Geoffroy Roux de Bézieux joue la stratégie de la tension

Publié le par la Rédaction


Vendredi 24 avril, sur RTL, Geoffroy Roux de Bézieux, Président de l’Unedic, a soutenu la décision de cadres de Caterpillar de porter plainte pour séquestrations après avoir été retenus dans leurs bureaux par des salariés.

«On comprend l’extraordinaire détresse des salariés, mais rien n’excuse jamais la violence», a-t-il affirmé avant de lancer : «On commence par des séquestrations et puis ça finit … on tire sur Georges Besse, c’était il n’y a pas si longtemps que ça» [En 1986, Georges Besse, alors PDG de Renault, a été tué par des membres du groupe Action directe].

On pourrait tout d’abord lui rétorquer que : les patrons commencent par criminaliser les luttes et puis ils finissent par envoyer des milices casser ou tuer des salariés en lutte comme ce fut le cas pour Pierre Overney [
Pierre Overney (1948-1972) est un militant maoïste de la Gauche prolétarienne (GP) installée à Flins et Billancourt. Il est licencié des entreprises Renault pour ces raisons et lors d’une action de la GP (distribution d’un tract intitulé On assassine à Paris, incitant les ouvriers à commémorer le massacre de Charonne de février 1962), il est tué par Jean-Antoine Tramoni, agent de sécurité de Renault, le 25 février 1972 à 14h30, devant les grilles de l’avenue Émile-Zola, alors qu’il cherchait à entrer dans l’usine avec un groupe de camarades. — Source Wikipedia].


Cette sortie obsène du Président de l’Unedic n’a rien à voir avec un pétage de plomb, une erreur de communication, elle est calculée et vient alimenter le scénario de la stratégie de la tension (Tarnac, les cagoules de Strasbourg…). Pour Geoffroy Roux de Bézieux, nul doute : les salariés en lutte sont le terreau de la lutte armée !

Patronat et gouvernement agitent, à tout va, le risque terroriste pour mieux préparer la répression et poursuivre leurs politiques dévastatrices aussi bien sur le plan humain que environnemental.

Mais la ficelle est usée et vraiment trop grosse ! D’ailleurs dans une récente enquête d’opinion, plus de la moitié des interviewés affirmait leur solidarité avec les actions de salariés en lutte consistant à retenir des cadres dirigeants dans les locaux d’entreprise. Plus de la moitié des habitants de ce pays serait-elle devenue adepte de la lutte armée ? Dans ce cas, Geoffroy Roux de Bézieux (et ses amis) aurait vraiment raison de s’inquiéter…

Ludo - HNS-info, 26 avril 2009.

Publié dans Colère ouvrière

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