait pu retenir l’attention de notre presse si sensible à la détresse sociale, c’est que ces ouvriers s’en sont pris à leur outil de travail en allant jusqu’à saccager les machines et brûler certaines fabriques, comme les luddites de naguère. Les syndicats officiels ont immédiatement condamné ces «coups de folie», ainsi que «la destruction insensée du matériel». Il y a effectivement des mauvais exemples qu’il vaut mieux passer sous silence, de peur qu’ils donnent des idées.

CQFD no 68, juin 2009
Mensuel de critique sociale - En kiosque.



À noter, la source originale de l’article en question : LeMansCipé - Informations et analyses sociales sur la région mancelle.

Publié dans Colère ouvrière

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