La police travaille

Publié le par la Rédaction

Un stage «Violences urbaines» pour les policiers francs-comtois

L’exercice grandeur nature était organisé par le centre départemental de formation de la police du Doubs, au camp militaire du Valdahon. Treize Jurassiens y participaient.

Les règles d’utilisation du Flashball, celles de l’interpellation ou du menottage, la communication avec le PC ou les contraintes de la procédure pénale et par-dessus tout l’efficacité optimale. Tout était passé au crible mardi au cœur du camp du Valdahon dans le Doubs.

Le village conçu par les militaires pour les exercices de combat n’a certes rien d’une cité de banlieue. Mais ses petits bâtiments et ses rues conviennent à la journée de stage «Violences urbaines» organisé par le Centre départemental de formation de la police du Doubs.

Une centaine de fonctionnaires de police, parmi lesquels treize Jurassiens de Dole et Lons, participaient à cette journée d’une rare intensité. Pour la plupart membres des Brigades anti-criminalité ou du récent Groupe de sécurité de proximité de Besançon, ils interviennent généralement les premiers à chaud.

Rodéo en voiture, interpellation d’un homme armé dans un quartier bouillant ou extraction d’un policier blessé parmi un groupe d’émeutiers. Des situations extrêmes mais plausibles étaient au programme. Tour à tour flics ou voyous les fonctionnaires se sont prêtés au jeu avec un sens du réalisme remarquable.

Après chaque opération, le débriefing. Tout le monde au rapport pour mettre l’accent sur les dérapages, les dysfonctionnements. Qu’ils soient du fait des hommes de terrain ou de l’encadrement. «Savoir faire, savoir, savoir être», c’est le credo du commandant Vercet. Ses assistants ont l’œil et le bon, la critique tranchante avec un leitmotiv : «N’oubliez pas que vous devez être en mesure dans tous les cas de qualifier précisément les infractions commises par les personnes interpellées». On l’a vu avec les émeutes de novembre de nombreuses personnes déférées devant les tribunaux n’ont pas été condamnées, faute d’éléments probants à charge.

Il est bien sûr très difficile d’agir à la perfection dans des circonstances imprévisibles, troubles ou même dangereuses. Et ce stage, qui devrait être suivi d’autres plus spécifiques, ambitionne justement de limiter les erreurs. Tant dans l’action que dans le labyrinthe de la procédure judiciaire.

Presse jaune (Le Progrès), 29 juin 2006.



Dans le Doubs, une simulation d’émeutes urbaines pour «former» les policiers

À l’abri de boucliers, des policiers avancent sous les projectiles vers un groupe d’émeutiers quand un coup de sifflet stoppe net leur progression : le premier exercice de la journée de simulation de violences urbaines vient de prendre fin à Valdahon (Doubs).

Réunis mardi à l’aube dans le camp militaire de la commune, les quelque 90 policiers de Franche-Comté qui participent à cette formation grandeur nature se rendent alors pour un «débriefing» dans un des baraquements du village «factice» où a lieu la simulation.


Pêle-mêle, les participants relèvent «un manque de communication et de cohésion» entre les équipes, «des problèmes de radios» et évoquent le fait qu’un des «émeutiers» — tous incarnés par des policiers — s’est emparé de l’arme d’un agent.

En charge de la formation des policiers dans le Doubs, le commandant Patrick Vercet rappelle alors quelques règles : «respecter les distances d’utilisation du Flash-ball», «n’interpeller que si une infraction est constatée», «procéder aux palpations».

Tout au long de la journée, les participants — membres pour la plupart de la BAC (brigade anti-criminalité) — évolueront comme policier ou émeutier dans une série de scénarios : intervention dans une cité après un rodéo de voitures, interpellations dans un hall d’immeuble, extraction d’un «collègue» lors d’affrontements.

«Il ne s’agit pas d’évaluer qui que ce soit mais de revoir les acquis et les règles légales d’interpellations qu’on oublie parfois après des années de terrain. C’est une piqûre de rappel», précise M. Vercet qui insiste sur une autre vertu de l’opération : «habituer les policiers à travailler en situation de crise avec des collègues qu’ils ne connaissent pas».

Le souvenir du soulèvement des banlieues en novembre dernier reste prégnant. «En Franche-Comté, la situation a été relativement calme. Mais on ne sait jamais ce qui peut arriver. Il faut se tenir prêt», estime Nicolas Jolibois, directeur de la Sécurité publique du Doubs, qui a coordonné l’opération avec la Préfecture de la région.

«Ici, c’est un peu le Canada Dry d’une émeute urbaine. Les projectiles sont des balles de tennis alors que, sur le terrain, on reçoit plutôt des plaques d’égoût», relève un policier de la BAC de Besançon qui note toutefois que cette simulation peut «permettre de pousser les collègues à la faute et voir comment ils réagissent».


Pour les instructeurs, les observations faites lors de cette journée devraient permettre d’élaborer d’ici à «une dizaine de jours» des séquences d’entraînement destinées aux policiers et spécialement adaptées aux violences urbaines.

L’opération vise aussi à «ménager» les policiers. «Ils se retrouvent ensemble sans pression et peuvent se délester du stress accumulé sur le terrain», soutient M. Vercet qui relève une «vraie évolution» : «Avant, lance-t-il, la gestion du stress des policiers se résumait souvent à Paul Ricard !»

Presse jaune, 28 juin 2006 (Jérémy Tordjman, AFP).

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