Un Premier Mai syndical et culturel au Havre

Publié le par la Rédaction


Le Premier Mai s’annonce animé au Havre. Après une manif qui pourrait réunir de nombreuses colères (Renault, TOTAL, Ato, Millenium, Plastic Omnium, services publics…), un après-midi festif et revendicatif sera proposé au pied du Volcan, la Maison de la culture menacée par la mairie UMP.

Les 29 janvier et 19 mars ont été marqués par de très fortes mobilisations syndicales au Havre. À l’évidence, les grévistes n’ont pas été entendus. Aujourd’hui, les salarié-e-s du privé comme du public, d’ici et de partout, ont donc de plus en plus le droit d’être inquiets … et en colère. Plus de mille conflits sociaux agitent la France en ce moment. Des patrons sont séquestrés, des usines sont occupées, des vitres de sous-préfecture volent en éclats… Comme c’est arrivé pour Aircelle le 23 avril, des agents EDF grévistes coupent le jus des entreprises qui délocalisent ou qui licencient malgré des profits insolents…

Face aux violences patronales, face aux manœuvres répressives et liberticides du gouvernement, bref, face à la barbarie capitaliste, nous sommes bel et bien en état de légitime défense. Selon Dominique Galouzeau de Villepin, ancien premier sinistre de Jacques Chirac, «il y a un risque révolutionnaire en France». Donnons-lui raison ! Les jeunes, les salariés, les chômeurs, les retraités n’ont pas à payer les pots cassés d’un système vampirique qui les a toujours maltraités et qui les maltraitera toujours. Ah ça ira, ça ira, ça ira…

De son côté, le collectif Sauvons la Culture au Havre ne désarme pas non plus contre le projet de démantèlement du Volcan - Scène nationale (Maison de la Culture - MCH) fomenté par la municipalité UMP. La fronde s’est déjà notamment exprimée, en février dernier, par une manif de décibels très tonique. Dans le collimateur du collectif, la création d’un Établissement public de coopération culturelle (EPCC) qui, à la force des baïonnettes, va faire disparaître le cinéma Art et essai l’Éden, le Petit Volcan et, deux pas plus loin, le Cabaret Électric - scène musiques actuelles.

«La municipalité solde la culture, explique le collectif. Elle casse le Volcan, elle tue le cinéma dans sa diversité, elle met en danger les artistes et intermittents du spectacle, elle brade Le Havre au privé. Nous voulons pour Le Havre beaucoup plus d’ambition culturelle. Si on regarde des villes autour de nous, la comparaison est peu flatteuse…» La fermeture, annoncée pour fin juin, de l’Iliade - Maison des arts du récit, ajoute une nouvelle ombre au tableau.

Pour protester contre la casse culturelle qui s’ajoute au reste, le collectif Sauvons la culture propose un pique-nique dans l’espace Oscar Niemeyer où sont situés le Volcan et le Cabaret Électric. Manif syndicale, concert et débats, ça rappellera de bons souvenirs aux soixante-huitards. Pendant le joli mois de mai 68, Le Havre avait été un haut lieu d’agitation sociale ET culturelle. Malgré l’interdiction du ministère de la Culture, Bernard Mounier, alors directeur de la MCH (notre photo), et le personnel gréviste de la MCH s’étaient engagés aux côtés des comités d’entreprises. Autres temps, autres mœurs… Concerts, projections de films, représentations théâtrales et poétiques, expositions faisaient le tour des entreprises. Des artistes du Théâtre des Amandiers de Nanterre étaient même venus donner un coup de main à leurs petits camarades normands. Comédiens, chanteurs et prolos pique-niquaient ensemble dans les usines occupées. Pas moins de 259 actions culturelles avaient bousculé le quotidien de quarante-sept boîtes…

En mai 2009, la situation sociale, économique, écologique … ici et dans le monde est bien plus dramatique qu’en mai 1968. Alors, qu’est-ce qu’on attend pour tout arrêter, pour réfléchir et construire un autre présent en commençant par déboulonner les exploiteurs et les affameurs qui polluent nos vies et la planète ?

Paco - Le Mague, 24 avril 2009.

Programme du 1er Mai au Havre
Manif à l’appel de la CGT, de la FSU, de Solidaires, de FO, de la CFTC, de la CFE-CGC et de la CFDT. Rassemblement à 10 heures à l’Hôtel de ville. Sur la banderole unitaire de tête, on lira : «La crise c’est eux, la solution c’est nous tous !» La CNT appelle également à manifester, même endroit, même heure, avec le slogan «Nous ne paierons pas leur crise, pour un Premier Mai de lutte de classe !»
Action festive dans l’espace Oscar Niemeyer à l’appel du collectif Sauvons la Culture au Havre composé de citoyens, d’artistes, d’associations (AC !, Amis du Cinéma, ATTAC, Café repaire là-bas si j’y suis, Comité de soutien à la MCH, FCPE, Femmes Solidaires, Association Du Grain à Démoudre, Ligue des Droits de l’Homme) et soutenu par le groupe Le Havre à Gauche, le PCF, les JCF, le NPA, le PS, le MJS, les Verts, la CGT, les retraités CGT Renault, la CFDT, la FSU, le SNUIPP, Solidaires, l’UNL…
— À midi, pique-nique dans le forum Niemeyer. Apportez votre repas et vos boissons. Le bar L’Apple Pie fera aussi des sandwichs et des assiettes de chili con carne. Vous pourrez y laisser quelques bouteilles au frais pour l’après-midi. Musique avec Lébidondéol (percussions).
— À 15 heures, «Quel budget pour la Culture dans notre Ville ?», débat en présence de membres de l’association MCH.
— À 16 heures, concert avec La Zygomatik (fusion festive).
— À 17 heures, «La loi HADOPI comment s’y retrouver ?», débat avec des étudiants de l’Université du Havre.
— À 18 heures, «Souscriptions pour les banquiers en détresse», théâtre de rue avec la compagnie de Jean-Luc Guion Firmin.
— À 19 heures, apéro et grignotages.
— À 20h30, projection de petits films de réalisateurs locaux sur un mur du Volcan.


Premier Mai 2009 au Havre

La CNT appelle à la manifestation syndicale qui se déroulera au Havre, place de l’Hôtel de ville où le rendez-vous est fixé à 10 heures.

Les anarcho-syndicalistes havrais appellent à un Premier Mai sur les bases du secrétariat international de notre Confédération : «Nous ne paierons pas leur crise, pour un Premier Mai de lutte de classe». Cet appel a été signé par de très nombreuses organisations syndicales sur le plan international.

Rendez-vous donc sous les couleurs de la CNT : rouge et noir !

Publié dans Colère ouvrière

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