Pour une lutte prolongée

Publié le par la Rédaction


Quelques éléments d’information et de réflexion à une semaine du 1er mai.

Les actions se multiplient

L’inquiétude et la révolte se répandant sur la plupart des sites menacés en France : l’usine LST Électronique en Haute-Loire est occupée, celle de Valeo, à La Suze (Sarthe) est toujours bloquée. À Saint-Auban (Alpes-de-Haute-Provence), 200 à 300 personnes se sont rassemblées, hier, sur le site d’Arkema pour protester contre les menaces qui pèsent sur cette usine chimique et le projet associé Silpro (Silicium de Provence).

Un cadre de France Télécom a été retenu quelques heures par des salariés à Rennes.

FM Logistic (Woippy) : une action en justice Un nouveau conflit se dessine en Lorraine, à propos du projet de fermeture du site de la société FM Logistic à Woippy (Moselle). Une décision qui entraînerait 483 licenciements, et que les syndicats s’apprêtent à contester devant la justice. Cinq cadres de la société avaient été séquestrés jeudi dernier pendant une douzaine d’heures, avant d’être libérés. Le dossier de la fermeture va être porté devant le tribunal de Metz.

Freesale (Toulouse) : L’annonce par le groupe américain de semi-conducteurs Freescale de la fermeture d’ici fin 2011 de son site français de Toulouse, qui emploie près de 1900 personnes, a suscité la colère des syndicats. À l’occasion de la publication de ses résultats trimestriels, le groupe explique avoir engagé une procédure de consultation du comité d’entreprise de son site toulousain. Un autre site destiné à être fermé est celui de Sendai, au Japon. «Ces décisions devraient être mises en œuvre d’ici la fin 2011», précise Freescale, l’ex-division de semi-conducteurs de Motorola, dans un communiqué. Les principaux syndicats de l’usine de Toulouse se sont déclarés surpris. «Nous sommes complètement abasourdis», a déclaré jeudi à Reuters Pascal Canizares, délégué central UNSA du site. «On nous a annoncé sèchement la fermeture presque totale de notre site. Huit cents salariés à la production, pour les semi-conducteurs, plus près de 250 pour la téléphonie mobile. C’est énorme», a ajouté ce délégué syndical. Une réunion de négociations est programmée pour vendredi matin. Les syndicats promettent une «réaction». «L’annonce de cette fermeture est un coup de tonnerre auquel nous nous attendions un peu. Maintenant, nous sommes morts. On va se battre pour de l’argent face à des logiques financières qui ont tué la boîte», a déclaré de son côté à Reuters Jean-Pierre Meertz, délégué UNSA de Freescale.

Vers la criminalisation de la révolte ?
Patronat et Gouvernement unis pour judiciariser les luttes sociales

CGPME : Le président de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises, Jean-François Roubaud, a encouragé «les patrons maltraités ou simplement menacés à porter plainte».

Hortefeux, ministre des «Relations sociales» contre salariés ERDF et GRDF : Il demande aux agents des services publics à mettre fin à «ces pratiques honteuses» et «appelle également les victimes de ces agissements à porter plainte».

Fillon : Il promet des «poursuites judiciaires» contre les travailleurs en colère de Continental.

MAM : Suite à l’action des travailleurs de Continental, appelle que «de tels agissements ne sauraient être tolérés», et assure «que tout est mis en œuvre pour identifier les auteurs».

Le parquet : Une enquête de flagrance pour «dégradations volontaires graves commises en réunion sur biens d’utilité publique» est en cours à la demande du parquet, pour «des dégâts évalués à au moins 30.000 euros, selon le procureur Éric Boussuge». (Challenge)

La direction de Caterpillar veut passer en force : Elle a décidé hier d’assigner en référé le comité d’entreprise afin de faire appliquer le protocole d’accord signé dimanche au ministère de l’Économie, protocole refusé en l’état par les salariés.

La direction de Continental : plainte au pénal. François Gérard, président de Continental France, a déclaré que la direction a décidé de porter plainte à la suite des dégradations commises par les salariés à l’usine de Clairoix (Oise).

La direction de Molex : plainte au pénal. Marcus Kerriou : «C’est tout simplement criminel. Je ne vois aucune excuse pour ces atteintes à la liberté personnelle. Ce n’est rien d’autre que de la prise d’otages. J’envisage de déposer plainte. […] Je suis déterminé, dé-ter-mi-né. Et je ne me laisserai pas intimider.» (Le Parisien)

Solidarité et organisation à la base

Face aux licenciements, et aux poursuites judiciaires, les travailleurs ne peuvent compter que sur leurs propres forces. Directions syndicales et partis de gauches disent «comprendre le désarroi» comme d’ailleurs la droite, le gouvernement et même le patronat. D’ailleurs, tout le monde comprend le «désarroi» et l’«angoisse», car les travailleurs sont des «victimes». Victimes qui ont le «droit» de s’exprimer mais sans débordements, sans actions «illégales», sans rien surtout qui puisse inverser le rapport de force face aux patrons et à l’État qui possèdent ensemble les moyens de production, les richesses, les pouvoirs de la loi, de la justice et de l’ordre public.

Quand à les soutenir dans leur lutte, à engager le combat pour inverser le rapport de force, force est de constater que gauche politique et appareils syndicaux sont tous aux abonnés absents. Cette lutte n’est pas la leur. Ils ont même contre. À Paris, la Mairie (PS) a demandé la semaine dernière l’intervention de la police pour disperser des manifestants de ERDF-GrDF place de l’Hôtel de Ville : plus de cent d’entre eux ont été embarqués au commissariat, du jamais vu pour un rassemblement de salariés !

Inverser le rapport de force

Pour ne pas laisser les travailleurs seuls et dos au mur, c’est-à-dire dans la pire des positions, il n’y a pas d’autre voie que l’union à la base de tous ceux et celles qui savent que c’est là que se pratique la véritable unité et que la solidarité active est notre seule arme ! «Nous ne paierons pas votre crise !» L’objectif de la grève générale est dans la tête de beaucoup. Mais pour cela, il faut la préparer. Il n’y a pas 36 solutions : c’est au niveau local qu’il faut agir. Et la multiplication des mouvements locaux fera un mouvement général.

Il faut jeter les bases de la convergence, de la confluence des luttes et des révoltes. Il faut aller vers des assemblées populaires locales, interprofessionnelles ou inter-lutte ou comités de soutien aux boîtes en grève ou comités de défense de l’emploi sur chaque bassin, car plus que jamais la lutte des uns, c’est la lutte de tous, contre un même système d’exploitation et qu’il s’agit d’inscrire le mouvement naissant dans une lutte prolongée.

Un révolté parmi d’autres (de tendance anarchiste-communiste)
Indymedia Toulouse, 24 avril 2009.

Publié dans Colère ouvrière

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