Appel anarchiste picton

Publié le par la Rédaction


L’attitude citoyenne des mouvements sociaux est un phénomène inquiétant.

En plus de l’intégration consciente de la lutte syndicaliste traditionnelle en chacun de nous, en acceptant la vermine négociatrice des syndicats réformistes de masse se rattachant à l’État par l’appellation de «partenaires sociaux» et ainsi collaborateurs de la sauvegarde du capital par ses détenteurs ancestraux, une contestation de plus en plus légaliste, attachée au respect de l’ordre en place imposé par la législation étatique capitaliste plane dans la conscience de la foule contestataire actuelle.

Le corporatisme, la spécification, l’élitisme intellectuel, le leadership sont autant de maux qui enclavent notre révolte et qui tendent à l’établissement d’une contestation sclérosée aux constructions séparatistes sociétaires. Cette approche de la contestation est insipide et désespérée.

De la manipulation électoraliste et individuellement carriériste des militants de l’UNEF, du Parti socialiste ou tout autre organisation de tendance citoyenne et électorale à la jaunisse des responsables syndicaux, l’évidence est bien que le changement ne viendra pas d’en haut.

Voilà pourquoi, aujourd’hui, la liaison anarchiste pictave, qui n’a d’identité que son appellation, lance un appel, non pas à «la convergence des luttes», que l’on a l’habitude d’entendre et qui bien souvent ne fait que faire rencontrer des élites entre elles, mais bien à la construction d’un mouvement de changement radical et global anticapitaliste, émanant de la base, c’est-à-dire, travailleurs, chômeurs, précaires, étudiants, tous exploités par la machine capitaliste, qui trouve dans l’État aidé de ses milices son plus fervent sbire.

La radicalité est d’actualité face à la terreur d’un État ignorant tout mouvement, tout mécontentement, préférant à celui-ci les envolées lyriques spectaculaires de techno-bureaucrates libres de toute action, les élections enfin passées. L’inégalité est réelle en France ou ailleurs et ne doit pas être masquée par la fictive prédisposition des plans gouvernementaux basés sur l’égalité des chances ou la relance économique, une boutade d’un point de vue sociologique, qui n’intègrent aucune notion de classe et se basent sur une éventuelle évolution méritocratique, insistant de fait sur la nécessité du développement carriériste et individuel, progression et ascension économique qui ne serait dû qu’à l’investissement personnel de l’individu.

Or, le milieu (espace de socialisation intégrant les habitus de classe, le capital culturel, économique et social) est le facteur principal de la détermination sociétaire de l’individu (son statut, sa place sur l’échelle sociale). Ainsi, nous assistons à une véritable propagande de désinformation de la part du gouvernement, main dans la main avec le système capitaliste et ses institutions mondiales, où la notion d’antagonisme des groupes sociaux est réfutée et où les intérêts sont portés sur la défense d’un éventuel monde libre occidental en opposition au reste du monde, où l’anomie mêlée à la dictature régnerait et que nous, fervents défenseurs de la liberté, irions défendre en sacrifiant nos vies.

Qu’en est-il, sinon une stratégie bien connue de focaliser les oppressés sur un sentiment de danger extérieur, pour effacer l’ébullition intérieure qui s’immisce dans nos consciences et ainsi manipuler la populace, telle un porte étendard de la démocratie libérale, par le biais de sondage frauduleux énoncés par TF1, ou tout autre média dit «apolitique», sensé apporter une information neutre, vidée de tout penchant idéologique (si ce n’est celui en place, identifié comme tendance initiée de façon dite logique par le discours «populaire») ?

La lutte des classes est une évidence mais l’envoutement mediatico-bourgeois permet sa temporisation grâce aux différents procédés énoncés ci-dessus et bien d’autres, cet appel n’ayant pas vocation à l’analyse complète du système capitaliste. Ainsi, les classes possédantes mènent une guerre silencieuse contre la prise de conscience des oppressés et il ne tient qu’à nous d’inverser la tendance par la participation massive aux mouvements sociaux, par la radicalisation des pratiques militantes, par la création de liens concrets servant de base à la construction de la trajectoire diagonale, à la construction d’une société communiste libertaire.

Sans ne serait-ce qu’une once d’alarmisme, voilà, selon nous, la seule échappatoire viable face au péril du monde capitaliste, détruisant notre espace naturel comme nos individualités, nos relations et solidarités. Pour ne plus perdre sa vie à essayer de la gagner, il y a de quoi s’énerver plus d’une journée.

La grève générale illimitée est une des formes d’actions que l’on se doit de mettre en place afin d’engager un rapport de force concret contre le capital, d’établir des contre-pouvoirs locaux à l’exemple des comités inter-luttes et/ou des assemblées populaires et enfin, de donner des perspectives révolutionnaires à la révolte qui gronde dans nos usines, nos entreprises, nos facs, nos rues…

En Grèce, à Vincennes, à Strasbourg, aux Antilles, comme ailleurs
Face à l’agression du Capital, engageons la riposte sociale !

Indymedia Toulouse, 24 avril 2009.

Publié dans Colère ouvrière

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