Rafle policière à l'université de Caen

Publié le par la Rédaction

Ce matin, un peu avant 6 heures, lalarme incendie du bâtiment Sciences sest déclenchée (visiblement, une personne a fumé trop près dun détecteur). Les agents incendie sont alors intervenus pour faire une ronde et arrêter lalarme. Lors de cette ronde, ils ont constaté leffraction dune salle de labo où se trouvaient des produits chimiques. Ils ont donc signalé ce fait à la hiérarchie. Les pompiers interviennent notamment avec lunité chargée des produits dangereux. Lintervention de cette unité nécessite aussi la présence de la police. Mais cette dernière nest pas entrée avant larrivée de la présidente Josette Travers à 6h30. Les policiers sont rentrés dans le bâtiment vers 6h45 et ont procédé aux constations dans le labo et interpellé les personnes présentes (environ 18). Ces personnes ont été conduites à lhôtel de police.

Une plainte a été déposée par la Présidence pour effraction contre X. Deux personnes, qui n
ont subi quun test dalcoolémie, sont resorties vers 10h30.

UniCaen Off, 8 mai 2009.


Université de Caen :
19 bloqueurs évacués et interpellés


La présidence de l’université de Caen a alerté la police ce matin, pour faire évacuer les locaux, occupés depuis deux semaines.

La présidence a [dénoncé] des tentatives, par certains occupants du bâtiment science, de s
introduire dans une arrière-salle de laboratoire, où sont entreposés des produits chimiques dangereux.

«J
ai appelé la police ce matin à cause dune intrusion des occupants dans un laboratoire», déclare Josette Travert, la présidente. «Une armoire à produits a été ouverte, des tiroirs fouillés. Nous avons constaté des dégradations assez importantes, notamment des grafitis sur les murs et des inscriptions à la peinture», ajoute-t-elle.


19 interpellations

Selon la présidente, qui était présente lors de l
intervention, «tout sest déroulé dans le plus grand calme, il ny a eu aucune violence, les personnes nont opposé aucune forme de résistance ni physique, ni verbale».

Dix-neuf étudiants et marginaux extérieurs à la fac ont été interpellés vers 6 heures. Ils ont été placés garde à vue ou en salles de dégrisement. La présidence de l
université a porté plainte «au motif dintrusion dans le laboratoire et de dégradations».

L
activité de luniversité de Caen est perturbée depuis environ trois mois dans le cadre de la contestation nationale des étudiants et enseignants-chercheurs contre les réformes du gouvernement du système universitaire.

Depuis deux semaines, trois bâtiments étaient occupés, dont un a été libéré jeudi par les bloqueurs.
Des affrontements ont aussi opposés les forces de lordre et les étudiants mardi, à loccasion dune manifestation.

Leur presse (Ouest-France), 8 mai.


«(…)
21 personnes ont été interpellées. (…) Depuis deux semaines, trois bâtiments étaient occupés, dont un a été libéré jeudi par les bloqueurs et les deux autres vendredi matin par les forces de l’ordre.»
Leur presse (Le Parisien), 8 mai.

Publié dans Éducation

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Pilul 09/05/2009 12:30

A voir le discours de certain(e)s, qui taxent de "gauchistes",de "chienlit" des grévistes "preneurs d'otages", on est en droit de se poser des questions:- Pourquoi enseignants-chercheurs et étudiants de lettres, langues et sciences humaines seraient-ils si fortement mobilisés?- Pourquoi un si long mouvement ?En sachant que le droit de grève est inscrit dans la Constitution de la Veme République, ainsi que le financement de l'éducation publique et laïque par l'état.La loi Libertés et Responsabilités des Universités (LRU) prétend viser à l'autonomie de l'université. En réalité, elle porte en son sein les graines d'une colère humaniste :- Gestion de l'université par un président-patron appuyé par un Conseil d'Administration non représentatif eu égard au mode de scrutin (ex : 30% des voix = 80% des sièges).- mise en concurrence des établissements, des personnels, des étudiants.- La "valorisation des savoirs" en demandant une rentabilité financière immédiate au contenu des formations et aux recherches.- Sélection par l'argent, avec des droits d'inscriptions à la hausse et la mise en place de prêts étudiant.- Appropriation des terrains de l'État par les partenariats de construction Public/Privé où l'université se retrouve locataire de ses bâtiments.- la possibilité de défiscalisation des capitaux privés en les injectant directement dans les universités (la corruption de fonctionnaire serait elle légale?).Nous pouvons rajouter à ce tableau noir l'homologation "les yeux fermés" de diplômes d'établissements privés financés par l'état, du baccalauréat au doctorat, suite à l'accord signé avec le Vatican par B. Kouchner.Nous sommes donc en droit de nous demander si l'argent public (1) n'est pas gaspillé dans la mise en place des commissions d'évaluation des enseignements et des diplômes des Universités publiques et laïques.Nous comprenons mieux quand Nicolas Sarkozy nous dit :«Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance.» Valerie Pecresse a dit :"Ce qui n'a pas de prix est sans valeur"Entrer en concurrence avec les autres universités, faire du savoir une marchandise en le rendant rare, ce projet néoliberal clôt un projet de société pour un club très privé composé "d'élites".La rhétorique gouvernementale qui nous parvient à travers les médias n'est pas si éloignée de celle de l'année 1968 concernant les diplômes...Il peut sembler que pour cette "promotion 68" nous pouvons aujourd'hui être soulagés de nos angoisses.(1)l'argent public finance les instituts religieux homologués : ex université de la Fraternité Saint Pie X (congrégation a laquelle appartient Monseigneur Williamson connu pour ses thèses négationnistes)