Insubordination, le retour

Publié le par la Rédaction


Dans la nuit du 12 au 13 mars, les travailleurs et travailleuses de l’usine Sony de Pontonx-sur-l’Adour (Landes), ont fermement invité leur PDG, séquestré dans l’usine occupée, à passer la nuit avec eux. À l’usine Continental de Clairoix (Oise), le directeur, venu le 12 mars pour «se justifier» de la fermeture du site, s’est vu copieusement bombardé d’œufs. Un drapeau reçu en pleine tête l’a définitivement convaincu de fuir «ses» salarié-e-s sans qu’il ait eu droit à la parole.

Ces deux exemples témoignent d’une colère ouvrière qui transgresse allègrement les codes de la contestation balisée, respectueuse des «partenaires sociaux» que seraient les patrons. Car ces travailleurs et ces travailleuses, qui sous la menace du chômage comme à Clairoix, avaient précédemment accepté de «travailler plus» pour «sauver l’usine». Ils sont aujourd’hui floués, humiliés. La colère est trop grande. On ne peut pas saigner deux fois un agneau sans qu’il rugisse comme un lion.

La morgue et le cynisme patronal ont aujourd’hui un coût : celui du retour de l’insubordination ouvrière. Occupations, séquestrations, «violences» sont certes, encore timides et limitées. Elles ne peuvent par ailleurs se suffirent en elles-mêmes.

Mais elles sont le marqueur d’un sursaut combatif qu’il faut accompagner.

Et l’exemple des Antilles victorieuses, tout comme le constat, le 19 mars, d’une énergie disponible pour en découdre dans le public comme dans le privé, peuvent donner des idées à certains et fournir les ingrédients d’un cocktail social explosif.

Un nouveau cycle de luttes peut désormais s’ouvrir.

Les communistes libertaires y prendront toute leur place.

Alternative libertaire, 24 mars 2009.

Publié dans Colère ouvrière

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