Nous sommes tous des fers à béton !

Publié le par la Rédaction


Lundi 11 mai, six mois après les arrestations du 11 novembre, une manifestation a eu lieu à Limoges. Le défilé nocturne s’est terminé par un feu d’artifice lancé devant la maison d’arrêt de Limoges. Le texte qui suit est un communiqué du comité de soutien de Limoges.

«Nous sommes tous des fers à béton» annonçait la banderole de tête. Car cest bien de cela quil sagit. De ce mot dordre insupportable : le train-train quotidien ne doit pas dérailler. Circulez, ya rien à voir ! Et bien, si ! Il y en a des choses à voir. Dabord ce sont neuf personnes qui depuis le 11 novembre dernier, subissent le courroux dun État dépassé, impuissant, incapable. Répression en trompe-l’œil, leurs inculpations ressemblent à une farce, une mauvaise farce, une farce tragique.


Alors quoi ? À lheure où les militaires peuplent les gares, les flics interviennent dans les écoles, on regarde indifférent la militarisation de lespace public qui sopère ? On laisse impunément ce gouvernement employer des dispositions antiterroristes pour museler des militants ? On se laisse berner par leurs discours tapageurs et populistes ? On écoute le décompte des étrangers quon arrête sans cesse, quon enferme et quon baluchonne hors des frontières ?

Et si, dans ce monde qui tourne à l
’envers, où l’on donne aux riches ce que l’on prend aux pauvres, et si, quelque part, en aidant un sans-papier, un gréviste, nous suspendions l’ordre des choses ? En devenant le fer à béton qui sabote l’ambiance infecte qui règne, ce grain de sable qui peut enrayer la machine à broyer les hommes, ce bug qui rendrait tant de choses possibles. Et aussi, en manifestant bruyamment notre dégoût de ce pouvoir infâme. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Quand nous voulons créer des façons de vivre plus acceptables, eux prennent peur et nous accablent. Et pour l’exemple, c’est une jeunesse, non pas comme génération, mais comme élan, comme dynamique, qu’on enferme. Circulez, y’a rien à voir !


Cest donc de saboter le train-train quotidien qu’il sagit. Ainsi le défilé de lundi soir a pris les allures dun carnaval enthousiaste et joyeux, qui naurait pas oublié sa tradition de contestation. Un carnaval cest fait pour vomir ceux qui nous gouvernent, ceux qui nous méprisent, ce qui noue tue. Un carnaval masqué aussi. Parce que rien ne justifie que la cagoule ne soit réservée quaux agents de la SDAT ou aux matons des ERIS dont la tâche consiste à tabasser des prisonniers. Un carnaval bruyant, parce que la colère qui monte, la rage qui nous habite aurait peine à se suffire dindignations feutrées tant les injustices sont nombreuses. Et tellement enthousiaste, et tellement joyeux quon sépoumone à chanter la solidarité ! Et il faut les voir ces visages souriants qui savent que cest là une arme bien plus puissante et vivable que le chacun pour soi dun monde dégénéré. Et ce lundi soir, sous lorage dun monde qui pue la matraque et la misère, cétait tout un cortège qui faisait face à la prison. Ultime défiance à légard dun pouvoir libidineux, face à quelques estafettes de CRS, et dans la grande tradition révolutionnaire, un feu dartifice fut lancé devant la prison. Une pyrotechnie populaire pour rappeler notre soutien à Julien, et à tous les prisonniers. Pour que cette fête soit aussi un peu la leur, et aussi parce que, mur par mur, pierre par pierre, il faudra bien détruire toutes leurs prisons.


Pas de trêve, pas de repos ! En refusant de déqualifier linstruction en cours, en maintenant la détention de Julien, les juges sentêtent à nobéir quà des fantasmes nés desprits malades et putrides. Ce délire antiterroriste et sécuritaire doit cesser. Immédiatement.
Pour prolonger cette fête, le comité de Limoges organise
un concert de soutien : samedi 16 mai, Blanqui 3 à 21h.

Infozone, 13 mai 2009
Liste d’information pour la France sauvage.

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