Guadeloupe : De l'envahissement ... à l'insurrection ?

Publié le par la Rédaction

Guadeloupe : Des militants du LKP envahissent la salle de délibérations du Conseil général

Des militants et dirigeants du LKP, qui avaient défilé jeudi matin à Basse-Terre, ont envahi dans l’après-midi la salle de délibérations du Conseil général, où devait se tenir une réunion du Congrès des élus départementaux et régionaux, a-t-on constaté sur place.

Les présidents des Conseils général et régional, Jacques Gillot et Victorin Lurel, ont décidé d’annuler la réunion du Congrès des élus. Ils devaient débattre, au cours de cette réunion prévue depuis décembre dernier, du thème «Quel projet de société pour la Guadeloupe : stratégie et méthode».

Leur presse (Ouest-France), 7 mai 2009.


Victorin Lurel condamne avec la plus grande fermeté
l’envahissement du palais du Conseil général


Le président de la région Guadeloupe, Victorin Lurel, condamne avec la plus grande fermeté l’envahissement du palais du Conseil général par les dirigeants du collectif LKP, alors même qu’ils étaient invités à faire entendre leur voix devant le Congrès des élus départementaux et régionaux.

Par cette action, les dirigeants du collectif LKP démontrent qu’ils contestent désormais ouvertement la légitimité des élus après avoir déclaré par avance, dès le 1er mai dernier, qu’ils refuseraient et qu’il combattraient tout ce qui sortirait des travaux du Congrès. En instaurant une concurrence de légitimité entre les représentants élus du peuple et la rue, les dirigeants du LKP montrent leur mépris des principes démocratiques les plus élémentaires et révèlent, au-delà des combats justes qu’ils peuvent  mener, leur volonté d’entraîner la Guadeloupe dans une aventure insurrectionnelle.

Leur communiqué de presse, 7 mai.



Le LKP occupe le Conseil général,
Jacques Gillot reporte le Congrès des élus


Le Congrès des élus de Guadeloupe qui devait se tenir ce jeudi 7 mai 2009, vient d’être reporté par le président du Conseil général après un nouveau coup d’éclat du LKP.

Depuis quelques jours, le collectif, Lyannaj’ Kont Pwofitasyon avait fait connaître son intention de remettre la pression alors que l’accord Bino tarde a être appliqué par les entreprises de l’île. L’organisation a donc choisi le 7 mai, jour de tenue du Congrès des élus pour relancer la machine et organiser une action de grande ampleur. À l’annonce de cette mobilisation, le président du Conseil général avait fait part de sa volonté de laisser le LKP exprimer ses doléances au cas où il le souhaiterait dans le cadre de ce congrès. Élie Domota leur porte parole avait annoncé la couleur, laissant deviner qu’il ne viendrait pas juste pour figurer. Annoncée depuis quelques jours, la mobilisation a tenu toutes ses promesses. Dès le matin, une foule immense s’était agglutinée en région Basse-terrienne à l’appel du collectif représenté par Élie Domota. Mais le paroxysme a été atteint quand après une marche dans les rues de Basse-Terre, ils ont fait irruption au Conseil général et investi l’hémicycle départemental. Selon certaines sources, certains fonctionnaires auraient même été agressés quand la foule a envahit les lieux. Prenant la parole, Élie Domota a dénoncé une situation qui voit chacun se soucier des prochaines élections.

Le porte parole du LKP a tour à tour dénoncé les manœuvres de l’État, du préfet, du Medef, et des élus locaux, sur fond d’organisation des prochaines élections régionales et de l’instauration de l’assemblée unique. Poursuivant sur sa lancée, il a fustigé une fois de plus l’inertie de Colette Koury, présidente de la CCI face aux pompiers de l’aéroport en grève depuis plusieurs mois et à qui une décision de justice vient de donner raison. Puis il a qualifié les États généraux de manœuvre de l’État pour renforcer le poids politique du Medef en Guadeloupe, à l’approche des prochaines consultations régionales. Pour conclure, il a fustigé la tenue de consultations a grande échelle tels le Congrès des élus de Guadeloupe ou les États généraux alors que moins de deux mois après la fin du deuxième plus long conflit social qu’ait connu la Guadeloupe, rien n’était réglé puisque l’accord Bino n’était toujours pas appliqué dans un grand nombre d’entreprises, que les prix de bon nombre de produits connaissent des hausses vertigineuses, et qu’il se murmure que la contribution de l’État aux 200 euros ne serait versée qu’à partir de septembre 2009.  Devant la vacance des lieux par les élus, à l’annonce du report du congrès par Jacques Gillot, les membres du LKP en ont profité pour tenir un meeting à grande échelle. Pour l’heure, nul ne peut dire quelle suite sera donnée à cette action. Le LKP pourrait bien décider d’occuper les lieux comme certains le firent à la Sorbonne en 1968.

BondaManJak, 7 mai.


Défilé LKP du 7 mars

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