Libérez Julien Coupat !

Publié le par la Rédaction


Tout ou presque a été dit sur le dossier, sur l’inconsistance des charges, sur la présomption de culpabilité dont bénéficient les détenus politiquement ciblés, sur les détentions provisoires qui trop souvent sont la règle, sur labsurdité de lépithète «terroriste» accolée à une dégradation purement matérielle, sur la toute-puissance du parquet, sur les dérives tentaculaires des lois antiterroristes, sur la criminalisation à découvert de lédition, sur lexpansion à linfini des répressions, ici les bandes, là, les cagoules, etc.


Tous ou presque ont exprimé leur indignation, leur solidarité, leur intérêt, pas une émission politique, culturelle, branchée ou pas, du matin au soir, pas un blog, pas un journal qui ny soit allé de son couplet pro-Tarnac. Sûrement, bientôt des livres dévoileront le mystère de la nuit des caténaires…

Et pourtant Julien Coupat est toujours détenu, sans même, au diable la jurisprudence européenne, avoir été autorisé à étudier son propre dossier… ! Cela fera bientôt six mois qu
il arpente les courettes de la Santé, les sous-sols du Palais de justice, les cabinets des juges, et quen rentrant le soir dans sa cellule, si petite quelle pourrait devenir invisible, il découvre sa photo de filature sur lécran de la télévision…

Huit «terroristes» pourtant vite relâchés, abusivement dispersés depuis dans l
Hexagone et, lui seul, toujours détenu, mais pourquoi ?

Pour s
être tu pendant quatre-vingt-seize heures de garde à vue antiterroriste, pour avoir défié les convenances judiciaires, pour avoir protesté contre les fouilles à nu, pour avoir refusé les enquêtes de personnalité, pour avoir ri parfois du questionnement des juges, pour navoir pas livré ses goûts littéraires, ses penchants philosophiques, ses opinions politiques, pour avoir sillonné le monde sans téléphone portable et sy être fait des amis dont il a tu les noms, pour avoir refusé tous les fichages, pour avoir pensé, écrit, manifesté, voyagé, pour nêtre pas tombé dans le panneau des idéologies précuites, pour avoir dérangé lordre morose dun temps qui parfois passe si lentement, bref pour avoir à sa façon «travaillé à létablissement conscient et collectif dune nouvelle civilisation» (Armand Gatti).

Déjà, souvenons-nous, le 19 décembre 2008, un juge des libertés et de la détention (depuis lors introuvable) avait ordonné sa libération, en estimant «que dans ce dossier, toutes les personnes mises en examen ont été placées sous contrôle judiciaire (…), que Julien Coupat a été interrogé (…), que la détention provisoire de l
intéressé napparaît pas aujourdhui indispensable à la manifestation de la vérité (…), quil offre toutes garanties de représentation, quau surplus, il na jamais été condamné». Cétait compter sans lacharnement désespéré dun parquet mis à mal.

Une nouvelle demande de mise en liberté a été déposée au nom de la simple application de la loi française : «La personne mise en examen, présumée innocente, reste libre» (article 137 du code de procédure pénale).

«Vous tiendrez votre liberté de ce que vous aurez libéré…», écrivait le poète Joë Bousquet. Que tous ceux qui se sentent concernés demandent avec nous la libération immédiate de Julien Coupat.

Irène Terrel est avocate
Le Monde, 28 avril 2009.

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GUILLAUD Jany 01/05/2009 17:02

j'aimerais bien connaître le lien où signer, pour la libération de Julien Coupat.

la Rédaction 01/05/2009 17:35


http://www.soutien11novembre.org/spip.php?article1