Communiqué du Comité de soutien aux inculpés de Chambéry

Publié le par la Rédaction


Nous, Comité de soutien aux inculpés de Chambéry, tenons à vous informer d’événements récents ayant entraîné deux détentions provisoires dont nous voulons clarifier les circonstances, vu les nombreuses rumeurs et approximations qui circulent déjà sur cette affaire.

Suite à l
explosion survenue à Cognin (proche de Chambéry, en Savoie), dans la nuit du 30 avril au 1er mai, ayant coûté la vie à Zoé et grièvement blessé Michaël, une enquête a été ouverte et confiée à la SDAT (Sous-direction anti-terroriste) du Parquet de Paris. Dans le cadre de celle-ci, une perquisition spectaculaire a eu lieu le lundi 4 mai dans un squat du centre-ville de Chambéry «Les Pilos», dans lequel aucun élément suspect na été trouvé. Les onze personnes présentes sur les lieux ont été emmenées au commissariat pour être interrogées ; toutes ont été relâchées à lexception de Raphaël, qui a été placé en garde à vue. Celle-ci a duré plus de 80 heures et il na pu voir son avocat quau terme de la 72e heure, pour une durée de 30 minutes. Le lendemain, une autre perquisition sest déroulée au squat dit «château Chamouth» dans lequel habitait Raphaël. Il a ensuite été transféré aux locaux de la SDAT à Paris dans la nuit du 6 mai puis a été placé en détention provisoire le 8 mai à la prison de la Santé. Son alibi, pourtant clairement établi, na été vérifié que quinze jours après son arrestation.

Lucas [
pseudonyme, que nous utilisons pour préserver lanonymat de linculpé (donc présumé innocent)], lui aussi habitant de château Chamouth, sest présenté de lui-même aux locaux de la SDAT le mardi 12 mai au matin afin de témoigner. Il a aussi été placé en garde en vue. Au terme de 72 heures, il a été mis en détention provisoire à la prison de Fresnes le 15 mai au soir.

Pourtant, rien ne permet d
établir pour ces deux jeunes gens quils aient pris part, directement ou indirectement, à lévénement du 30 avril. Nous ne comprenons pas ces décisions de justice, car :
— Premièrement, ils ont tous deux un alibi les disculpant de leur présence sur les lieux ;
— Deuxièmement, Michaël a maintenant pu être entendu par les trois juges chargés de laffaire depuis sa chambre dhôpital à Lyon : il a déclaré navoir agi que par «curiosité scientifique» (dixit son avocat Me Ripert). Il a dautre part certifié que Zoé et lui étaient seuls sur les lieux le soir de lexplosion et fermement démenti tout projet dattentat.

Malgré tout, Raphaël et Lucas restent incarcérés pour «association de malfaiteurs en vue de commettre des actes terroristes et de nuire à la sécurité de l
’État» et «destruction de preuves». À notre connaissance, en ce qui concerne ce dernier point, les «preuves» en question ne seraient que des écrits à tendance libertaire, somme toute assez banals voire anodins.

Nous trouvons regrettable qu
ils demeurent accusés de faits qui ne peuvent clairement pas leur être imputés. Nous espérons leur libération prochaine et comptons sur les médias pour prendre acte des contradictions de cette affaire.

 

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